Le retour de l'antistar
La petite MingXia tenait l’oscar de son papa, Denys Arcand, hier soir, à l’aéroport de Dorval. — Photo: Pascal Ratthé Le Devoir
«Tanné», Denys Arcand? Comme lors de son triomphe à la cérémonie des oscars, Denise Robert, lui a volé la vedette, mais cette fois en ne prononçant pas un traître mot. Pendant que le réalisateur des Invasions barbares enfilait les banalités, son épouse et productrice hochait la tête à répétition pour confirmer.
Oui, ils en ont assez — à part peut-être la fillette du couple, MingXia, qui posait fièrement avec la statuette dorée pour le bénéfice des caméras affolées, hier à l'arrivée de la famille à l'aéroport de Dorval. Assez de cette incursion mesurée dans l'univers factice de la célébrité. Assez des caméras qui les suivent pas à pas. Assez de tant d'attention pour leur personne, leurs projets et leurs émotions. Ils n'en demeurent pas moins heureux de cette aventure.
Gagnant de l'oscar du meilleur film en langue étrangère, du Prix du scénario à Cannes, de trois césars, de Jutra et d'une foule d'autres récompenses, Denys Arcand se demande s'il ne devrait pas prendre sa retraite comme les grands du hockey, Maurice Richard, Jean Béliveau et compagnie. Raccrocher ses patins en pleine gloire et ne pas avoir à subir l'affront d'une défaite, ou d'un échec. L'idée est séduisante, mais il blague. C'est ce que Denys Arcand a su faire de mieux, hier après être redescendu du nuage hollywoodien, où il a éprouvé l'intense plaisir d'admirer de ses yeux Charlize Theron, et d'être regardé en retour.
Le poids d'un oscar est-il difficile à porter?
«Ce n'est pas moi qui le porte. C'est ma fille», a-t-il lancé du tac-au-tac, pendant que MingXia tenait à deux mains le prix tant convoité, que Denys Arcand a arraché après deux infructueuses mises en nomination pour le Déclin de l'empire américain (1987) et Jésus de Montréal (1990).
«On a hâte que ça finisse un peu, a-t-il dit plus sérieusement au sujet de la cohue et des flashs en rafale. C'est pas une vie normale.»
L'homme qui n'avait plus rien à prouver à l'âge de 63 ans, le cinéaste qui a enfanté et laissé grandir ses Invasions sans se mettre de pression rêve déjà de se remettre au travail dès l'automne comme tout bon travailleur. Il n'a pas l'intention de quitter le Québec; sa vie, sa famille et son cinéma sont tous d'ici. Mais avant de se remettre à l'écriture, Arcand devra affronter un tapis rouge de plus, au Japon, pour la sortie asiatique des Invasions d'ici quelques semaines.
Au moment de mettre sous presse, ses considérations étaient d'ordre beaucoup plus pratiques. «Va falloir aller faire les commissions, parce qu'il n'y a plus rien à manger», disait-il à son épouse pendant que la presse pliait bagage.
Oui, ils en ont assez — à part peut-être la fillette du couple, MingXia, qui posait fièrement avec la statuette dorée pour le bénéfice des caméras affolées, hier à l'arrivée de la famille à l'aéroport de Dorval. Assez de cette incursion mesurée dans l'univers factice de la célébrité. Assez des caméras qui les suivent pas à pas. Assez de tant d'attention pour leur personne, leurs projets et leurs émotions. Ils n'en demeurent pas moins heureux de cette aventure.
Gagnant de l'oscar du meilleur film en langue étrangère, du Prix du scénario à Cannes, de trois césars, de Jutra et d'une foule d'autres récompenses, Denys Arcand se demande s'il ne devrait pas prendre sa retraite comme les grands du hockey, Maurice Richard, Jean Béliveau et compagnie. Raccrocher ses patins en pleine gloire et ne pas avoir à subir l'affront d'une défaite, ou d'un échec. L'idée est séduisante, mais il blague. C'est ce que Denys Arcand a su faire de mieux, hier après être redescendu du nuage hollywoodien, où il a éprouvé l'intense plaisir d'admirer de ses yeux Charlize Theron, et d'être regardé en retour.
Le poids d'un oscar est-il difficile à porter?
«Ce n'est pas moi qui le porte. C'est ma fille», a-t-il lancé du tac-au-tac, pendant que MingXia tenait à deux mains le prix tant convoité, que Denys Arcand a arraché après deux infructueuses mises en nomination pour le Déclin de l'empire américain (1987) et Jésus de Montréal (1990).
«On a hâte que ça finisse un peu, a-t-il dit plus sérieusement au sujet de la cohue et des flashs en rafale. C'est pas une vie normale.»
L'homme qui n'avait plus rien à prouver à l'âge de 63 ans, le cinéaste qui a enfanté et laissé grandir ses Invasions sans se mettre de pression rêve déjà de se remettre au travail dès l'automne comme tout bon travailleur. Il n'a pas l'intention de quitter le Québec; sa vie, sa famille et son cinéma sont tous d'ici. Mais avant de se remettre à l'écriture, Arcand devra affronter un tapis rouge de plus, au Japon, pour la sortie asiatique des Invasions d'ici quelques semaines.
Au moment de mettre sous presse, ses considérations étaient d'ordre beaucoup plus pratiques. «Va falloir aller faire les commissions, parce qu'il n'y a plus rien à manger», disait-il à son épouse pendant que la presse pliait bagage.
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