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    6 mai 2017

    Claude Haeffely et la bande dessinée québécoise

     

    Nous apprenons avec tristesse le décès du poète Claude Haeffely à l’âge de 90 ans. Dans les différents hommages qui commencent à lui être rendus dans les médias, on parle beaucoup de sa poésie, de son engagement en tant que fonctionnaire culturel ainsi que de sa très grande amitié avec Gaston Miron. Mais nulle part, encore, n’est fait mention de son bref mais percutant passage dans la bande dessinée québécoise.

     

    C’est Claude Haeffely qui, au milieu des années 1960, rassemble autour de lui de jeunes artistes en arts visuels, André Montpetit, Marc-Antoine Nadeau et Michel Fortier, afin de créer le groupe du Chiendent. C’est d’abord dans sa galerie de la rue Peel que Claude Haeffely reçoit ces jeunes artistes et d’autres plus établis, tel Léon Bellefleur, pour présenter deux expositions tournant autour de l’humour : Portraits de famille en octobre 1966 et Trumeaux XXe siècle en février 1967.

     

    Puis, en 1968, Claude Haeffely va écrire des scénarios qui seront mis en images par ses trois compères. Des oeuvres résolument modernes, tranchant nettement avec ce que le Québec avait connu en matière de production de bande dessinée jusque-là et qui seront publiées dans différents magazines, notamment Perspectives, MacLean’s, Quartier latin, Québec Presse, Ars, Culture vivante, La Barre du jour et la revue de bande dessinée L’Écran. De 1968 à 1974 nous retrouvons une vingtaine de récits issus de ce groupe. N’ayant pas réussi à intéresser des éditeurs à leurs projets, jugés trop onéreux à produire, et probablement trop modernes par ces derniers, ils continueront, chacun de leur côté, à vaquer à leurs occupations artistiques sans revenir à la bande dessinée.

     

    Ce bref passage, par contre, aura contribué à cette entrée de la bande dessinée québécoise dans la modernité. Tous les essais portant sur le neuvième art québécois publiés depuis mentionnent la production du groupe du Chiendent en tant qu’élément déclencheur de cette époque qui sera nommée dans les livres d’histoire le « Printemps de la bande dessinée québécoise ».

     

    L’année dernière, j’ai publié un livre sur le groupe du Chiendent aux éditions Mém9ire, et Saël Lacroix a réalisé un magnifique documentaire sur André Montpetit, ce qui a permis de remettre à jour la contribution de ce poète au neuvième art québécois. Le Festival de la bande dessinée francophone de Québec a d’ailleurs remis son prix hommage Albert-Chartier au groupe du Chiendent lors de son édition 2016.

     

    Le poète figurera ainsi toujours au firmament du neuvième art québécois, firmament qu’il aura traversé telle une étoile filante.

     

    Sylvain Lemay, professeur titulaire, Université du Québec en Outaouais
    Le 3 mai 2017

     

    Salaire de crève-la-faim

     

    Le 1er mai, le salaire minimum est passé à 11,25 $ l’heure. Ça ne prend pas un expert pour constater qu’avec ce petit pécule, personne ne peut espérer gagner sa vie sans avoir deux emplois, mais il n’y a que 24 heures dans une journée. Ma réflexion n’est pas une révolte, mais plutôt un plaidoyer pour la dignité humaine. Une paie de rabat-joie rend la vie sans joie. Suffisant doit être le pain, honorable doit être le gain. Pourquoi être si peut offrant, mon cher gouvernement ?

     

    Michel Houle
    Québec, le 3 mai 2017












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