Avis aux nostalgiques : le Québec et le Canada changent!

Jean-Marc Fournier
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Jean-Marc Fournier

L’auteur réagit notamment à l’article « Le retour du mouton » (Le Devoir, ce mardi 10 mai 2016) du chroniqueur Michel David.

 

Cher M. David,

 

Le mouton ne reviendra pas. Le Québec a changé. La grande majorité des jeunes anglophones parlent français. Quatre-vingt-cinq pour cent des nouveaux arrivants connaissent le français à l’arrivée ou l’apprennent. Avec le passage de la seconde génération dans nos écoles, tous convergeront vers notre langue commune, le français.

 

Cette transformation fondamentale, au Québec, se produit alors que les gestes d’accueil et d’acceptation du français se multiplient au Canada. On ne peut nier cette évolution favorable au français.

 

Nous sommes plusieurs à croire que l’identité québécoise permet une appartenance canadienne et qu’une résonance accrue de notre langue au Canada peut y contribuer. L’évolution du nombre de classes d’immersion, le désir d’augmenter le nombre d’immigrants qui parlent français et l’offre active de services en français sont autant de signes concrets d’une meilleure acceptation du français dans le reste du pays.

 

Dans ce contexte de changement, les sondeurs répètent que 75 % des Québécois, à divers degrés, déclarent ressentir une appartenance canadienne. Pour plusieurs, tout comme moi, nous sommes québécois, et c’est notre façon d’être canadiens.

 

Évidemment, si on ne veut rien savoir du Canada, c’est autre chose. On peut fermer les lumières, ne se souvenir que des grandes batailles et, à chaque geste portant atteinte au français, oublier le progrès et tirer une conclusion de rejet total. La suite est connue : il suffit alors d’une phrase pour qualifier ceux et celles qui ne pensent pas comme eux de « Canadiens français du temps des parades » et de les faire passer pour de moins bons Québécois. Rien de tout cela ne sert valablement notre langue. Cela ne sert qu’à diviser. Au cours des 50 dernières années, il y a eu une transformation fondamentale du Québec et une évolution certaine du Canada.

 

Le Québec et le Canada changent. Nous avons assuré la présence du français au Québec. Les communautés francophones et acadiennes ont su faire de même à l’extérieur des frontières du Québec. De nombreux anglophones, dont ces parents qui ne parlent pas français et qui inscrivent néanmoins leurs enfants en classes d’immersion française, portent le message de légitimité du français. Aujourd’hui, on peut souhaiter que, au Québec et au Canada, on choisisse d’être ensemble pour le français. Je rejette la division et ne veux rien savoir du retour du mouton. Je travaille à ce que nous soyons ensemble pour le français. Et je le fais comme Québécois à part entière.

 

Réponse du chroniqueur


Cher M. Fournier,

 

Je connais le sentiment affectueux que vous éprouvez pour le Canada, qui vous le rend d’ailleurs très mal. Votre patience dans la contemplation de ce fruit qui refuse obstinément de mûrir force l’admiration. J’ai toutefois du mal à concilier le jovialisme de votre diagnostic sur l’état de santé du français avec la baisse constante de la proportion de francophones dans toutes les provinces, y compris le Québec. Je suis heureux d’apprendre que vous avez noté « la transformation fondamentale du Québec » et « l’évolution certaine du Canada » au cours du dernier demi-siècle. Jusqu’à ce que je lise votre lettre, cela ne m’était pas apparu évident.

48 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 13 mai 2016 05 h 27

    C'est la vie!

    Certains nationalistes, tel le chroniqueur David, seront toujours des nostalgiques du temps des Jean Lesage et de la Révolution tranquille et des effets de toge de Lucien Bouchard, mais le monde a changé. Oui, il a changé! L'Histoire n'est jamais statique et la nostalgie ne sert à rien.

    Michel Lebel

    • Marc Tremblay - Abonné 13 mai 2016 09 h 05

      Oui, le monde a changé. Entre autres l'accélération de l'anglicisation des francophones hors Québec de même qu'au Québec.

      On peut se dire comme M. Lebel que c'est la vie et implicitement qu'on ne peut rien y changer. On peut aussi se dire qu'on peut inverser des tendances, si lourdes soient-elles.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 13 mai 2016 09 h 09

      Etrange on ne répond plus a vos commentaires .Oui le monde a changé mais en pire plus colonisé avec des Charest,Couillard,Fournier et autres aveugles.Me Lebel lisez plutot les commentaires qui suivent. Que les Lazare du Québec se réveillent.Ainsi soit-il. J-P.Grise

    • - Inscrit 13 mai 2016 09 h 16

      C'est la "vie" vous dites ?

      Si vous considérez que lutter pour sa libération c'est être nostalgique et que se soumettre c'est être de son temps, alors M. Lebel, qui est le perdant, qui est le gagnant ? Qui est le vivant, qui est le mort ?

      Les vrais perdants de l'histoire canadienne, ce sont vous, les fédéralistes québécois. Vous avez perdu sur toute la ligne mais ne voulez l'admettre. Et vous vous entêtez à VOUS croire qu'ayant joint le camp des vainqueurs, vous en êtes ! Les dindons de la farce canadienne c'est vous !

      Nous, les indépendantistes, sommes toujours debout. Nous serons toujours, "quoi qu'il arrive et quoi qu'il advienne", du monde des vivants. Vous, qui avez cessé de lutter parce que vous niez votre défaite, vous êtes de celui des morts.

    • Jacques Patenaude - Abonné 13 mai 2016 09 h 29

      Oui le Canada a bien changé. Un premier ministre Saskatchewanais qui utilise la xénophobie contre les québécois pour assurer sa réélection dans sa province sans que le premier ministre du Québec ne réagisse on n'avait jamais vu ça.

    • Jacques Lamarche - Abonné 13 mai 2016 10 h 09

      Bien d'accord! Le Québec a changé. Il maigrit, dépérit, devient de plus en plus petit!

      La nostalgie laisse entendre que la partie est finie! M Fournier voit chez M. David un nostalgique qui accepte mal le combat perdu! Ce regard, du haut de sa superbe, jette sur le vaincu un brin de son dévolu!

    • Pierre Fortin - Abonné 13 mai 2016 11 h 29

      Vous rangez bien vite les défenseurs du fait français dans le panier des nostalgiques, Monsieur Lebel. Mais encore?

      Si vous nous disiez, au-delà de vos affirmations gratuites, en quoi la défense de notre langue commune ne se limiterait qu'à un désir de retourner dans le passé.

    • Réal Ouellet - Abonné 13 mai 2016 18 h 37

      Oui le monde a changé...sauf vous!

    • Cyril Dionne - Abonné 13 mai 2016 19 h 00

      J'espère que vous vous débrouillez bien en anglais parce qu'avec une position et une attitude comme la vôtre, vous risquez d'en avoir besoin très bientôt.

  • André Chevalier - Abonné 13 mai 2016 05 h 57

    Les lunettes roses de monsieur Fournier

    Si les québécois se sentent si rattachés au Canada, qu'attendez-vous pour proposer l'adhésion du Québec à la constitution canadienne par référendum?
    D'autre part, comment considérez-vous le fait qu'une grande entreprise multinationale comme Loréal, d'origine française, accueille ses nouveaux employés à Montréal en anglais uniquement et que la plupart de ses meeting se tiennent en anglais pour la simple raison qu'elle engage des unilingues anglais dans son personnel montréalais.

    • Jacques Lamarche - Abonné 13 mai 2016 09 h 39

      À la banque RBC, à Montréal, les réunions entre cadres se tiennent également en anglais! En effet, le Québec, lui, a bien changé!

    • Stephen Aird - Abonné 13 mai 2016 12 h 27

      Des lunettes roses!
      Je dirai plutôt qu'elles sont brunes comme de la ....
      Ou encore orange-istes.

  • Michel Thériault - Abonné 13 mai 2016 06 h 43

    Colonisés

    Ce texte de M. Fournier plaira sûrement aux colonisés de cette province où le nombre de pleutres croît san cesse. Je me demande même comment cette croissance peut techniquement être possible (il faut croire que le bassin potentiel de gens sans colonne vertébrale au Québec est inépuisable). Tout pour plaire au "Liberal Party of Qwebec".

  • - Inscrit 13 mai 2016 07 h 12

    Une «façon d’être canadien» : « I’m a frog, kiss me! »

    « Pour plusieurs, tout comme moi, nous sommes québécois, et c’est notre façon d’être canadiens. » (Jean-Marc Fournier)

    On comprend que pour Jean-Marc Fournier, comme beaucoup de Québécois fédéralistes, être Québécois, c’est une façon d’être, une modalité, une forme, une posture, une variante, une coloration, une touche … C’est une grimace parfois, un sourire niais le plus souvent !

    Être Québécois, c’est une parure canadienne pour les défilés, une ceinture fléchée, comme un panache de plume, un « I’m a frog kiss me !», UNE FAÇON D’ÊTRE CANADIEN. Tout ça est tellement tellement pathétique !

    L’expression de M. Fournier devrait être analysée dans toutes les écoles du Québec quand vient le temps de mesurer toute l’insignifiance de sens que prend la nation québécoise dans l’esprit des fédéralistes qui dirigent le Québec présentement.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 mai 2016 07 h 27

    Victoire

    Il est édifiant ce matin de lire sur le progrès du Français au Canada par quelqu'un qui revient d'Ottawa avec comme seule victoire une fin de non-recevoir. Changer de sujet quand on a reçu une claque au visage, je n’ai aucune idée de ce que c’est, mais n'est pas de la dignité. C’est quoi votre solution M. Fournier : Passer à autre chose ? Attendez que je regarde dans le dictionnaire quel est le contraire de la persévérance. Je vous suggère un autre voyage en Terre conquise afin de nous prouver que le Canada fonctionne.

    Il y a encore du Français au Canada; grand bien nous fasse, sauf que… ce n’est pas «à cause» mais «malgré» le Canada. Si le Français perdure en cette terre d’Amérique, ce n’est sûrement pas à cause la persévérance de ses dirigeants, les preuves s’accumulent ! À Meach, nous avons présenté 5 conditions, vous y être retourné avec «une seule»; résultat ? Le même, zéro pis une barre. (La joue… elle chauffe encore ?)

    Un jour, peut-être, on s’en balancera de qui siège au Sénat canadien. Surtout si on se crache dans les mains et qu’on décide de faire quelque chose de notre avenir. D’un autre côté, je vous remercie de nous avoir encore démontré que notre adversaire, le vrai, ne réside pas sur «notre» territoire et que peu importe le nombre de représentants que nous y envoyons, en visite ou à résidence, le résultat est toujours le même : Une fin de non-recevoir. À la pelletée ou à la petite cuillère, y a pas grand différence.

    PL