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Lettre : Une passion médiévale

Claude Rompré - Shawinigan, le 27 février 2004  3 mars 2004 
Pendant des siècles, l'Église catholique a mis l'accent sur les souffrances terribles qu'a endurées Jésus pour le rachat de l'humanité pécheresse. Il en a résulté une énorme culpabilisation de l'humanité devant un déicide qui a bien servi l'emprise de l'Église sur les peuples chrétiens et qui a stigmatisé les juifs, par lesquels le crime aurait été commis. La Passion de Mel Gibson va dans ce sens. Le film s'ouvre sur la prophétie d'Isaïe, qui donne le ton aux deux heures qui vont suivre.

En insistant sur le fait que Mel Gibson serait un catholique traditionaliste et un fondamentaliste, les médias et les critiques lui confèrent une sorte d'autorité sur le sens qu'il faudrait donner à la mise à mort de Jésus de Nazareth.

Or Mel Gibson nous retourne directement à la conception médiévale de la Passion: un crime d'une cruauté qui dépasse l'entendement, commis contre l'Homme-Dieu et dont les juifs de l'époque seraient grandement responsables. Pas surprenant que le film soulève la controverse. Mais il détourne avant tout l'attention du vrai sens de la Passion.

Le point central de la mission divine, faut-il le rappeler, ce n'est pas la Passion de Jésus, c'est sa Résurrection. [...] Oui, il fallait que Jésus meure pour qu'il ressuscite. S'il était mort de façon anonyme [...], il aurait été difficile pour ses disciples de convaincre leurs contemporains et les générations suivantes de sa résurrection. Il fallait donc que la mort de Jésus soit éminemment publique pour qu'il n'y ait aucun doute sur sa réalité. Or quoi de plus public, en ce temps-là, qu'une exécution officielle sanctionnée par la puissance occupante, en l'occurrence Rome? [...]

Ce qui est important, et cela est difficile à voir dans le film de Gibson, c'est que Jésus est venu sur Terre pour une seule raison qui s'appelle Pâques. Il est venu nous dire de Lui faire confiance jusqu'au-delà de la mort. Parce qu'il y a la Résurrection.
 
 
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