Afghanistan: une bavure de trop
Kaboul et Washington — Le gouvernement afghan a demandé hier que les militaires américains prennent «toutes les mesures nécessaires» pour éviter de faire des victimes civiles, au lendemain du bombardement d'un village dans le centre de l'Afghanistan qui a fait des dizaines de morts et de blessés.
Le président afghan Hamid Karzaï a «convoqué les responsables et les commandants des forces américaines dans son bureau et leur a fait part de la grande inquiétude et du chagrin causés par cet incident», a affirmé le gouvernement afghan dans un communiqué sans précédent.
C'est la première fois que Kaboul condamne un bombardement de ce type, bien que plusieurs bavures aient déjà été commises par les troupes américaines dans leur traque des talibans et des membres d'al-Qaïda.
Le président Karzaï a demandé à la coalition de «prendre toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que les opérations militaires pour capturer les groupes terroristes ne fassent pas de victimes civiles innocentes», poursuit le communiqué.
Lors d'une conférence de presse, le ministre afghan des Affaires étrangères Abdullah a souhaité que les opérations militaires se poursuivent contre les fugitifs talibans et d'al-Qaïda. Mais «la procédure tout entière» pour lancer des attaques «doit être révisée pour éviter ce genre d'incidents», a-t-il ajouté.
Le bombardement de lundi lors d'une fête de mariage à Karakak, dans la province d'Uruzgan, a fait 40 morts et une centaine de blessés civils, a confirmé Abdullah. Selon lui, quatre villages ont été attaqués et 25 membres d'une même famille ont péri.
Les autorités afghanes ont déclaré que les convives qui prenaient part à la noce étaient en train de tirer des salves en l'air, selon la tradition pachtoune, lorsqu'ils ont été bombardés.
Le chef de la diplomatie a en outre affirmé disposer de renseignements laissant penser que le mollah Omar était toujours en vie. Cela ne justifie en rien la mort de civils, a dit Abdullah. «Il s'agit d'une responsabilité envers des citoyens, des civils», a-t-il insisté. «Il est bon d'exprimer une inquiétude. Il ne s'agit en rien d'un signe de repli [dans la lutte contre le terrorisme]. Ce dont nous avons besoin, c'est de prendre des mesures fortes pour éviter des pertes civiles. De plus amples explications s'imposent au sujet de la nature de l'opération», a-t-il conclu.
Les «ennemis de la paix et de la stabilité» pourraient exploiter ces incidents pour alimenter l'opposition aux forces de la coalition et au gouvernement Karzaï, a mis en garde le ministre des Affaires étrangères.
Côté américain, on se refuse pour l'heure a toute conclusion. Le secrétaire d'État à la Défense, Donald Rumsfeld, a ainsi jugé prématuré de se prononcer sur les causes de l'incident.
Selon des sources militaires, des soldats américains, en patrouille au sol, ont demandé le renfort de l'aviation lorsqu'ils se sont sentis menacés par les tirs à l'arme automatique des invités de la noce. «Normalement, lorsqu'il y a des tirs de célébration, ce qui n'est pas forcément rare, ils sont aléatoires et ne sont pas dirigés vers une cible spécifique», a expliqué le colonel américain Roger King à la presse sur la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul.
«Les membres de l'équipage de l'avion ont cru que les tirs les visaient et cherchaient à engager le combat avec eux», a-t-il ajouté, précisant que les avions avaient alors lâché sept bombes d'une tonne, à quelque 200 km au nord de Kandahar.
Le colonel King a indiqué que l'incident était survenu durant une opération destinée notamment à détruire un poste de DCA qui avait ouvert le feu en direction d'appareils américains par le passé.
Raaz Mohammad, un responsable de la province d'Uruzgan a fait état de bombardements dans d'autres secteurs de la région, dans le cadre de la traque du mollah Omar, en fuite depuis la chute en décembre dernier du régime taliban qu'il dirigeait. Omar est né près de Deh Rawud, le village bombardé.
À Washington, le Pentagone a exclu hier qu'une bombe larguée par un bombardier américain ait pu tuer des villageois, tout en laissant entendre que le responsable de la tragédie pouvait être un avion d'attaque au sol AC-130. La seule certitude de l'état-major américain, à ce stade, est que la colline sur laquelle une des sept bombes larguées par un bombardier B-52 et radioguidées au sol a frappé, était déserte.
«Il n'y avait personne sur cette colline. Et le contrôle aérien au sol pense qu'il n'y avait personne dans le secteur de l'impact» de cette bombe, a indiqué le général Peter Pace, adjoint au chef d'état-major interarmées américain, qui s'exprimait aux côtés de M. Rumsfeld.
L'officier supérieur a du même coup laissé entendre que le responsable de la tragédie qui, selon des responsables locaux, aurait fait une quarantaine de morts, serait un autre appareil américain, un avion d'attaque au sol de type AC-130, qui se trouvait dans le secteur au moment de l'incident. L'avion «canonnière» à hélice AC-130 est un redoutable appareil souvent utilisés par l'armée américaine pour appuyer des opérations menées par des commandos ou des unités d'infanterie, en déversant une pluie d'obus .
Le président afghan Hamid Karzaï a «convoqué les responsables et les commandants des forces américaines dans son bureau et leur a fait part de la grande inquiétude et du chagrin causés par cet incident», a affirmé le gouvernement afghan dans un communiqué sans précédent.
C'est la première fois que Kaboul condamne un bombardement de ce type, bien que plusieurs bavures aient déjà été commises par les troupes américaines dans leur traque des talibans et des membres d'al-Qaïda.
Le président Karzaï a demandé à la coalition de «prendre toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que les opérations militaires pour capturer les groupes terroristes ne fassent pas de victimes civiles innocentes», poursuit le communiqué.
Lors d'une conférence de presse, le ministre afghan des Affaires étrangères Abdullah a souhaité que les opérations militaires se poursuivent contre les fugitifs talibans et d'al-Qaïda. Mais «la procédure tout entière» pour lancer des attaques «doit être révisée pour éviter ce genre d'incidents», a-t-il ajouté.
Le bombardement de lundi lors d'une fête de mariage à Karakak, dans la province d'Uruzgan, a fait 40 morts et une centaine de blessés civils, a confirmé Abdullah. Selon lui, quatre villages ont été attaqués et 25 membres d'une même famille ont péri.
Les autorités afghanes ont déclaré que les convives qui prenaient part à la noce étaient en train de tirer des salves en l'air, selon la tradition pachtoune, lorsqu'ils ont été bombardés.
Le chef de la diplomatie a en outre affirmé disposer de renseignements laissant penser que le mollah Omar était toujours en vie. Cela ne justifie en rien la mort de civils, a dit Abdullah. «Il s'agit d'une responsabilité envers des citoyens, des civils», a-t-il insisté. «Il est bon d'exprimer une inquiétude. Il ne s'agit en rien d'un signe de repli [dans la lutte contre le terrorisme]. Ce dont nous avons besoin, c'est de prendre des mesures fortes pour éviter des pertes civiles. De plus amples explications s'imposent au sujet de la nature de l'opération», a-t-il conclu.
Les «ennemis de la paix et de la stabilité» pourraient exploiter ces incidents pour alimenter l'opposition aux forces de la coalition et au gouvernement Karzaï, a mis en garde le ministre des Affaires étrangères.
Côté américain, on se refuse pour l'heure a toute conclusion. Le secrétaire d'État à la Défense, Donald Rumsfeld, a ainsi jugé prématuré de se prononcer sur les causes de l'incident.
Selon des sources militaires, des soldats américains, en patrouille au sol, ont demandé le renfort de l'aviation lorsqu'ils se sont sentis menacés par les tirs à l'arme automatique des invités de la noce. «Normalement, lorsqu'il y a des tirs de célébration, ce qui n'est pas forcément rare, ils sont aléatoires et ne sont pas dirigés vers une cible spécifique», a expliqué le colonel américain Roger King à la presse sur la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul.
«Les membres de l'équipage de l'avion ont cru que les tirs les visaient et cherchaient à engager le combat avec eux», a-t-il ajouté, précisant que les avions avaient alors lâché sept bombes d'une tonne, à quelque 200 km au nord de Kandahar.
Le colonel King a indiqué que l'incident était survenu durant une opération destinée notamment à détruire un poste de DCA qui avait ouvert le feu en direction d'appareils américains par le passé.
Raaz Mohammad, un responsable de la province d'Uruzgan a fait état de bombardements dans d'autres secteurs de la région, dans le cadre de la traque du mollah Omar, en fuite depuis la chute en décembre dernier du régime taliban qu'il dirigeait. Omar est né près de Deh Rawud, le village bombardé.
À Washington, le Pentagone a exclu hier qu'une bombe larguée par un bombardier américain ait pu tuer des villageois, tout en laissant entendre que le responsable de la tragédie pouvait être un avion d'attaque au sol AC-130. La seule certitude de l'état-major américain, à ce stade, est que la colline sur laquelle une des sept bombes larguées par un bombardier B-52 et radioguidées au sol a frappé, était déserte.
«Il n'y avait personne sur cette colline. Et le contrôle aérien au sol pense qu'il n'y avait personne dans le secteur de l'impact» de cette bombe, a indiqué le général Peter Pace, adjoint au chef d'état-major interarmées américain, qui s'exprimait aux côtés de M. Rumsfeld.
L'officier supérieur a du même coup laissé entendre que le responsable de la tragédie qui, selon des responsables locaux, aurait fait une quarantaine de morts, serait un autre appareil américain, un avion d'attaque au sol de type AC-130, qui se trouvait dans le secteur au moment de l'incident. L'avion «canonnière» à hélice AC-130 est un redoutable appareil souvent utilisés par l'armée américaine pour appuyer des opérations menées par des commandos ou des unités d'infanterie, en déversant une pluie d'obus .
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