Lettres: Ne m'appelez jamais relève
C'en est trop. Bien que les médias semblent aujourd'hui évacuer toute forme de réflexion dans l'exercice de leur mandat, je crois qu'il y a des limites à respecter. La condescendance systématique auprès d'une génération de créateurs en est une. Bien sûr, je pourrais vider un chargeur complet sur une série de cibles. Les médias contemporains, qui ont transformé les journalistes en reporters et les chroniques d'idées en chroniques d'humeur, nous offrent plusieurs occasions de crier à l'ineptie généralisée.
Mais je mettrai ici l'accent sur un élément précis: la notion de relève dans le domaine culturel. Depuis quelques années, cet abcès langagier est devenu la terminologie chérie des journalistes culturels et de certains auteurs vieillissants. Actuellement, par définition, tout artiste ou écrivain en début de carrière devient instantanément membre de cette relève. Cela revient à dire que tous les créateurs de la néogénération voient leur identité se sublimer au profit de la génération qui la précède. En d'autres termes, les jeunes créateurs ne prennent pas leur place mais celle que les baby-boomers consentent à leur céder. Cela est insupportable.
En tant que créateur membre de la néogénération, je considère l'appellation «relève» comme étant une atteinte à ma réputation professionnelle. Elle est une manière furtive de diminuer l'originalité, l'innovation et l'indépendance de ma démarche créatrice; elle est un moyen de banalisation des efforts mis en place; elle est une manière de glorifier le travail d'une génération qui, forte d'un passé trop idéalisé, s'approprie toujours et encore, du haut de sièges universitaires et académiques, la risible fonction d'avant-garde. Cela tient de la fumisterie.
Par respect pour les créateurs de la néogénération, je demande aux acteurs du domaine médiatique et culturel de renouveler leur vocabulaire au profit de formules plus respectueuses. Le langage n'est jamais innocent. Que ses usagers l'assument avec conscience ou qu'ils se taisent.
Mais je mettrai ici l'accent sur un élément précis: la notion de relève dans le domaine culturel. Depuis quelques années, cet abcès langagier est devenu la terminologie chérie des journalistes culturels et de certains auteurs vieillissants. Actuellement, par définition, tout artiste ou écrivain en début de carrière devient instantanément membre de cette relève. Cela revient à dire que tous les créateurs de la néogénération voient leur identité se sublimer au profit de la génération qui la précède. En d'autres termes, les jeunes créateurs ne prennent pas leur place mais celle que les baby-boomers consentent à leur céder. Cela est insupportable.
En tant que créateur membre de la néogénération, je considère l'appellation «relève» comme étant une atteinte à ma réputation professionnelle. Elle est une manière furtive de diminuer l'originalité, l'innovation et l'indépendance de ma démarche créatrice; elle est un moyen de banalisation des efforts mis en place; elle est une manière de glorifier le travail d'une génération qui, forte d'un passé trop idéalisé, s'approprie toujours et encore, du haut de sièges universitaires et académiques, la risible fonction d'avant-garde. Cela tient de la fumisterie.
Par respect pour les créateurs de la néogénération, je demande aux acteurs du domaine médiatique et culturel de renouveler leur vocabulaire au profit de formules plus respectueuses. Le langage n'est jamais innocent. Que ses usagers l'assument avec conscience ou qu'ils se taisent.
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