Lettre : Préjugés et sexisme
Chantal Théry - Québec, le 27 février 2004
3 mars 2004
À la suite des propos tenus à l'endroit de Myriam Bédard par Jean Pelletier, ex-président de Via Rail, j'aimerais apporter l'éclairage suivant. Il y a 20 ans, M. Pelletier, alors maire de Québec, avait tenu devant les membres du Comité de défense de la garderie coopérative du quartier Saint-Jean-Baptiste, qui lui présentaient une demande de subvention dans le cadre du PAQ (Projet tripartite — municipal, provincial et fédéral — d'aménagement de quartier) des propos du même ordre, empreints de préjugés anciens et de sexisme manifeste, que ceux qu'il a utilisés pour discréditer Mme Bédard: seules les femmes monoparentales ou divorcées et pauvres ont besoin de garderies. Les autres femmes (comme la sienne, s'était-il empressé d'ajouter) s'occupent tranquillement de leurs enfants chez elles.
Dans un premier temps, notre demande de subvention n'a pas été jugée recevable par le «palier» municipal. Heureusement, il y avait notre détermination et les deux autres ordres de gouvernement.
À l'évidence, les propos tenus par Jean Pelletier à l'endroit de Myriam Bédard révèlent les choses suivantes.
— Son mépris à l'encontre non seulement d'une femme en particulier ici mais de toutes les femmes en général est foncièrement ancré depuis longtemps et ses excuses ne sont plus acceptables.
— L'argument qu'il a utilisé pour discréditer Mme Bédard, réflexe idéologique spontané, on l'a vu, en dit long sur son malaise, sa peur d'affronter ses responsabilités, son souci de protéger ses acolytes, son refus de la transparence. Quand on est dans l'eau bouillante, quand la menace pèse, tous les moyens et les boucs émissaires paraissent bons.
Ces propos et de tels comportements — je ne puis m'empêcher de penser aux propos d'un certain juge «malvenu» — sont intolérables de la part de n'importe qui et, plus encore, d'un haut responsable au service d'une société d'État. Les excuses de M. Pelletier ne devraient tromper personne: sa mauvaise foi est indéniable. Le scandale des commandites est sous-tendu par un refus: celui de l'impunité qui protégerait l'exercice malhonnête du pouvoir, le favoritisme, la désinvolture hautaine, la morgue, le mépris des contribuables et des citoyens dits ordinaires ainsi que le sexisme. On a la preuve, à la veille du 8 mars, que ce n'est surtout pas le temps d'abolir le Conseil du statut de la femme. [...]
Dans un premier temps, notre demande de subvention n'a pas été jugée recevable par le «palier» municipal. Heureusement, il y avait notre détermination et les deux autres ordres de gouvernement.
À l'évidence, les propos tenus par Jean Pelletier à l'endroit de Myriam Bédard révèlent les choses suivantes.
— Son mépris à l'encontre non seulement d'une femme en particulier ici mais de toutes les femmes en général est foncièrement ancré depuis longtemps et ses excuses ne sont plus acceptables.
— L'argument qu'il a utilisé pour discréditer Mme Bédard, réflexe idéologique spontané, on l'a vu, en dit long sur son malaise, sa peur d'affronter ses responsabilités, son souci de protéger ses acolytes, son refus de la transparence. Quand on est dans l'eau bouillante, quand la menace pèse, tous les moyens et les boucs émissaires paraissent bons.
Ces propos et de tels comportements — je ne puis m'empêcher de penser aux propos d'un certain juge «malvenu» — sont intolérables de la part de n'importe qui et, plus encore, d'un haut responsable au service d'une société d'État. Les excuses de M. Pelletier ne devraient tromper personne: sa mauvaise foi est indéniable. Le scandale des commandites est sous-tendu par un refus: celui de l'impunité qui protégerait l'exercice malhonnête du pouvoir, le favoritisme, la désinvolture hautaine, la morgue, le mépris des contribuables et des citoyens dits ordinaires ainsi que le sexisme. On a la preuve, à la veille du 8 mars, que ce n'est surtout pas le temps d'abolir le Conseil du statut de la femme. [...]
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