Lettres: Le privé est politique!
Ginette Desmarais - Le 11 mars 2004
19 mars 2004
L'édition du 11 mars du Devoir offre un paradoxe saisissant. D'une part, l'article de Mathieu-Robert Sauvé sur les nouveaux pères au cinéma décrit la conséquence d'une situation historique débilitante qui, selon lui, explique le manque d'ambition de l'homo quebecus pure laine mâle ainsi que son incapacité apparente à offrir une image gagnante à sa femme et à sa progéniture. D'autre part, le deuxième cahier annonce en gros titre que CGI, firme fondée en 1976 par deux Québécois de souche, a acquis American Management Systems au coût de 1,1 milliard.
Quoique récent sur le plan historique, le phénomène du Québec inc. démontre de façon éclatante que l'ambition (justement) des Québécois en entreprise donne des résultats évidents. Pourtant, Gaz Bar Blues choisit délibérément un milieu économique en stagnation. Le film Les Invasions barbares dépeint le fils gagnant comme tournant le dos à ses origines. Le vrai propos de La Grande Séduction est de ramener la baise au beau fixe dans le village. Et le film Québec-Montréal, qui met en scène de jeunes carriéristes des deux sexes, nous montre des hommes incapables de se dépêtrer face à des femmes sûres d'elles.
Pourtant, les entreprises fondées ici apportent aux hommes, par le truchement de l'action et de la créativité, des motifs de fierté et de réussite. Comme dans tout l'Occident, l'esprit d'entreprise et l'action individuelle ont supplanté la politique comme réponse. Mais la problématique particulière du Québec demeure politique et privée. Pendant que les hommes cherchent à créer les conditions d'une indépendance qui ne dérangera plus personne, les femmes affirment leur souveraineté personnelle, quitte à brasser la cage. Que faut-il en conclure?
Quoique récent sur le plan historique, le phénomène du Québec inc. démontre de façon éclatante que l'ambition (justement) des Québécois en entreprise donne des résultats évidents. Pourtant, Gaz Bar Blues choisit délibérément un milieu économique en stagnation. Le film Les Invasions barbares dépeint le fils gagnant comme tournant le dos à ses origines. Le vrai propos de La Grande Séduction est de ramener la baise au beau fixe dans le village. Et le film Québec-Montréal, qui met en scène de jeunes carriéristes des deux sexes, nous montre des hommes incapables de se dépêtrer face à des femmes sûres d'elles.
Pourtant, les entreprises fondées ici apportent aux hommes, par le truchement de l'action et de la créativité, des motifs de fierté et de réussite. Comme dans tout l'Occident, l'esprit d'entreprise et l'action individuelle ont supplanté la politique comme réponse. Mais la problématique particulière du Québec demeure politique et privée. Pendant que les hommes cherchent à créer les conditions d'une indépendance qui ne dérangera plus personne, les femmes affirment leur souveraineté personnelle, quitte à brasser la cage. Que faut-il en conclure?
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