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    Formation professionnelle

    La CSDM travaille à défaire les préjugés

    12 février 2016 |Philippe Orfali | Éducation
    Une intervenante explique à une jeune fille les dessous de la manucure.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une intervenante explique à une jeune fille les dessous de la manucure.

    Il fallait voir Orlando Rodriguez expliquer à la douzaine de jeunes qui l’entouraient chacune des étapes de l’assemblage d’un moteur aérospatial, jeudi au 2e Salon de la formation professionnelle. Les yeux pétillants lorsqu’il explique les rouages de sa profession, même après 35 ans de métier. Et les étudiants potentiels qui en redemandent, buvant chacune de ses paroles. La CSDM aurait voulu faire une infopub qu’elle ne s’y serait pas prise autrement.

     

    Près de 5500 jeunes et adultes ont participé de mardi à jeudi à ce second Salon de la formation professionnelle organisé par la Commission scolaire de Montréal (CSDM), dont l’objectif avoué est de redorer le blason de ce type de formation.

     

    Une occasion de voir, mais surtout d’expérimenter ces formations auprès d’étudiants et de professeurs dans de nombreux domaines, de l’aérospatiale à l’horticulture, en passant par l’ébénisterie, le tourisme et la coiffure.

     

    Pour les « pas bons », la formation professionnelle ? Il faut à tout prix briser ce cliché, martèle M. Rodriguez, ancien inspecteur en aérospatiale chez Pratt Whitney et aujourd’hui professeur à l’École des métiers de l’aérospatiale de Montréal. « Figurez-vous que faire décoller un avion, ce n’est pas une tâche facile, s’exclame-t-il. Et de les voir voler, ou encore mieux de monter dans l’avion et de se dire qu’on y est pour quelque chose, grâce à notre expertise, c’est un sentiment incroyable. »

     

    « Ça semble compliqué, la mécanique aérospatiale, mais en y mettant un peu d’amour, ça facilite l’apprentissage. Quand on aime ce qu’on fait, travailler, ça devient facile », dit-il.

     

    Trop de jeunes excluent encore d’emblée ce type de formation, notamment en raison de la pression des pairs et des parents, croit pour sa part Daniel Leroux, coordonnateur de ce second Salon. Les préjugés sont encore nombreux par rapport à ce choix au détriment du cégep ou de l’université, et c’est précisément ce à quoi le salon cherche à s’attaquer. « On fait tous affaire avec des professionnels, des plombiers, des électriciens, et c’est valorisé. On les respecte. Mais quand c’est pour nos enfants, il y a une espèce de résistance, une hésitation chez les parents. »

     

    Ces préjugés perçus ou réels, Jessica Thivierge les a ressentis au moment de faire son choix d’études postsecondaires. Le cégep, elle a essayé. Mais elle ne « tripait pas ». « C’est vrai qu’au secondaire, c’est mal vu, la FP. Et moi, je voulais être “bonne”. Mais la philo, ce n’est pas pour tout le monde. Tu ne vois pas à quoi ça peut te servir dans la vie, explique-t-elle en manipulant des pièces mécaniques. Moi, ce que je fais ici, c’est du concret. »

     

    Étudiante depuis septembre, la jeune femme de 20 ans terminera son diplôme d’études professionnelles en aérospatiale dans huit mois, prête à devenir mécanicienne-monteuse ou à poursuivre sa formation pour se spécialiser davantage. Aujourd’hui, sa plus jeune soeur songe elle aussi à s’inscrire à la formation professionnelle.

     

    L’an dernier, 900 élèves étaient attendus au premier Salon de la formation professionnelle. Ce sont finalement plus de 3000 visiteurs qui se sont pointés. Cette année, l’événement s’est adressé à un public plus vaste, notamment chez les élèves de la formation des adultes, et s’est ouvert aux élèves des autres commissions scolaires de la métropole.













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