Des femmes en colère
Des cris de femmes ont retenti hier dans les rues de Montréal pour dénoncer les politiques du gouvernement Charest, lors d’une grande manifestation tenue à la veille du 8 mars. — Photo: Pascal Ratthé Le Devoir
Des milliers de femmes et d'hommes ont manifesté avec vigueur et grand bruit dans les rues de Montréal et ailleurs au Québec hier, à la veille de la Journée internationale des femmes, pour dénoncer les reculs subis par les femmes québécoises depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement Charest.
Les manifestants ont été nombreux à répondre à l'appel du Collectif 8 mars, regroupant la Fédération des femmes du Québec et la majorité des syndicats québécois, et représentant au total plus d'un million de personnes. Le Collectif a organisé cette «riposte solidaire» pour dénoncer les mesures «antisociales, antisyndicales et de droite» du gouvernement Charest. Les syndicats et les femmes ont également uni leurs voix pour revendiquer des actions concrètes de la part du gouvernement pour améliorer les conditions de vie et de travail des femmes.
Cette manifestation d'importance est la première qui se déroule au Québec depuis plusieurs années pour la Journée internationale des femmes. La dernière fois que les Québécois étaient descendus dans les rues en l'honneur du 8 mars remonte à 1995, lors de la marche «Du pain et des roses».
Tambours, sifflets et musique étaient cependant au rendez-vous hier pour attirer l'attention du premier ministre Jean Charest et s'assurer qu'il écoute les revendications des marcheurs. Les pancartes arborant des slogans incisifs, tels «Justice pour tous, que les libéraux se poussent» ou «La droite conservatrice antiféministe», étaient nombreuses sous le soleil printanier d'hier.
Au micro, les organisateurs de la marche ont notamment décrié l'augmentation des tarifs des services de garde, la hausse des pénalités à l'aide sociale et les restrictions dans l'accès à l'aide juridique. La loi 45 sur la sous-traitance et la loi 30 sur la fusion des accréditations syndicales ont également été vivement contestées.
«Il n'y a pas si longtemps, un gouvernement résolument de droite s'installait au Québec. En quelques semaines, il a réussi à saccager des pans entiers de la maison, à commencer par l'oubli de nommer une ministre de la Condition féminine, a déclaré la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin. Un silence inaugural qui en disait long sur sa considération pour les femmes», a-t-elle ajouté.
Des revendications concrètes
Mais au coeur du message porté par les manifestants se trouvaient cinq revendications centrales adressées au premier ministre qui figurent également dans un «Manifeste de la riposte des femmes». Le mouvement des femmes et les syndicats ont fait front commun hier pour exiger, premièrement, «un véritable plan d'action contre la pauvreté».
Le président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, a déploré le fait que le cinquième de la population au Québec soit obligé de vivre avec seulement 10 000 $ par année, ajoutant que l'immense majorité des familles pauvres sont dirigées par des femmes «qui sont à la limite de la survie». M. Parent somme le gouvernement Charest de mettre immédiatement en application un plan d'action de lutte contre la pauvreté, accompagné de l'argent nécessaire.
«En campagne électorale, M. Charest déclarait solennellement "je peux vous assurer que la loi [visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion] sera respectée par le prochain gouvernement libéral". Non seulement il n'a pas tenu sa promesse, mais il vient de reporter le dépôt pour une troisième fois. Nous avons un gouvernement hors la loi», a conclu M. Parent.
La seconde revendication du Collectif 8 mars est l'élaboration d'une politique familiale globale, comprenant des services de garde universels, la conciliation travail-famille et l'assurance parentale. La présidente de la Confédération des syndicats nationaux, Claudette Carbonneau, souhaite «une politique familiale globale, généreuse, visionnaire, novatrice et capable de répondre aux nouvelles réalités vécues par les femmes et les familles québécoises». Pour ce faire, le Québec doit dès aujourd'hui rapatrier l'argent du fédéral pour concrétiser le régime québécois d'assurance parentale, qui se trouve toujours sur les tablettes du gouvernement québécois.
L'équité salariale est également l'un des chevaux de bataille du mouvement des femmes. D'après Mme Asselin, l'équité salariale «est loin d'être atteinte au Québec et elle se heurte encore à des réticences rétrogrades». Les groupes sociaux doivent donc rester vigilants dans ce dossier et poursuivre sa promotion.
Le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), François Vaudreuil, a pour sa part revendiqué le respect du droit fondamental au travail et à la syndicalisation, quatrième exigence du Collectif. M. Vaudreuil a notamment mentionné que les femmes étaient plus nombreuses à occuper «des emplois précaires, à temps partiel, temporaires, moins bien payés et moins protégés. De plus, elles sont souvent moins syndiquées que les hommes».
En adoptant en décembre dernier des lois «antisyndicales», le gouvernement Charest «s'est lancé dans un pillage éhonté des droits que les Québécoises avaient chèrement acquis au fil des années». En agissant de la sorte, les libéraux vont à l'encontre des principes de l'Organisation internationale du travail et de nombreuses conventions internationales, a affirmé le président de la CSD.
Alors que la menace de disparition plane toujours sur le Conseil du statut de la femme, le mouvement des femmes exige le maintien des missions et objectifs des divers organismes gouvernementaux voués à la défense des droits des femmes. «Comment peut-on mettre en péril des organismes de défense et de promotion des droits des femmes quand les inégalités persistent encore partout?», s'interroge le président du Syndicat de la fonction publique du Québec Michel Sawyer.
Selon M. Sawyer, l'existence de ces organismes est encore aujourd'hui nécessaire, puisque «les violences envers les femmes augmentent et que les lobbies masculinistes attaquent avec de plus en plus de hargne les acquis des femmes, en polluant le coeur et l'esprit des gens».
La manifestation, dont la destination finale était les bureaux montréalais du premier ministre Jean Charest, s'est terminée avec le traditionnel So-So-So, solidarité, scandé en choeur par des milliers de voix. D'autres manifestations doivent avoir lieu le 14 avril, premier anniversaire de l'élection des libéraux, et le 1er mai, journée internationale des travailleurs.
Les manifestants ont été nombreux à répondre à l'appel du Collectif 8 mars, regroupant la Fédération des femmes du Québec et la majorité des syndicats québécois, et représentant au total plus d'un million de personnes. Le Collectif a organisé cette «riposte solidaire» pour dénoncer les mesures «antisociales, antisyndicales et de droite» du gouvernement Charest. Les syndicats et les femmes ont également uni leurs voix pour revendiquer des actions concrètes de la part du gouvernement pour améliorer les conditions de vie et de travail des femmes.
Cette manifestation d'importance est la première qui se déroule au Québec depuis plusieurs années pour la Journée internationale des femmes. La dernière fois que les Québécois étaient descendus dans les rues en l'honneur du 8 mars remonte à 1995, lors de la marche «Du pain et des roses».
Tambours, sifflets et musique étaient cependant au rendez-vous hier pour attirer l'attention du premier ministre Jean Charest et s'assurer qu'il écoute les revendications des marcheurs. Les pancartes arborant des slogans incisifs, tels «Justice pour tous, que les libéraux se poussent» ou «La droite conservatrice antiféministe», étaient nombreuses sous le soleil printanier d'hier.
Au micro, les organisateurs de la marche ont notamment décrié l'augmentation des tarifs des services de garde, la hausse des pénalités à l'aide sociale et les restrictions dans l'accès à l'aide juridique. La loi 45 sur la sous-traitance et la loi 30 sur la fusion des accréditations syndicales ont également été vivement contestées.
«Il n'y a pas si longtemps, un gouvernement résolument de droite s'installait au Québec. En quelques semaines, il a réussi à saccager des pans entiers de la maison, à commencer par l'oubli de nommer une ministre de la Condition féminine, a déclaré la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin. Un silence inaugural qui en disait long sur sa considération pour les femmes», a-t-elle ajouté.
Des revendications concrètes
Mais au coeur du message porté par les manifestants se trouvaient cinq revendications centrales adressées au premier ministre qui figurent également dans un «Manifeste de la riposte des femmes». Le mouvement des femmes et les syndicats ont fait front commun hier pour exiger, premièrement, «un véritable plan d'action contre la pauvreté».
Le président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, a déploré le fait que le cinquième de la population au Québec soit obligé de vivre avec seulement 10 000 $ par année, ajoutant que l'immense majorité des familles pauvres sont dirigées par des femmes «qui sont à la limite de la survie». M. Parent somme le gouvernement Charest de mettre immédiatement en application un plan d'action de lutte contre la pauvreté, accompagné de l'argent nécessaire.
«En campagne électorale, M. Charest déclarait solennellement "je peux vous assurer que la loi [visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion] sera respectée par le prochain gouvernement libéral". Non seulement il n'a pas tenu sa promesse, mais il vient de reporter le dépôt pour une troisième fois. Nous avons un gouvernement hors la loi», a conclu M. Parent.
La seconde revendication du Collectif 8 mars est l'élaboration d'une politique familiale globale, comprenant des services de garde universels, la conciliation travail-famille et l'assurance parentale. La présidente de la Confédération des syndicats nationaux, Claudette Carbonneau, souhaite «une politique familiale globale, généreuse, visionnaire, novatrice et capable de répondre aux nouvelles réalités vécues par les femmes et les familles québécoises». Pour ce faire, le Québec doit dès aujourd'hui rapatrier l'argent du fédéral pour concrétiser le régime québécois d'assurance parentale, qui se trouve toujours sur les tablettes du gouvernement québécois.
L'équité salariale est également l'un des chevaux de bataille du mouvement des femmes. D'après Mme Asselin, l'équité salariale «est loin d'être atteinte au Québec et elle se heurte encore à des réticences rétrogrades». Les groupes sociaux doivent donc rester vigilants dans ce dossier et poursuivre sa promotion.
Le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), François Vaudreuil, a pour sa part revendiqué le respect du droit fondamental au travail et à la syndicalisation, quatrième exigence du Collectif. M. Vaudreuil a notamment mentionné que les femmes étaient plus nombreuses à occuper «des emplois précaires, à temps partiel, temporaires, moins bien payés et moins protégés. De plus, elles sont souvent moins syndiquées que les hommes».
En adoptant en décembre dernier des lois «antisyndicales», le gouvernement Charest «s'est lancé dans un pillage éhonté des droits que les Québécoises avaient chèrement acquis au fil des années». En agissant de la sorte, les libéraux vont à l'encontre des principes de l'Organisation internationale du travail et de nombreuses conventions internationales, a affirmé le président de la CSD.
Alors que la menace de disparition plane toujours sur le Conseil du statut de la femme, le mouvement des femmes exige le maintien des missions et objectifs des divers organismes gouvernementaux voués à la défense des droits des femmes. «Comment peut-on mettre en péril des organismes de défense et de promotion des droits des femmes quand les inégalités persistent encore partout?», s'interroge le président du Syndicat de la fonction publique du Québec Michel Sawyer.
Selon M. Sawyer, l'existence de ces organismes est encore aujourd'hui nécessaire, puisque «les violences envers les femmes augmentent et que les lobbies masculinistes attaquent avec de plus en plus de hargne les acquis des femmes, en polluant le coeur et l'esprit des gens».
La manifestation, dont la destination finale était les bureaux montréalais du premier ministre Jean Charest, s'est terminée avec le traditionnel So-So-So, solidarité, scandé en choeur par des milliers de voix. D'autres manifestations doivent avoir lieu le 14 avril, premier anniversaire de l'élection des libéraux, et le 1er mai, journée internationale des travailleurs.
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