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Beau travail !

Jean-Robert Sansfaçon   3 mars 2004 
Les sceptiques sont confondus: après un procès qui a duré une année, le jury a rendu un verdict de culpabilité pour 26 des 27 accusations portées contre neuf dirigeants du groupe de motards criminels le mieux organisé. Du bon travail de la part du jury, du juge Pierre Béliveau, de l'équipe de procureurs de la Couronne et, bien sûr, de la brigade policière qui est parvenue à réunir suffisamment d'éléments de preuve pour faire condamner ces bandits.

Il n'y a pas si longtemps, Maurice «Mom» Boucher descendait les marches du palais de justice le sourire aux lèvres, bravant la terre entière après avoir été libéré de l'accusation du meurtre de deux gardiens de prison. Chef incontesté des Nomads, ce groupe d'élite des Hells Angels, Boucher se croyait plus fort que le système, qu'il n'hésitait pas à braver. Depuis ce temps, Boucher a subi un nouveau procès, à l'issue duquel il a été condamné à 25 années de réclusion fermes. Le genre de peine qui vous enlève pour toujours le goût de faire le singe devant les caméras!

Entre-temps, plusieurs motards ont reconnu leur culpabilité à diverses accusations et purgent actuellement leur peine, alors que d'autres ont dû subir un procès, dont celui qui vient de se terminer par un jugement de culpabilité pour complicité de meurtre, trafic de stupéfiants et gangstérisme rendu contre neuf d'entre eux, un seul ayant échappé à la première accusation.

On peut tirer des conclusions de ce procès, dont celle de la capacité de notre système judiciaire de venir à bout des bandes criminelles les mieux organisées, faute de mettre fin au crime organisé lui-même, du jour où la volonté politique se manifeste. Ce qui fut le cas à partir du moment où, tant à Ottawa qu'à Québec, les élus ont compris qu'une fraction significative de la population s'impatientait au point de croire que les politiciens avaient eux-mêmes peur de ces criminels. On a donc décidé de faire du gangstérisme un crime, de donner les moyens nécessaires aux forces policières pour mener leurs enquêtes et de constituer une équipe de procureurs dédiée aux procès des motards.

Les résultats sont là: après plusieurs mois d'enquête, les policiers ont rassemblé une preuve abondante dont la Couronne a su se servir habilement pour convaincre le jury. Quant au juge Béliveau, c'est d'une main de maître qu'il a conduit le procès à bon port, et ce, malgré les écarts de conduite et les tentatives répétées de la part de la défense pour faire dérailler les procédures.

Ce procès, on s'en souvient, était la reprise d'un premier procès avorté à cause du retrait du juge Jean-Guy Boilard. L'échec avait suscité bien des doutes quant à la pertinence de tels mégaprocès. Ce qui vient de se passer montre bien que, malgré les obstacles, il est possible de mener de tels procès à terme quand les acteurs en présence font preuve de compétence et disposent des ressources nécessaires, et ce, dans le plus grand intérêt de la justice.

jrsansfacon@ledevoir.ca
 
 
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  • GJacques - Abonné
    3 mars 2004 10 h 37
    Chapeau à tous les participants
    Ça redonne confiance au système. Le juge, les procureur(e)s de la couronne, les policiers et même la défense avec ses élucubrations ont fait de ce procès un succès.

    Autant l'attitude du juge Boislard m'avait découragé, j'étais même certain que le tout aboutierais à un désastre, la patience et la persévérance de tous les participants ont eu raison du crime organisé.

    Bravo!
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  • Denis Beaudin - Inscrit
    4 mars 2004 02 h 22
    L'envers de la médaille
    La toge des disciples de Thémis se sera salie encore plus lors de ce méga procès qui m'aura permis de me dégoûter de ces bouffons en robes noires dont la couleur ne m'a inspiré que le deuil de cette profession dont tous les clichés de mauvaise réputation viennent blinder "la preuve" déjà assez lourde sur les aspects lugubres, dégradants et peu enviables de la profession d'avocat.

    Ce cirque de banditisme en robe noire me fait comprendre encore plus le proverbe "Qui se rassemble, s'assemble". Même un de leurs "nobles confrères" a été arrêté et fait l'objet des médias. D'autres traînent des squelettes notoires derrière eux, dont les manifestations "procédurales" ne sont que les symptômes.

    Cette formule des méga-procès, malgré son "chanceux" dénouement, je n'y crois pas,
    trop à la merci des déraillements de quelques "mafieux" en toge, dont la moralité n'a vraiment rien à voir avec le légal... qui a le dos large.
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