Lettres: Les journalistes et le jeu des porte-parole
Denis Laberge - La Pocatière, 23 février 2004
7 avril 2010 09h38
Qu’est-ce qu’un porte-parole? Il s’agit d’une personne qui, s’exprimant au nom d’un groupe, est prête à mentir (ou à tricher) pour faire valoir et défendre la «juste cause» et les «intérêts légitimes» du groupe qu’elle défend.
Et qu’est-ce qu’un menteur (ou un tricheur)? Il s’agit simplement du porte-parole d’un autre groupe!
Aujourd’hui, c’est sur cette base, acceptée et même institutionnalisée, que se fait généralement l’information dans nos médias. Et tous les médias jouent le jeu, eux qui consentent à tour de rôle d’être les porte-voix de tous les porte-parole que nous font entendre ad nauseam leur litanie de complaintes, d’exagérations, de semi-vérités et de mensonges. D’ailleurs, à chaque fois, je suis ulcéré de constater à quel point tous nos médias, aussi bien aux nouvelles que dans les émissions d’affaires publiques, sont accessibles à nos désinformateurs professionnels. Toujours les mêmes d’ailleurs. À ce jeu de chaises musicales savamment orchestré, on n’apprend ni ne comprend plus rien!
Est-il par exemple surprenant et nécessaire de savoir aux nouvelles que M. Taillon (CPQ) et Mme Charbonneau (CSN) sont respectivement pour et contre les modifications à l’article 45 du Code du travail? C’est plutôt l’inverse qui serait une nouvelle! Aurait-on idée de demander à Claude Julien, aux nouvelles, s’il pense que son équipe va bien jouer et gagner, ce soir, contre Toronto?
Pour changer la donne et sortir de ce cercle vicieux, les journalistes et les médias devront cesser de jouer à l’autruche, de s’agenouiller devant les sacro-saints porte-parole qui se poussent à leur porte et dont ils sont trop souvent dépendants, pour plutôt fouiller l’information, sortir des sentiers déjà battus, départager la propagande de la nouvelle, diffuser les faits, informer correctement et là vraiment nous aider à saisir et à mieux comprendre les différents enjeux de notre société. Et si les journalistes n’ont plus le temps d’approfondir leurs dossiers et de préparer de vraies émissions d’information, cessons donc de les appeler «journalistes» et faisons-en plutôt des «porte-parole»!
Et qu’est-ce qu’un menteur (ou un tricheur)? Il s’agit simplement du porte-parole d’un autre groupe!
Aujourd’hui, c’est sur cette base, acceptée et même institutionnalisée, que se fait généralement l’information dans nos médias. Et tous les médias jouent le jeu, eux qui consentent à tour de rôle d’être les porte-voix de tous les porte-parole que nous font entendre ad nauseam leur litanie de complaintes, d’exagérations, de semi-vérités et de mensonges. D’ailleurs, à chaque fois, je suis ulcéré de constater à quel point tous nos médias, aussi bien aux nouvelles que dans les émissions d’affaires publiques, sont accessibles à nos désinformateurs professionnels. Toujours les mêmes d’ailleurs. À ce jeu de chaises musicales savamment orchestré, on n’apprend ni ne comprend plus rien!
Est-il par exemple surprenant et nécessaire de savoir aux nouvelles que M. Taillon (CPQ) et Mme Charbonneau (CSN) sont respectivement pour et contre les modifications à l’article 45 du Code du travail? C’est plutôt l’inverse qui serait une nouvelle! Aurait-on idée de demander à Claude Julien, aux nouvelles, s’il pense que son équipe va bien jouer et gagner, ce soir, contre Toronto?
Pour changer la donne et sortir de ce cercle vicieux, les journalistes et les médias devront cesser de jouer à l’autruche, de s’agenouiller devant les sacro-saints porte-parole qui se poussent à leur porte et dont ils sont trop souvent dépendants, pour plutôt fouiller l’information, sortir des sentiers déjà battus, départager la propagande de la nouvelle, diffuser les faits, informer correctement et là vraiment nous aider à saisir et à mieux comprendre les différents enjeux de notre société. Et si les journalistes n’ont plus le temps d’approfondir leurs dossiers et de préparer de vraies émissions d’information, cessons donc de les appeler «journalistes» et faisons-en plutôt des «porte-parole»!
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