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Le chef est là!

Christophe Huss   2 mars 2004 
Le nouveau directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, est arrivé hier soir à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau en vue de sa nomination officielle ce matin. À gauche du chef se trouvent Madeleine Carea
Photo : Jacques Grenier
Le nouveau directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, est arrivé hier soir à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau en vue de sa nomination officielle ce matin. À gauche du chef se trouvent Madeleine Carea
Avec à son bord Kent Nagano, le vol AC 798 en provenance de Los Angeles a atterri hier soir à 17h53 à l'aéroport de Dorval. Futur acteur principal de la scène musicale québécoise, le chef d'orchestre sera nommé officiellement aujourd'hui directeur musical de l'Orchestre symphonique de Montréal. Hier en après-midi, la direction de l'OSM avait convié les médias à une conférence de presse ce matin, en vue de présenter son nouveau directeur musical. Cette annonce officielle, qui doit être faite à 10h30 aujourd'hui, mettra fin à un long suspense déclenché par le départ-surprise de Charles Dutoit en avril 2002.

Kent Nagano, entre deux représentations à l'opéra de Los Angeles — une Madame Butterfly qu'il a dirigée dimanche et une Femme sans ombre, demain — était attendu à l'aéroport par Madeleine Careau, directrice générale de l'OSM et Paul Fortin, directeur des opérations artistiques.

Le Devoir l'y attendait calmement tandis qu'une équipe de Radio-Canada, venue accueillir un journaliste de retour d'Haïti, fonçait recueillir ce scoop inespéré qui défilait devant ses yeux. Kent Nagano ne s'attendait ni aux flashs des photographes ni aux micros des journalistes. Entouré prestement par le comité d'accueil de l'OSM, il a refusé de se plier à l'exercice médiatique, sauf à la question d'un reporter qui lui a demandé s'il aimait la neige. Il a répondu par l'affirmative sans en dire davantage. Pour les commentaires substantiels, on attendra donc aujourd'hui. L'homme paraît modeste, presque intimidé, comme s'il n'imaginait pas qu'un chef d'orchestre puisse attirer ainsi l'attention.

En tout cas, Kent Nagano sourit comme si, au fond, la situation l'amusait, ce qui n'est pas le cas de la direction de l'OSM, visiblement contrariée. Rappelons que Le Devoir a annoncé en primeur la semaine dernière la venue de M. Nagano à la direction de l'orchestre.

Kent Nagano sera donc le huitième directeur musical de l'OSM, après Wilfrid Pelletier (1935-1940), Désiré Defauw (1940-1957), Igor Markevitch (1957-1961), Zubin Mehta (1961-1967), Franz-Paul Decker (1967-1975), Rafael Frühbeck de Burgos (1975-1976) et Charles Dutoit (1977-2002). Tel que Le Devoir l'avait annoncé, l'heureux élu prendra ses fonctions lors de la saison 2006-07. Cette arrivée concrète dans plus de deux ans et demi soulève évidemment le problème des saisons 2004-05 et 2005-06.

Un chef de renom

Le choix de l'OSM est donc celui de s'octroyer les services d'un chef de grand renom international, dont le nom apparaît parmi les personnalités pressenties dès qu'un poste prestigieux se libère quelque part. Pas plus tard que la semaine dernière encore, alors que, d'après nos informations, le contrat était déjà signé avec l'OSM, on l'annonçait comme successeur potentiel de Daniel Barenboïm à Chicago. Ce poste, pour lequel Esa-Pekka Salonen, Michael Tilson-Thomas et David Robertson sont présentés dans le milieu musical comme des prétendants principaux, est, devant Pittsburgh et Dallas, celui dont l'attribution devient aujourd'hui la plus surveillée par les observateurs.

Kent Nagano conduira en parallèle, à partir de 2006, les opéras de Los Angeles et de Munich, son orchestre de Berkeley qu'il n'a jamais abandonné et l'OSM. Le fait d'être «l'orchestre de Kent Nagano» favorisera sans doute l'exposition médiatique internationale de l'OSM, en chute libre depuis deux ans.

Musicien intègre, Nagano est fidèle et très impliqué dans la vie des orchestres qu'il dirige. Connaissant ses habitudes, sa présence à temps «partiel», en tout cas nettement moindre que celle de Charles Dutoit, ne signifiera pas pour autant qu'il sera absent du développement artistique de la phalange montréalaise.

Kent Nagano, né à Berkeley en 1951, a été jusqu'ici directeur musical du Hallé Orchestra de Manchester de 1991 à 2000, de l'Opéra de Lyon de 1989 à 1999 et du Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin (2000-2006). Il y a trois ans, au point culminant des remous qui ont agité la scène musicale berlinoise, il avait été présenté comme le futur directeur de l'Opéra d'État de Berlin, ce qui aurait fait de lui, aux côtés de Simon Rattle et Daniel Barenboïm, et même avant eux, l'acteur majeur de la musique à Berlin. Cela ne s'est pas fait et Nagano a trouvé, s'agissant de l'opéra, deux ports d'attache rêvés: Munich, à partir de 2006, où il fera tandem avec l'intendant Christoph Albrecht et Los Angeles, où il travaille avec Placido Domingo, directeur du lieu. Espérons que Montréal répondra à ses attentes sur le plan orchestral.






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Vos réactions

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  • jf leduc
    Inscrit
    mardi 2 mars 2004 07h15
    Nagano?
    « Nagano... C'est pas là les jeux Olympiques?

    De toute manières, je continue de croire qu'André Rieux aurait été un bien meilleur choix... »

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