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Lettres: Pas de panique

Georges Ouellet - Externe II en médecine à l'Université de Montréal, séronégatif et exposé presque quotidiennement à des situations de contamination potentielle, Montréal, le 26 janvier 2004  27 janvier 2004 
Dans sa chronique s'inspirant des récents événements à l'hôpital Sainte-Justine (Le Devoir, samedi 24 janvier 2004), Denise Bombardier établit un parallèle à tout le moins boiteux, qui s'inscrit dans le ton très émotif qui a teinté tout le débat entourant cette affaire. En effet, en se questionnant sur le droit d'un chirurgien séropositif à continuer d'opérer, madame Bombardier en vient à se demander: qu'en serait-il d'un médecin atteint du SRAS? [...]

Une mise en perspective s'impose, et ce, quitte à faire dans ce que madame Bombardier considère être du pragmatisme et du cynisme. Le VIH est certes une maladie transmissible et potentiellement mortelle, mais, lors d'une intervention chirurgicale réalisée par un chirurgien séropositif, le risque de transmission au patient est extrêmement négligeable. En effet, dans un contexte médical, le risque d'être infecté en se piquant avec une aiguille contaminée par le sang d'une personne atteinte du VIH est théoriquement de l'ordre de 0,3 %; dans la pratique, c'est encore moins. Or, pour qu'un chirurgien séropositif contamine un patient, il faudrait qu'il se pique, transperce son gant, et, ensuite, continue d'utiliser la même aiguille ou le même instrument, enduit de son propre sang, sur le patient. Avec des si, on met Paris dans une bouteille.

La déontologie médicale prévoit qu'un médecin doit s'abstenir de travailler si son état de santé risque de nuire à la qualité des soins fournis. Or, il est maladroit d'établir quelque analogie que ce soit entre le VIH et le SRAS, maladie hautement transmissible et au profil épidémiologique encore méconnu. Ainsi, toute analyse qui se refuse à tenir compte du risque réel de contamination par le VIH et qui met toutes les maladies infectieuses sur le même pied tient de l'hystérie collective.
 
 
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