Une seule porte reste ouverte: le changement
Photo : Agence Reuters
Le gouvernement Charest tiendra 19 forums d’une journée chacun qui devront se pencher sur quatre thèmes différents.
Québec — Le premier ministre Jean Charest a dévoilé, hier, son programme d'action gouvernemental pour les quatre prochaines années, qui servira de document de réflexion pour 19 forums régionaux qui se dérouleront de la mi-avril à la mi-juin.
«Le statu quo est inacceptable au Québec», a lancé hier le premier ministre au cours d'une conférence de presse. Intitulé Briller parmi les meilleurs, le document de 201 pages reprend les grandes lignes du programme électoral libéral de septembre 2002, mais en omettant les engagements chiffrés et en plaçant le tout dans une perspective d'urgence. Les Québécois sont confrontés à deux grands défis: les changements démographiques et des finances publiques mal en point. «S'il y a une chose sur laquelle nous sommes tous très clairs, c'est qu'on ne peut pas continuer dans le système actuel», a-t-il dit.
Dans son discours au Conseil général du Parti libéral au début de février, Jean Charest avait pour la première fois développé ce thème: l'endettement public et le fardeau fiscal plus lourd que partout ailleurs, alliés au vieillissement accéléré de la population, imposaient au gouvernement libéral qu'il «garde le cap» sur le changement.
Le Québec s'est donné les programmes sociaux les plus avancés en Amérique du Nord, «mais il y a un coût associé à ça», a dit hier M. Charest. «Donc, si on est placés devant trois portes, on ne peut pas taxer davantage, ça on le sait. La deuxième porte, c'est la porte de l'endettement, on est encore là parmi les plus endettés en Amérique du Nord, on ne peut pas s'endetter davantage; le deuxième choix, il est fermé. Ça nous amène à la troisième puis à la dernière porte, c'est de faire les choses différemment.»
Au moment où l'idée des forums a surgi au Conseil général, le gouvernement parlait de tenir quatre forums sur autant de thèmes: santé et services sociaux, éducation et formation, développement économique et régional, et, enfin, famille et développement social. On annonce maintenant 19 forums organisés par autant de Conférences régionales des élus, la nouvelle entité d'organisation régionale introduite par le gouvernement libéral. Ces forums dureront une journée et discuteront sur les quatre thèmes, un programme chargé. Une rencontre nationale à Québec coiffera le tout à l'automne.
Deux coprésidents, qui entouraient, hier, M. Charest, dirigeront l'opération: la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, et le premier vice-président, ventes grandes entreprises et secteur public, de Bell Canada, Pierre Shedleur. M. Shedleur est un ami du secrétaire général du conseil exécutif, André Dicaire. Les deux hommes sont d'ailleurs sortis de la conférence de presse ensemble. C'est M. Shedleur qui, en 1989, a remplacé à la tête de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) Monique Jérôme-Forget, virée par le ministre du Revenu d'alors, Yves Séguin.
Bell Canada est un important fournisseur du gouvernement du Québec et a été choisi, notamment, pour fournir le réseau de communication pour l'ensemble de l'appareil étatique, damant le pion à Vidéotron. M. Charest ne trouve aucunement gênante la présence de M. Shedleur à ses côtés pour veiller à cette importante initiative politique.
Parmi les chiffres qui étaient contenus dans le programme libéral de septembre 2002 et qui se sont volatilisés dans le nouveau programme d'action, on note les investissements récurrents en santé et les baisses d'impôt de un milliard par année, ou 27 % de l'impôt des particuliers en cinq ans. M. Charest a indiqué qu'il y aura un budget le 30 mars prochain — le ministre des Finances, Yves Séguin, en avait fait l'annonce à l'Assemblée nationale quelques heures plus tôt. «Le gouvernement est en continuité avec ce qu'on avait annoncé le 12 septembre [2002]», a-t-il soutenu, en soulignant que le nouveau document contenait des références à des baisses d'impôt.
En matière de santé, le gouvernement Charest ouvre cependant la porte à un changement d'orientation. Les libéraux affirmaient que le gouvernement pouvait investir en santé les sommes nécessaires tout en diminuant les impôts. Désormais, il faut «entamer une réflexion de fond sur le financement de la santé au Québec», annonce-t-on. Il faut s'interroger sur la contribution des entreprises et des individus et réfléchir à de nouveaux mécanismes, peut-on lire. L'idée d'une caisse-santé, comme M. Séguin l'évoquait récemment, n'est pas loin.
Le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, estime que la tenue des forums est «une opération de relations publiques» pour se sortir d'«une situation désespérée». Le chef péquiste a d'ailleurs souligné que le gouvernement Charest a dit qu'il gardera le cap. De même, le budget aura été déposé. Si cela peut aider le Québec, le Parti québécois participera à l'exercice, a cependant indiqué M. Landry.
Quant à la présence de M. Shedleur, M. Landry estime que «ce n'est pas correct». D'une part, une élue et ministre est placée sur un pied d'égalité avec un homme d'affaires dans un événement gouvernemental. Ensuite, Bell est un des plus gros fournisseurs de l'État québécois.
Pour le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, le Parti libéral s'est sensibilisé sur le tard à la problématique du vieillissement de la population. «Le programme libéral, des trois programmes de parti, était certainement le plus à contre-courant du choc démographique» en proposant des baisses d'impôt irréalistes de 27 % et des investissements «tous azimuts» en santé, a dit M. Dumont, qui se réjouit toutefois de cet emprunt à l'ADQ.
«Le statu quo est inacceptable au Québec», a lancé hier le premier ministre au cours d'une conférence de presse. Intitulé Briller parmi les meilleurs, le document de 201 pages reprend les grandes lignes du programme électoral libéral de septembre 2002, mais en omettant les engagements chiffrés et en plaçant le tout dans une perspective d'urgence. Les Québécois sont confrontés à deux grands défis: les changements démographiques et des finances publiques mal en point. «S'il y a une chose sur laquelle nous sommes tous très clairs, c'est qu'on ne peut pas continuer dans le système actuel», a-t-il dit.
Dans son discours au Conseil général du Parti libéral au début de février, Jean Charest avait pour la première fois développé ce thème: l'endettement public et le fardeau fiscal plus lourd que partout ailleurs, alliés au vieillissement accéléré de la population, imposaient au gouvernement libéral qu'il «garde le cap» sur le changement.
Le Québec s'est donné les programmes sociaux les plus avancés en Amérique du Nord, «mais il y a un coût associé à ça», a dit hier M. Charest. «Donc, si on est placés devant trois portes, on ne peut pas taxer davantage, ça on le sait. La deuxième porte, c'est la porte de l'endettement, on est encore là parmi les plus endettés en Amérique du Nord, on ne peut pas s'endetter davantage; le deuxième choix, il est fermé. Ça nous amène à la troisième puis à la dernière porte, c'est de faire les choses différemment.»
Au moment où l'idée des forums a surgi au Conseil général, le gouvernement parlait de tenir quatre forums sur autant de thèmes: santé et services sociaux, éducation et formation, développement économique et régional, et, enfin, famille et développement social. On annonce maintenant 19 forums organisés par autant de Conférences régionales des élus, la nouvelle entité d'organisation régionale introduite par le gouvernement libéral. Ces forums dureront une journée et discuteront sur les quatre thèmes, un programme chargé. Une rencontre nationale à Québec coiffera le tout à l'automne.
Deux coprésidents, qui entouraient, hier, M. Charest, dirigeront l'opération: la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, et le premier vice-président, ventes grandes entreprises et secteur public, de Bell Canada, Pierre Shedleur. M. Shedleur est un ami du secrétaire général du conseil exécutif, André Dicaire. Les deux hommes sont d'ailleurs sortis de la conférence de presse ensemble. C'est M. Shedleur qui, en 1989, a remplacé à la tête de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) Monique Jérôme-Forget, virée par le ministre du Revenu d'alors, Yves Séguin.
Bell Canada est un important fournisseur du gouvernement du Québec et a été choisi, notamment, pour fournir le réseau de communication pour l'ensemble de l'appareil étatique, damant le pion à Vidéotron. M. Charest ne trouve aucunement gênante la présence de M. Shedleur à ses côtés pour veiller à cette importante initiative politique.
Parmi les chiffres qui étaient contenus dans le programme libéral de septembre 2002 et qui se sont volatilisés dans le nouveau programme d'action, on note les investissements récurrents en santé et les baisses d'impôt de un milliard par année, ou 27 % de l'impôt des particuliers en cinq ans. M. Charest a indiqué qu'il y aura un budget le 30 mars prochain — le ministre des Finances, Yves Séguin, en avait fait l'annonce à l'Assemblée nationale quelques heures plus tôt. «Le gouvernement est en continuité avec ce qu'on avait annoncé le 12 septembre [2002]», a-t-il soutenu, en soulignant que le nouveau document contenait des références à des baisses d'impôt.
En matière de santé, le gouvernement Charest ouvre cependant la porte à un changement d'orientation. Les libéraux affirmaient que le gouvernement pouvait investir en santé les sommes nécessaires tout en diminuant les impôts. Désormais, il faut «entamer une réflexion de fond sur le financement de la santé au Québec», annonce-t-on. Il faut s'interroger sur la contribution des entreprises et des individus et réfléchir à de nouveaux mécanismes, peut-on lire. L'idée d'une caisse-santé, comme M. Séguin l'évoquait récemment, n'est pas loin.
Le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, estime que la tenue des forums est «une opération de relations publiques» pour se sortir d'«une situation désespérée». Le chef péquiste a d'ailleurs souligné que le gouvernement Charest a dit qu'il gardera le cap. De même, le budget aura été déposé. Si cela peut aider le Québec, le Parti québécois participera à l'exercice, a cependant indiqué M. Landry.
Quant à la présence de M. Shedleur, M. Landry estime que «ce n'est pas correct». D'une part, une élue et ministre est placée sur un pied d'égalité avec un homme d'affaires dans un événement gouvernemental. Ensuite, Bell est un des plus gros fournisseurs de l'État québécois.
Pour le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, le Parti libéral s'est sensibilisé sur le tard à la problématique du vieillissement de la population. «Le programme libéral, des trois programmes de parti, était certainement le plus à contre-courant du choc démographique» en proposant des baisses d'impôt irréalistes de 27 % et des investissements «tous azimuts» en santé, a dit M. Dumont, qui se réjouit toutefois de cet emprunt à l'ADQ.
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