Un ex-conseiller blâme la Maison-Blanche à propos de l'Irak et du 11 septembre
Photo : Agence Reuters
Des Irakiens examinaient une voiture endommagée par un tir de roquette, hier, dans une banlieue de Bagdad. Les attaques de la fin de semaine en Irak ont coûté la vie à deux civils irakiens et à deux militaires américains.
Washington — L'ancien conseiller de la Maison-Blanche pour les affaires de terrorisme, Richard Clarke, a alimenté hier les suspicions selon lesquelles l'administration Bush voulait depuis longtemps en finir avec Saddam Hussein sous n'importe quel prétexte.
Dès le lendemain des attentats du 11 septembre, le chef du Pentagone Donald Rumsfeld «disait que nous devions bombarder l'Irak», a indiqué M. Clarke dans un entretien à l'émission 60 minutes, diffusée hier sur la chaîne de télévision CBS.
Tous les conseillers ont alors répondu «Mais non, non! al-Qaïda est en Afghanistan», a-t-il ajouté. «Il n'y a pas de bonnes cibles en Afghanistan alors qu'il y en a plein en Irak», a rétorqué M. Rumsfeld cité par l'ancien conseiller. «J'ai dit: "il y a beaucoup de bonnes cibles dans de nombreux endroits, mais l'Irak n'a rien à voir avec les attentats de 2001"», a indiqué M. Clarke.
«Je pense que [l'administration Bush] voulait croire qu'il y avait une connexion [entre l'Irak et al-Qaïda], mais la CIA était à la réunion, le FBI aussi, j'étais à cette réunion et nous disions: "nous examinons cette question depuis des années, et il n'existe pas de connexion"», a-t-il poursuivi.
«Du très mauvais boulot»
L'ancien conseiller accuse également George Bush d'avoirpassé outre aux mises en garde des services de renseignement avant les attentats du 11 septembre 2001 et d'avoir rendu les États-Unis moins sûrs qu'auparavant.
Richard Clarke, qui a dirigé jusqu'en février 2003 une cellule spécialisée dans la «cybersécurité» a estimé sur CBS que le président américain a fait «du très mauvais boulot dans la guerre contre le terrorisme».
«Je trouve choquant que le président brigue sa réélection en affirmant qu'il a fait de grandes choses contre le terrorisme. Il l'a ignoré. Il a ignoré le terrorisme pendant des mois, quand on aurait peut-être pu faire quelque chose pour arrêter le 11 septembre», a-t-il dit.
Clarke a été conseiller sous quatre présidences et a passé 30 années dans les coulisses de la Maison-Blanche. Il sort un livre (Against All Enemies) qui paraîtra cette semaine, où il estime que le gouvernement américain aurait dû attaquer al-Qaïda et ses camps d'entraînement en Afghanistan bien avant le 11 septembre.
«Je pense que la manière dont il a répondu à al-Qaïda, à la fois avant le 11 septembre en restant les bras croisés, puis après le 11 septembre, a diminué notre sécurité.»
Invitée à se prononcer sur la question, la conseillère à la sécurité nationale, Condoleezza Rice, a déclaré dans une interview à NBC que George Bush avait d'abord suivi la politique de son prédécesseur Bill Clinton avant de développer une nouvelle stratégie envers d'al-Qaïda.
«Nous avons poursuivi la politique de l'administration Clinton activement, jusqu'à ce que nous puissions mettre en place une politique plus globale, non plus pour contenir al-Qaïda mais pour l'éliminer», dit-elle dans cet entretien diffusé samedi par la Maison-Blanche.
Priée de dire pourquoi les États-Unis n'avaient pas répliqué quand les renseignements ont montré au printemps 2001 qu'al-Qaïda était derrière l'attentat contre le navire américain USS Cole au Yémen l'année précédente, elle a répondu: «Nous étions préoccupés par le fait de ne pas disposer des bonnes options militaires. Tout ce que nous avions comme option était d'utiliser des missiles de croisière pour attaquer des camps d'entraînement depuis longtemps abandonnés et cela aurait pu avoir l'effet totalement inverse de celui souhaité, en renforçant les terroristes plutôt qu'en les effrayant.»
Prodi et Blix enfoncent le clou
Un an après le début du conflit, la guerre en Irak s'est aussi retrouvée hier sous le feu des critiques du président de la Commission européenne Romano Prodi et de l'ex-chef des inspecteurs de l'ONU Hans Blix.
M. Prodi a estimé que ce conflit était une «erreur». «Je ne pense pas en réalité que la situation dans le combat contre les terroristes soit meilleure à cause de la guerre en Irak. Clairement ce n'est pas le cas», a déclaré M. Prodi dans un entretien diffusé sur la chaîne américaine Fox News.
«Il ne faut pas confondre terrorisme et guerre en Irak [...] si l'on fait la confusion entre les deux, ce sera un désastre», a-t-il ajouté.
Le chef de l'organe exécutif de l'Union européenne a enfoncé le clou en affirmant que cette guerre était «une rupture dans la stratégie pour améliorer la situation. C'était, je pense, une erreur».
L'ancien chef des inspecteurs de l'ONU Hans Blix, a quant à lui estimé que l'administration américaine avait «perdu patience trop vite» l'an dernier, quand elle avait décidé de déclencher la guerre.
M. Blix, qui s'exprimait sur CNN, a estimé que «qu'il était clair, en mars [2003] quand l'invasion a eu lieu, que les preuves qui avaient été mises en avant [sur les armes interdites de Saddam Hussein] étaient en train de s'écrouler rapidement».
Dès le lendemain des attentats du 11 septembre, le chef du Pentagone Donald Rumsfeld «disait que nous devions bombarder l'Irak», a indiqué M. Clarke dans un entretien à l'émission 60 minutes, diffusée hier sur la chaîne de télévision CBS.
Tous les conseillers ont alors répondu «Mais non, non! al-Qaïda est en Afghanistan», a-t-il ajouté. «Il n'y a pas de bonnes cibles en Afghanistan alors qu'il y en a plein en Irak», a rétorqué M. Rumsfeld cité par l'ancien conseiller. «J'ai dit: "il y a beaucoup de bonnes cibles dans de nombreux endroits, mais l'Irak n'a rien à voir avec les attentats de 2001"», a indiqué M. Clarke.
«Je pense que [l'administration Bush] voulait croire qu'il y avait une connexion [entre l'Irak et al-Qaïda], mais la CIA était à la réunion, le FBI aussi, j'étais à cette réunion et nous disions: "nous examinons cette question depuis des années, et il n'existe pas de connexion"», a-t-il poursuivi.
«Du très mauvais boulot»
L'ancien conseiller accuse également George Bush d'avoirpassé outre aux mises en garde des services de renseignement avant les attentats du 11 septembre 2001 et d'avoir rendu les États-Unis moins sûrs qu'auparavant.
Richard Clarke, qui a dirigé jusqu'en février 2003 une cellule spécialisée dans la «cybersécurité» a estimé sur CBS que le président américain a fait «du très mauvais boulot dans la guerre contre le terrorisme».
«Je trouve choquant que le président brigue sa réélection en affirmant qu'il a fait de grandes choses contre le terrorisme. Il l'a ignoré. Il a ignoré le terrorisme pendant des mois, quand on aurait peut-être pu faire quelque chose pour arrêter le 11 septembre», a-t-il dit.
Clarke a été conseiller sous quatre présidences et a passé 30 années dans les coulisses de la Maison-Blanche. Il sort un livre (Against All Enemies) qui paraîtra cette semaine, où il estime que le gouvernement américain aurait dû attaquer al-Qaïda et ses camps d'entraînement en Afghanistan bien avant le 11 septembre.
«Je pense que la manière dont il a répondu à al-Qaïda, à la fois avant le 11 septembre en restant les bras croisés, puis après le 11 septembre, a diminué notre sécurité.»
Invitée à se prononcer sur la question, la conseillère à la sécurité nationale, Condoleezza Rice, a déclaré dans une interview à NBC que George Bush avait d'abord suivi la politique de son prédécesseur Bill Clinton avant de développer une nouvelle stratégie envers d'al-Qaïda.
«Nous avons poursuivi la politique de l'administration Clinton activement, jusqu'à ce que nous puissions mettre en place une politique plus globale, non plus pour contenir al-Qaïda mais pour l'éliminer», dit-elle dans cet entretien diffusé samedi par la Maison-Blanche.
Priée de dire pourquoi les États-Unis n'avaient pas répliqué quand les renseignements ont montré au printemps 2001 qu'al-Qaïda était derrière l'attentat contre le navire américain USS Cole au Yémen l'année précédente, elle a répondu: «Nous étions préoccupés par le fait de ne pas disposer des bonnes options militaires. Tout ce que nous avions comme option était d'utiliser des missiles de croisière pour attaquer des camps d'entraînement depuis longtemps abandonnés et cela aurait pu avoir l'effet totalement inverse de celui souhaité, en renforçant les terroristes plutôt qu'en les effrayant.»
Prodi et Blix enfoncent le clou
Un an après le début du conflit, la guerre en Irak s'est aussi retrouvée hier sous le feu des critiques du président de la Commission européenne Romano Prodi et de l'ex-chef des inspecteurs de l'ONU Hans Blix.
M. Prodi a estimé que ce conflit était une «erreur». «Je ne pense pas en réalité que la situation dans le combat contre les terroristes soit meilleure à cause de la guerre en Irak. Clairement ce n'est pas le cas», a déclaré M. Prodi dans un entretien diffusé sur la chaîne américaine Fox News.
«Il ne faut pas confondre terrorisme et guerre en Irak [...] si l'on fait la confusion entre les deux, ce sera un désastre», a-t-il ajouté.
Le chef de l'organe exécutif de l'Union européenne a enfoncé le clou en affirmant que cette guerre était «une rupture dans la stratégie pour améliorer la situation. C'était, je pense, une erreur».
L'ancien chef des inspecteurs de l'ONU Hans Blix, a quant à lui estimé que l'administration américaine avait «perdu patience trop vite» l'an dernier, quand elle avait décidé de déclencher la guerre.
M. Blix, qui s'exprimait sur CNN, a estimé que «qu'il était clair, en mars [2003] quand l'invasion a eu lieu, que les preuves qui avaient été mises en avant [sur les armes interdites de Saddam Hussein] étaient en train de s'écrouler rapidement».
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