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Le Suroît: Québec décidera dès juillet

Le gouvernement Charest n'attendra pas la tenue de la commission parlementaire sur l'avenir énergétique

Robert Dutrisac   11 mars 2004 
Québec — Le gouvernement Charest n'hésitera pas à lancer le projet de centrale thermique du Suroît sans attendre la tenue, à l'automne prochain, de la commission parlementaire sur l'avenir énergétique du Québec.

C'est ce qu'a déclaré hier le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Sam Hamad, lors d'un point de presse. Avant de donner un deuxième feu vert à Hydro-Québec, le gouvernement n'attend qu'une recommandation favorable de la Régie de l'énergie, dont l'avis doit être rendu public le 30 juin. «À partir de cet avis-là, le 30 juin, le gouvernement va prendre une décision pour le Suroît», a assuré le ministre Hamad. La décision du gouvernement d'autoriser la construction de cette centrale de 800 MW devrait survenir «quelques jours, une semaine» après, a-t-il précisé.

Mardi à l'Assemblée nationale, Sam Hamad avait annoncé la tenue à l'automne prochain d'une commission parlementaire pour revoir la politique énergétique du Québec. Une telle réflexion n'a pas eu lieu depuis 1996; l'exercice avait alors conduit à l'adoption d'une nouvelle politique de l'énergie au Québec et à la création de la Régie de l'énergie.

Comme la centrale du Suroît dispose d'une vie utile de 30 ans et fera donc partie du portrait énergétique du Québec pendant longtemps, on aurait cru que cette consultation populaire automnale puisse aussi porter sur l'opportunité de construire cette centrale thermique. Pour M. Hamad, il s'agit de deux questions différentes. «Pour nous, la commission parlementaire, c'est une vision plus large que le Suroît», a-t-il soutenu. Si le gouvernement a demandé un avis à la Régie de l'énergie, «la raison est simple: on a constaté que la population du Québec pose des questions importantes, qui ont besoin de réponses. Ces réponses-là vont émerger suite au projet du Suroît», a-t-il dit. La centrale du Suroît doit être construite pour répondre à la demande d'électricité en 2007-08, a réitéré le ministre.

En prévision de la commission parlementaire, M. Hamad demandera des avis à des experts indépendants afin de «bâtir une trame pour notre orientation stratégique». Le ministre s'est demandé si «nous possédons en main toutes les données nécessaires pour développer l'énergie éolienne» au Québec, une interrogation qu'il portera à l'attention de la commission.

À l'Assemblée nationale hier, l'opposition officielle a présenté une motion visant à permettre aux députés de se prononcer sur l'opportunité de construire la centrale du Suroît. Appuyée par les députés péquistes et adéquistes, elle a été rejetée par les députés libéraux. «Doit-on comprendre que le gouvernement se réserve le droit d'autoriser ce projet en catimini pendant la période estivale?», s'est demandé le député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'environnement, Stéphan Tremblay.

Les groupes écologistes ont qualifié l'annonce de la tenue de la commission parlementaire à l'automne prochain de «pas dans la bonne direction». Mais ils ont déchanté hier après avoir appris les intentions du gouvernement d'aller de l'avant avec le Suroît sans attendre la fin de l'exercice. «Il ne s'agit pas là d'un débat public en bonne et due forme, tel que nous le demandons», a déploré la Coalition Québec-vert-Kyoto par voie de communiqué. Le mouvement Équiterre a réclamé que le projet du Suroît et celui de l'exploration pétrolière et gazière dans le Saint-Laurent soient suspendus d'ici la fin de la consultation.
 
 
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  • jean pierre belle-isle
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2004 12h42
    Contournement de la volonté populaire
    Il me semble clair que le message envoye par la majorite des quebecois au gouvernement en ce qui a trait a cette saudite centrale....c`est qu`on n`en veut pas...point
    final.

    Trouver une autre solution devient le vrai mandat. Alors la vrai raison du suroit m`apparait appartenir plus au monde des pourcentage des contrats enormes que le copinage style commandite qui traine dans le decor en plus d`une compagnie gaziere aux interets plus que douteux...qui vivra verra.!

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 11 mars 2004 14h06
    La décision au peuple
    La démocratie exige que l'on consulte la population sur un enjeu aussi important (l'environnement et la santé) et une façon de le faire serait de commander un sondage après avoir informé la population sur les coûts directe et indirecte du Suroit et des possibilités pour Hydro, ou de la capacité à construire des héoliennes dans un temps raisonnable avec comme alternative de demander à la population de réduire sa consommation. Comme c'est parti le bon peuple se fera avoir par les grandes corporations (Gaz Métro).

  • paulbel@videotron.ca
    Abonné
    vendredi 12 mars 2004 06h25
    La coalition des grands parents contre la centrale du Suroît
    Appel aux grands mères et grands pères du Québec

    J'ai le grand bonheur d'avoir, comme vous, un petit fils. Lui, il s'appelle Jules. Il a sept mois. Le vôtre, ou les vôtres, s'appelle comment? Nous ne pouvons pas leur laisser, je ne peux pas lui laisser, comme héritage, un monde irrespirable.

    Or, le Québec et Hydro-Québec s'apprêtent à construire, dans le Suroît, une centrale électrique spéciale qui augmentera les émissions de gaz à effet de serre (GES) au point d'annuler tous les efforts envisagés pour répondre aux obligations et engagements que nous avons pris devant la communauté internationale à Kyoto. La centrale du Suroît émettrait en gaz à effet de serre l'équivalent de 600 000 voitures de plus sur nos routes.

    Nous refusons qu'on pollue si massivement l'air que devront respirer demain tous nos « petits cocos » qui font tant notre bonheur,

    Comment regarder en face nos petits enfants, comment soutenir le regard et les grands yeux curieux de tous nos petits Jules en sachant ce qu'on leur prépare? Comment soutenir leur sourire qui, à chaque fois, nous séduit tant, et continuer de se taire sur une décision qui risque d'hypothéquer grandement leur environnement?

    C'est la santé future de nos petits enfants qui est menacée.
    C'est de « la suite du monde » qu'il s'agit.

    Des grands parents du Québec décident de sortir de leur silence. Ils crient au secours.
    Ils veulent laisser un ciel bleu à leurs petits enfants. Ils veulent garantir l'air qu'ils devront respirer.

    Joignez-vous. Nous enverrons la pétition au nom de toutes celles et ceux qui signeront en nous envoyant un courriel (sujet : appel d'un grand parent) à
    paulbel@videotron.ca


    Signé : Paul Bélanger, Montréal, grand père d'un petit fils,
    Lucie et Fabien Leboeuf, Montréal, grands parents de six petits enfants,
    Sylvie Legault et Michel Laplante, Valleyfield, grands parents d'un petit fils,
    Monique et Jules Bélanger, Valleyfield, grands parents de trois petits enfants,
    Pauline Séguin, Valleyfield, grand-mère de six petits enfants,

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