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Inquiétant!

Jean-Robert Sansfaçon   18 mars 2004 
Si l'invitation à subir des tests de dépistage du VIH et de l'hépatite, lancée lundi à quelque 1200 patients d'une acupunctrice montréalaise, a pu rassurer le public quant au sérieux de cet ordre professionnel, les choses se sont compliquées depuis qu'on a appris qu'une autre acupunctrice ayant pratiqué jusqu'en 1996 dans la région de Québec faisait l'objet d'un recours collectif de la part de 327 patients traités en Ontario entre 2000 et 2002.

Lors du point de presse donné lundi par les autorités de la santé publique, le président de l'Ordre des acupuncteurs du Québec, Raymond Bourret, s'est fait fort de préciser que l'acupunctrice montréalaise à l'origine de l'opération de dépistage annoncée ce jour-là n'était pas membre de son ordre professionnel et que sa pratique ne pouvait donc pas faire l'objet d'une vérification. Du même souffle, il invitait ceux qui n'étaient pas en règle à cesser de pratiquer.

Un message rassurant: le public peut avoir confiance, l'Ordre veille au grain!

Or voilà qu'un autre cas révélé par Le Devoir, celui d'une membre en règle de l'Association des acupuncteurs, qui a précédé la naissance d'un ordre professionnel, soulève des questions dont on se surprend qu'elles n'aient jamais retenu l'attention des autorités. Selon le recours collectif déposé devant un tribunal ontarien, plusieurs patients de l'acupunctrice Sandra Testaguzza auraient développé une maladie de la peau après avoir été traités avec des aiguilles souillées. Après une enquête qui a conduit à la fermeture de la clinique en 2002, les autorités ontariennes ont invité les patients à subir des tests de dépistage.

Ces incidents se sont produits en Ontario, mais qu'est-ce qui permet de dire que la pratique de cette personne était plus rigoureuse pendant les 13 années passées au Québec? À cette question, le président de l'Ordre a répondu au Devoir que l'absence d'un ordre professionnel en Ontario expliquait peut-être la négligence de cette femme après son départ du Québec.

Voilà une bien mauvaise réponse. D'abord parce qu'il n'existait pas non plus d'ordre professionnel au Québec avant 1996; ensuite parce qu'il apparaît peu plausible que cette femme ait eu une pratique plus prudente avant son départ pour l'Ontario.

Les experts avancent que le risque de contracter des maladies aussi graves que le VIH ou l'hépatite lors de traitements d'acupuncture est minime. Soit, mais aussi faible soit-il, il existe! Pour cette raison, les autorités publiques du Québec doivent accélérer l'étude du cas de cette acupunctrice afin de déterminer si des gens auraient pu être infectés à leur insu avant 1996.

Quant à l'Ordre des acupuncteurs, il doit saisir cette occasion non seulement afin de menacer de sanctions ceux qui n'ont pas payé leur cotisation mais surtout pour prendre au sérieux sa responsabilité première: protéger le public.

jrsansfacon@ledevoir.ca
 
 
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