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    Les fondations versent 1,5 milliard annuellement aux organismes du Québec

    5 mars 2016 |Mathieu-Robert Sauvé
    Christian Jetté
    Photo: Amélie Philibert Christian Jetté

    Selon le Centre québécois de philanthropie, les fondations privées et publiques financent des organismes au Québec à hauteur d'environ 1,5 milliard de dollars annuellement. « La place occupée par les fondations est en croissance au Québec comme ailleurs sur le continent. C’est une bonne chose pour les organismes qui en profitent, mais, dans un contexte de désengagement de l’État, on peut s’inquiéter des orientations qu’elles imposent. », mentionne Christian Jetté, professeur à l’École de travail social de l’Université de Montréal.

     

    Avec ses collègues Patricia Gazzoli, Valérie Chamberland, Lucie Dumais et Yves Vaillancourt, il a publié en 2014 dans la revue Annales de l’économie publique, sociale et coopérative un article faisant la synthèse de la littérature scientifique relative à ces joueurs importants de l’économie sociale. « Même si l’État prend en charge le secteur social et communautaire, ces fondations l’accompagnent depuis longtemps. La fondation de la famille J. W. McConnell a financé par exemple des cliniques communautaires dès les années 1970. La Fondation Léger est également très présente. Et il ne faut pas oublier Centraide, qui joue un rôle de premier plan dans le financement des organismes à but non lucratif », explique-t-il.

     

    M. Jetté note que les études sur ce secteur sont très rares au Québec, la plupart traitant du sujet aux États-Unis. Or, chez nos voisins du Sud, les fondations ont répondu dès le début du siècle dernier aux besoins matériels de la population. Il faudra attendre après la Deuxième Guerre mondiale pour que le gouvernement américain intervienne directement dans le financement des écoles, services sociaux et hôpitaux. Leur influence a alors légèrement diminué, mais elles sont restées des partenaires de l’État en matière de filet social.

     

    Les fondations américaines « participent à la définition de ce qui est socialement valorisé et des champs qui méritent une attention sociale. Elles font la promotion de l'innovation, contribuent au développement des connaissances, inspirent des politiques publiques et lancent des façons de faire », apprend-on.

     

    « Philanthrocapitalisme »

     

    Ce faisant, elles exercent une « influence idéologique ». Un auteur américain, Matthew Bishop, a inventé un mot pour décrire le phénomène : le « philanthrocapitalisme ». « Les philanthrocapitalistes proposent deux solutions pour moderniser les fondations : l'importation de méthodes de gestion du secteur privé et l'adoption de stratégies mobilisées dans le monde des affaires comme le marché boursier et l'incitation à l'entrepreneuriat », écrivent les auteurs.

     

    Et au Canada? Le phénomène est différent en raison du rôle social joué par l’État. Selon les données obtenues de l’Agence de revenu du Canada, les cinq organismes de bienfaisance qui ont le plus d'actifs au Canada interviennent dans les domaines de l'éducation universitaire et de la santé. Ils peuvent être rapprochés des fondations européennes, qui gèrent de nombreux programmes d'intervention dans les universités et les hôpitaux.

     

    « Au Québec, où le phénomène est plus récent que dans le reste du Canada, on a vu poindre dans les années 2000 un nouveau genre de PPP, soit le partenariat public-philanthropie, qui est en voie de devenir incontournable parmi les organismes à but non lucratif », conclut M. Jetté.













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