La moitié des jeunes médecins iront en région
Isabelle Paré
4 mars 2004
Après 20 ans de mesures au succès mitigé, Québec vient de conclure avec les médecins spécialistes une entente historique qui, dès cette année, doublera le nombre de jeunes spécialistes qui s'installeront en région éloignée et ira jusqu'à imposer des pénalités aux hôpitaux délinquants qui oseront contrevenir aux plans d'effectifs.
Comme Le Devoir le dévoilait la semaine dernière, la nouvelle entente conclue entre le ministère de la Santé et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) sur les plans d'effectifs médicaux aura pour effet d'accroître de 20 à 45 %, voire à plus de 50 % dans certaines spécialités, le nombre de finissants qui devront aller travailler en région éloignée ou intermédiaire.
Par contre, l'arrivée de nouveaux spécialistes dans les régions universitaires comme Montréal et Québec sera plafonnée au même niveau que celui de l'année dernière, voire réduite dans certaines spécialités comme la psychiatrie, où même les départs à la retraite ne feront pas l'objet de remplacements.
Pour s'assurer que ces plans soient respectés à la lettre, l'entente prévoit même que les hôpitaux qui embaucheront des spécialistes en sus des plans d'effectifs seront frappés d'une amende équivalente au montant du salaire versé au médecin.
«En psychiatrie, près des deux tiers des médecins pratiquent en milieu universitaire, ce qui cause d'importants problèmes d'accès en région. Le déséquilibre était flagrant, il fallait agir», a tranché hier le ministre de la Santé, Philippe Couillard.
Celui-ci a affirmé que ces nouveaux plans sont la preuve qu'il existe désormais une «véritable stratégie à long terme» pour pallier le manque d'effectifs médicaux au Québec, trop souvent géré «par un enchaînement de décisions ponctuelles et de gestion de crise». La pénurie actuelle découle d'ailleurs des «décisions malheureuses» prises par le gouvernement précédent, n'a-t-il pas manqué de rappeler.
En effet, le ministre a convenu qu'il avait à gérer la rareté cette année puisque seulement 270 finissants en médecine spécialisée viendront s'ajouter aux effectifs, soit une des plus petites cohortes depuis 1994-95, et ce, en raison des réductions imposées aux admissions en médecine à cette époque. On s'attend à une baisse des cohortes pour encore deux années.
Pour la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui avait décrété la guerre contre les mesures coercitives que le gouvernement péquiste voulait lui imposer l'an dernier, il s'agit d'une entente pleinement satisfaisante, obtenue à force de partenariat et d'un «travail colossal». «On sait très bien que le résultat ne satisfera pas entièrement ni les médecins spécialisés isolés dans leur milieu ni la population. Il manque 1000 médecins dans 34 disciplines. Nous avons donc priorisé les priorités», a indiqué le Dr Dugré, qui s'attend à un ressac dans certains cercles médicaux.
Le ministre Couillard a reconnu faire un «choix politique» en favorisant nettement les régions cette année et a battu en brèche la position de certains jeunes médecins qui estiment être les seuls, dans le cadre de cette entente, à devoir «se sacrifier» pour donner des services en région.
«Il faut faire attention à ce discours. J'ai de la difficulté à ce qu'on dise qu'aller travailler en région à 250 000 $ ou 300 000 $ par année est une pénalité», a tranché le ministre Couillard hier, perdant son calme légendaire pendant quelques secondes. «Nommez-moi une seule profession où les finissants ne doivent pas aller là où les postes sont disponibles», a-t-il insisté.
En effet, bien des résidents pourraient devoir réviser leur plan de carrière cette année. En psychiatrie, les plans prévoient que 67 % des finissants s'installeront en région, comparativement à 22 % l'an dernier. En anesthésiologie, où seulement 19 % des finissants faisaient le choix d'aller en région, ce sera désormais le cas de 56 % d'entre eux. Le taux d'installation en région devrait atteindre les 60 % en cardiologie, 49 % en hématologie et 56 % en urologie.
Depuis 1984, les jeunes médecins étaient soumis à un décret prévoyant une rémunération différenciée pour inciter à la pratique en région éloignée. Mais depuis 20 ans, ces mesures n'ont eu que des effets mitigés, souvent temporaires. En médecine spécialisée, les plans d'effectifs dressés par le passé étaient peu respectés, a reconnu le ministre Couillard hier.
«La garantie que je peux donner aux gens des régions, c'est que les plans seront gérés de façon très stricte. Pour s'installer dans une région, le médecin devra avoir l'autorisation de la région et de l'établissement», a-t-il promis.
Comme Le Devoir le dévoilait la semaine dernière, la nouvelle entente conclue entre le ministère de la Santé et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) sur les plans d'effectifs médicaux aura pour effet d'accroître de 20 à 45 %, voire à plus de 50 % dans certaines spécialités, le nombre de finissants qui devront aller travailler en région éloignée ou intermédiaire.
Par contre, l'arrivée de nouveaux spécialistes dans les régions universitaires comme Montréal et Québec sera plafonnée au même niveau que celui de l'année dernière, voire réduite dans certaines spécialités comme la psychiatrie, où même les départs à la retraite ne feront pas l'objet de remplacements.
Pour s'assurer que ces plans soient respectés à la lettre, l'entente prévoit même que les hôpitaux qui embaucheront des spécialistes en sus des plans d'effectifs seront frappés d'une amende équivalente au montant du salaire versé au médecin.
«En psychiatrie, près des deux tiers des médecins pratiquent en milieu universitaire, ce qui cause d'importants problèmes d'accès en région. Le déséquilibre était flagrant, il fallait agir», a tranché hier le ministre de la Santé, Philippe Couillard.
Celui-ci a affirmé que ces nouveaux plans sont la preuve qu'il existe désormais une «véritable stratégie à long terme» pour pallier le manque d'effectifs médicaux au Québec, trop souvent géré «par un enchaînement de décisions ponctuelles et de gestion de crise». La pénurie actuelle découle d'ailleurs des «décisions malheureuses» prises par le gouvernement précédent, n'a-t-il pas manqué de rappeler.
En effet, le ministre a convenu qu'il avait à gérer la rareté cette année puisque seulement 270 finissants en médecine spécialisée viendront s'ajouter aux effectifs, soit une des plus petites cohortes depuis 1994-95, et ce, en raison des réductions imposées aux admissions en médecine à cette époque. On s'attend à une baisse des cohortes pour encore deux années.
Pour la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui avait décrété la guerre contre les mesures coercitives que le gouvernement péquiste voulait lui imposer l'an dernier, il s'agit d'une entente pleinement satisfaisante, obtenue à force de partenariat et d'un «travail colossal». «On sait très bien que le résultat ne satisfera pas entièrement ni les médecins spécialisés isolés dans leur milieu ni la population. Il manque 1000 médecins dans 34 disciplines. Nous avons donc priorisé les priorités», a indiqué le Dr Dugré, qui s'attend à un ressac dans certains cercles médicaux.
Le ministre Couillard a reconnu faire un «choix politique» en favorisant nettement les régions cette année et a battu en brèche la position de certains jeunes médecins qui estiment être les seuls, dans le cadre de cette entente, à devoir «se sacrifier» pour donner des services en région.
«Il faut faire attention à ce discours. J'ai de la difficulté à ce qu'on dise qu'aller travailler en région à 250 000 $ ou 300 000 $ par année est une pénalité», a tranché le ministre Couillard hier, perdant son calme légendaire pendant quelques secondes. «Nommez-moi une seule profession où les finissants ne doivent pas aller là où les postes sont disponibles», a-t-il insisté.
En effet, bien des résidents pourraient devoir réviser leur plan de carrière cette année. En psychiatrie, les plans prévoient que 67 % des finissants s'installeront en région, comparativement à 22 % l'an dernier. En anesthésiologie, où seulement 19 % des finissants faisaient le choix d'aller en région, ce sera désormais le cas de 56 % d'entre eux. Le taux d'installation en région devrait atteindre les 60 % en cardiologie, 49 % en hématologie et 56 % en urologie.
Depuis 1984, les jeunes médecins étaient soumis à un décret prévoyant une rémunération différenciée pour inciter à la pratique en région éloignée. Mais depuis 20 ans, ces mesures n'ont eu que des effets mitigés, souvent temporaires. En médecine spécialisée, les plans d'effectifs dressés par le passé étaient peu respectés, a reconnu le ministre Couillard hier.
«La garantie que je peux donner aux gens des régions, c'est que les plans seront gérés de façon très stricte. Pour s'installer dans une région, le médecin devra avoir l'autorisation de la région et de l'établissement», a-t-il promis.
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