Lettres: Importante distinction
Hannes Jeremie - Montréal, le 1er mars 2004
5 mars 2004
Dans son article du 1er mars, Christian Rioux décrit la situation politique actuelle aux États Unis, laquelle est selon lui toujours très influencée par l'effet du 11 septembre 2001, ce qui est probablement vrai.
Cependant, je trouve que l'article ne fait pas une distinction suffisante entre la situation créée par la perception de ces attentats par le public américain et la véritable situation géopolitique globale. La perception est que le 12 septembre 2001, le peuple américain s'est réveillé pour constater qu'un empire diabolique de terroristes était né soudainement, dont les tentacules s'étendaient jusqu'au coeur même de l'Amérique et dont le seul but était de détruire la seule vraie nation démocratique de la Terre. Cette notion simpliste était une aubaine pour l'administration en place et celle-ci a tout fait pour l'entretenir sciemment.
Or, comme l'écrit John V. Whitbeck dans l'International Herald Tribune du 18 février dernier, le mot «terrorisme» ne peut pas être défini sans ambiguïté et tout le monde l'utilise comme bon lui semble, souvent pour des raisons qui tiennent de la pure propagande.
On a un peu l'impression que Christian Rioux, lui aussi, trouve que l'Amérique n'avait pas d'autre choix que de répondre aux attentats du 11 septembre 2001 par l'invasion de l'Irak.
Il est en effet navrant de constater que le candidat Howard Dean n'a pas réussi à mieux expliquer sa remarque parfaitement juste selon laquelle le monde n'est pas devenu plus sûr après l'occupation de Bagdad et ses environs car ceci, au fond, était le noeud du problème.
[...] La colère du monde musulman aurait été sûrement moins grande s'il n'avait pas constaté le «deux poids, deux mesures» du monde occidental face au problème qui oppose Israël aux Palestiniens.
Le réchauffement du climat, le trafic d'armes, la surpopulation, l'empoisonnement systématique de l'environnement, le pillage des ressources, etc., sont des problèmes autrement plus sérieux, qu'on ne peut pas résoudre par des frappes préventives, et l'humanité ferait mieux d'y prêter autant d'attention qu'au terrorisme.
Cependant, je trouve que l'article ne fait pas une distinction suffisante entre la situation créée par la perception de ces attentats par le public américain et la véritable situation géopolitique globale. La perception est que le 12 septembre 2001, le peuple américain s'est réveillé pour constater qu'un empire diabolique de terroristes était né soudainement, dont les tentacules s'étendaient jusqu'au coeur même de l'Amérique et dont le seul but était de détruire la seule vraie nation démocratique de la Terre. Cette notion simpliste était une aubaine pour l'administration en place et celle-ci a tout fait pour l'entretenir sciemment.
Or, comme l'écrit John V. Whitbeck dans l'International Herald Tribune du 18 février dernier, le mot «terrorisme» ne peut pas être défini sans ambiguïté et tout le monde l'utilise comme bon lui semble, souvent pour des raisons qui tiennent de la pure propagande.
On a un peu l'impression que Christian Rioux, lui aussi, trouve que l'Amérique n'avait pas d'autre choix que de répondre aux attentats du 11 septembre 2001 par l'invasion de l'Irak.
Il est en effet navrant de constater que le candidat Howard Dean n'a pas réussi à mieux expliquer sa remarque parfaitement juste selon laquelle le monde n'est pas devenu plus sûr après l'occupation de Bagdad et ses environs car ceci, au fond, était le noeud du problème.
[...] La colère du monde musulman aurait été sûrement moins grande s'il n'avait pas constaté le «deux poids, deux mesures» du monde occidental face au problème qui oppose Israël aux Palestiniens.
Le réchauffement du climat, le trafic d'armes, la surpopulation, l'empoisonnement systématique de l'environnement, le pillage des ressources, etc., sont des problèmes autrement plus sérieux, qu'on ne peut pas résoudre par des frappes préventives, et l'humanité ferait mieux d'y prêter autant d'attention qu'au terrorisme.
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