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Lettres: Tous à l'assaut des lieux publics pour défendre le FIND!

François Roberge - Montréal, février 2004  16 février 2004 
Chantal Pontbriand et son équipe du Festival international de nouvelles danses (FIND) méritent que la population et le gouvernement de Jean Charest les écoutent.

Pour ce faire, le milieu de la danse contemporaine — chorégraphes, interprètes, étudiants et étudiantes — doit d'abord provoquer le débat. Comment? En investissant ce terrain où il a droit de cité: les lieux publics. Dès lors, l'art qu'est la danse contemporaine gagnera le respect qui lui est dû et, partant, ressuscitera l'intérêt pour la population québécoise d'avoir dans sa métropole cet événement des plus avant-gardistes. Si, découragés, Mme Pontbriand et ses pairs sont sur le point de jeter l'éponge dans leur combat pour le retour du FIND, voici des idées que je leur propose en guise de moyens de pression.

Les ex-interprètes du Festival, de même que celles et ceux qui souhaitaient y participer, devraient offrir quelques performances gratuites au public. À l'instar d'autres artistes considérés comme amuseurs publics, tels que musiciens du métro et autres saltimbanques de la rue Prince-Arthur ou de la place Jacques-Cartier, par exemple, il leur faut capter l'attention des passantes et passants pris par surprise, mais certes curieux. Les lieux de rencontre très fréquentés dans les universités — par exemple, la place centrale du Pavillon Judith-Jasmin de l'UQAM — devraient également faire partie de leurs «tribunes». D'une pierre deux coups, ces artistes se feraient connaître en tant que tels et populariseraient leur art — trop souvent confiné aux salles de spectacles (contrairement à la musique populaire, accessible partout) et absent des réseaux de télévision privés. Pendant ce temps, le personnel du FIND distribuerait des tracts ou ferait signer des pétitions.

Qui plus est, ces mêmes interprètes pourraient s'associer aux altermondialistes ou à n'importe quel groupe de pression sensible à leur cause. Dans les présentes manifestations contre le gouvernement libéral, comme celle dénonçant la centrale thermique du Suroît, il est toujours agréable de voir des artistes à l'oeuvre. Les organisateurs de ce type de rassemblements pacifiques contestataires devraient offrir leur scène aux interprètes de danse contemporaine, comme ils l'ont fait pour les Cowboys fringants le 1er février. Ces mêmes artistes devraient, en outre, recevoir des invitations du personnel des centres de la petite enfance, par exemple, dans l'éventualité de moyens de pression pour des salaires plus dignes. Par conséquent, le soutien du milieu de la danse contemporaine aux causes impliquant des groupes de citoyennes et citoyens victimes d'injustice y trouvera des échos et sera réciproque. J'en suis certain.

Et pourquoi pas une performance chorégraphique devant les bureaux de Line Courchesne, la ministre de la Culture? Ainsi, les dignes élèves des José Navas, Pierre-Paul Savoie, Ginette Laurin et autre Édouard Lock (pour ne nommer que ceux-là) lui rappelleront l'existence de cet art et l'importance du FIND dans le rayonnement international du Québec. Bref, se faire voir dans le plus d'endroits et de manifestations possible pour se faire entendre. Rappeler que la danse contemporaine est une discipline artistique accessible et qui mérite, comme le jazz, le cinéma ou l'humour, son festival.
 
 
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