Une coalition de gauche au sein du PQ
Le groupe espère ramener les électeurs déçus
Alec Castonguay
15 mars 2004
Le Parti québécois devra composer avec une aile progressiste et syndicale plus en voix que jamais pour le reste de sa Saison des idées. Une coalition vient tout juste de se former à l'intérieur du PQ pour demander du «changement» au programme du parti, accusant le PQ «de s'être perdu en cours de route» et d'être maintenant «trop rigide avec le monde syndical et de manquer d'engagement envers les femmes et les régions».
Le SPQ Libre (Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre) a été formé le 23 février dernier dans le but avoué de tirer le PQ à gauche et d'être en quelque sorte le chien de garde des valeurs progressistes du parti.
Le PQ demeurant «le meilleur véhicule pour la souveraineté», soutient la porte-parole du mouvement et ex-présidente de la CSQ, Monique Richard, il n'est donc pas question de quitter cette formation politique. Il faut toutefois «ramener la dimension progressiste au sein du PQ pour que le parti tienne compte des régions, des humains, des femmes, a expliqué Monique Richard hier. Il faut que ça se reflète dans le programme. Le PQ s'est perdu en cours de route».
En plus de Mme Richard, l'ex-président de la CSN, Marc Laviolette, l'ex-présidente de la Fédération des femmes, Vivian Barbot, le directeur des TCA du Québec, Luc Desnoyers, le président du syndicat des cols bleus de Montréal, Michel Parent, l'ex-ministre du Parti québécois et député de 1981 à 1985, Robert Dean, ainsi que Mario Beaulieu, membre de l'exécutif de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, font notamment partie du conseil d'administration du SPQ Libre.
Le mouvement, qui a bien l'intention de se faire entendre, compte se réunir régulièrement pour prendre position sur différents sujets et lancer des suggestions dans les instances et réunions du PQ.
«Le gouvernement de 1976 était audacieux, il a pris le taureau par les cornes, affirme Robert Dean. Mais à force d'occuper le pouvoir, le PQ est devenu timide. Il a fait de bonnes choses et il a bien gouverné, mais la population respecte l'audace. Il faut se préoccuper davantage de ce que le peuple veut. Le PQ a consulté, mais n'a pas écouté.»
Robert Dean souhaite ramener au bercail les 500 000 personnes qui ont enlevé leur vote au PQ aux dernières élections comparativement à celles de 1998. «Ces gens sont déçus, mais si on remet le désir des citoyens au centre des préoccupations, ils vont revenir», soutient-il.
Aider les travailleurs autonomes et les jeunes en région, parler davantage du Plan Legault pour une Caisse de la santé, revoir le code du travail pour éliminer les récentes modifications à l'article 45 sur la sous-traitance... Le SPQ Libre ne manque pas de sujets sur lesquels le PQ peut jouer un rôle actif, disent-ils.
Et il faut également cultiver la différence du PQ en marquant solidement sa présence à gauche de l'échiquier politique. «Aux dernières élections, les gens ne voyaient pas la différence entre le PQ et le PLQ, affirme Vivian Barbot. C'était bonnet blanc, blanc bonnet pour beaucoup de gens. Ils ont voté contre le PQ pour protester en croyant que c'était du pareil au même. Aujourd'hui, les gens voient que c'est faux. Mais il faut marquer plus les différences et être plus progressiste.»
Marc Laviolette souligne que le SPQ Libre est né «pour mieux influencer» les débats au sein du PQ, mais que «l'important reste de se débarrasser des libéraux aux prochaines élections et de mettre en avant l'idée de la souveraineté très rapidement, dit-il. On voit avec le déséquilibre fiscal, qui étouffe le Québec financièrement, que la souveraineté n'a jamais été autant d'actualité». Le groupe ne se prononce toutefois pas sur l'idée d'une élection référendaire, préférant dire que sa position «n'est pas arrêtée là-dessus».
Le mouvement ne pense pas qu'il sera accueilli au PQ comme un chien dans un jeu de quilles. «Bernard Landry dit vouloir recréer la vaste coalition des années 70, alors les travailleurs doivent être présents, déclare Marc Laviolette. Il a besoin des organisations de travailleurs pour prendre le pouvoir.» Ce dernier reconnaît toutefois «qu'il y a toujours des frileux» que le SPQ Libre pourrait déranger au sein du PQ, «mais on ne peut pas les empêcher de frissonner!» non plus.
Le SPQ Libre (Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre) a été formé le 23 février dernier dans le but avoué de tirer le PQ à gauche et d'être en quelque sorte le chien de garde des valeurs progressistes du parti.
Le PQ demeurant «le meilleur véhicule pour la souveraineté», soutient la porte-parole du mouvement et ex-présidente de la CSQ, Monique Richard, il n'est donc pas question de quitter cette formation politique. Il faut toutefois «ramener la dimension progressiste au sein du PQ pour que le parti tienne compte des régions, des humains, des femmes, a expliqué Monique Richard hier. Il faut que ça se reflète dans le programme. Le PQ s'est perdu en cours de route».
En plus de Mme Richard, l'ex-président de la CSN, Marc Laviolette, l'ex-présidente de la Fédération des femmes, Vivian Barbot, le directeur des TCA du Québec, Luc Desnoyers, le président du syndicat des cols bleus de Montréal, Michel Parent, l'ex-ministre du Parti québécois et député de 1981 à 1985, Robert Dean, ainsi que Mario Beaulieu, membre de l'exécutif de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, font notamment partie du conseil d'administration du SPQ Libre.
Le mouvement, qui a bien l'intention de se faire entendre, compte se réunir régulièrement pour prendre position sur différents sujets et lancer des suggestions dans les instances et réunions du PQ.
«Le gouvernement de 1976 était audacieux, il a pris le taureau par les cornes, affirme Robert Dean. Mais à force d'occuper le pouvoir, le PQ est devenu timide. Il a fait de bonnes choses et il a bien gouverné, mais la population respecte l'audace. Il faut se préoccuper davantage de ce que le peuple veut. Le PQ a consulté, mais n'a pas écouté.»
Robert Dean souhaite ramener au bercail les 500 000 personnes qui ont enlevé leur vote au PQ aux dernières élections comparativement à celles de 1998. «Ces gens sont déçus, mais si on remet le désir des citoyens au centre des préoccupations, ils vont revenir», soutient-il.
Aider les travailleurs autonomes et les jeunes en région, parler davantage du Plan Legault pour une Caisse de la santé, revoir le code du travail pour éliminer les récentes modifications à l'article 45 sur la sous-traitance... Le SPQ Libre ne manque pas de sujets sur lesquels le PQ peut jouer un rôle actif, disent-ils.
Et il faut également cultiver la différence du PQ en marquant solidement sa présence à gauche de l'échiquier politique. «Aux dernières élections, les gens ne voyaient pas la différence entre le PQ et le PLQ, affirme Vivian Barbot. C'était bonnet blanc, blanc bonnet pour beaucoup de gens. Ils ont voté contre le PQ pour protester en croyant que c'était du pareil au même. Aujourd'hui, les gens voient que c'est faux. Mais il faut marquer plus les différences et être plus progressiste.»
Marc Laviolette souligne que le SPQ Libre est né «pour mieux influencer» les débats au sein du PQ, mais que «l'important reste de se débarrasser des libéraux aux prochaines élections et de mettre en avant l'idée de la souveraineté très rapidement, dit-il. On voit avec le déséquilibre fiscal, qui étouffe le Québec financièrement, que la souveraineté n'a jamais été autant d'actualité». Le groupe ne se prononce toutefois pas sur l'idée d'une élection référendaire, préférant dire que sa position «n'est pas arrêtée là-dessus».
Le mouvement ne pense pas qu'il sera accueilli au PQ comme un chien dans un jeu de quilles. «Bernard Landry dit vouloir recréer la vaste coalition des années 70, alors les travailleurs doivent être présents, déclare Marc Laviolette. Il a besoin des organisations de travailleurs pour prendre le pouvoir.» Ce dernier reconnaît toutefois «qu'il y a toujours des frileux» que le SPQ Libre pourrait déranger au sein du PQ, «mais on ne peut pas les empêcher de frissonner!» non plus.
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