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Lettres: Davos sans cravate

30 janvier 2004 | Catherine Caron - Montréal, le 23 janvier 2004
Brian Mulroney l'avait bien dit au sujet du libre-échange alors qu'il expliquait le danger d'exposer cette question au grand jour car la population avait de bonnes chances de s'y opposer. La solution? Un programme de communication bien exécuté, grâce auquel on «peut réussir à entretenir une indifférence salutaire de la part de la majorité des Canadiens» (lire à ce sujet La Grande Fumisterie, Éditions Écosociété). Ce fut fait.

Depuis, de Bush à Raffarin en passant par Charest et les global leaders du grand capitalisme réunis à Davos, il s'agit bel et bien de faire passer un contenu inacceptable en le maquillant et en l'habillant comme il faut par la communication et par l'image. En le vendant efficacement, quoi. C'est l'idéal, car sinon, il faut avoir recours à des moyens moins élégants... [...]

Le Devoir nous informait récemment que les invités de Davos étaient tenus de ne pas porter de cravate dans une tentative de rapprochement avec le peuple. L'image, toujours: avoir l'air plus ouvert et sympathique, c'est ce qu'il faut! [...]

En écoutant la radio de Radio-Canada, on apprenait aussi qu'un atelier à Davos portait sur le terrorisme. Il s'agissait pour les participants de voir comment ils pouvaient s'inspirer de ses aspects les plus efficaces et les adapter! La tenue d'un tel atelier apparaît stupéfiante au premier coup d'oeil. Et pourtant, il n'y a là rien d'étonnant. Les global leaders, les multinationales, les lobbys des affaires et de la finance internationale ont déjà au moins l'équivalent d'un doctorat en terrorisme économique 101.

Non, décidément, je ne crois ni à la guerre contre la pauvreté, contre la drogue ou contre le terrorisme. En effet, l'existence bien plus manifeste et concluante de la guerre économique et militaire saute aux yeux quand on veut la voir et se donner la peine de la comprendre et de tenter de la contrer et de l'arrêter. C'est ce que font des milliers de personnes et d'organismes à travers le monde, notamment tous les gens rassemblés la semaine dernière au Forum social mondial de Mumbai, en Inde. Sans cravate.
 
 
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