Fonds d'investissement: Trop de fonds dans votre portefeuille?
Michel Marcoux
2 juillet 2002
Y a-t-il un nombre idéal de fonds dans l'élaboration d'un portefeuille équilibré, bien réparti autant géographiquement, que par secteur d'activité et par catégorie d'actif? Et quelle est la corrélation entre le nombre de fonds et le rendement d'un portefeuille?
Ces questions sont pertinentes. Dans l'univers des fonds communs de placement canadiens, l'investisseur a accès à plus de 4000 fonds, et ce nombre tend à croître à chaque mois. De plus, les promoteurs de fonds tentent ardemment de convaincre les investisseurs du bien-fondé de la détention de leurs produits financiers. En fait, si on suivait à la lettre leurs recommandations, un portefeuille contiendrait une vingtaine de catégories de fondsÉ, et chaque catégorie serait représentée par deux à trois fonds: vous auriez déjà de 40 à 60 fonds dans votre portefeuille! Ce nombre, vous en conviendrez, est démesurément élevé. En réalité, une véritable diversification peut être aisément établie avec moins de dix fonds.
Il faut d'abord considérer les deux grandes catégories d'actif: les fonds d'actions et les fonds d'obligations. Pour les fonds d'actions, le choix s'exerce selon les paramètres suivants: les styles (croissance, valeur, mixte-neutre), les capitalisations (petites, moyennes, grandes) et les secteurs géographiques. Pour les fonds d'obligations, l'attention doit porter sur les émetteurs (gouvernements locaux ou étrangers, corporations) ainsi que sur la durée des échéances (courtes, moyennes, longues).
La diversification n'implique pas nécessairement la sélection de toutes ces catégories de fonds, mais plutôt le choix de quelques fonds aux caractéristiques différentes. Évitons à tout prix la duplication des catégories de fonds. Il ne sert à rien, par exemple, de détenir deux fonds canadiens de grandes capitalisations de même style ou deux fonds d'obligations corporatives. Si on examine le contenu de deux fonds valeur de grandes capitalisations canadiennes, on remarque, plus souvent qu'autrement, que les titres contenus tendent souvent à se ressembler. Cette redondance provient en partie du nombre limité d'entreprises de ce secteur.
Il semble y avoir unanimité des analystes sur le fait qu'un portefeuille de placement ne devrait pas contenir plus d'une dizaine de fonds. Comme un fonds contient généralement entre 30 et 250 titres, il n'est donc pas nécessaire d'aller chercher un grand nombre de fonds pour atteindre une diversification efficace. Ce nombre peut toutefois être appelé à varier lorsque l'actif du portefeuille augmente. En effet, plus un portefeuille prend de l'ampleur, plus la marge de manoeuvre créée permet d'ajouter d'autres catégories de fonds à celles qui s'y trouvent déjà.
Le problème des portefeuilles aux trop nombreux fonds est qu'ils recréent, en quelque sorte, un indice boursier. Ainsi, un portefeuille composé d'une vingtaine de fonds contiendra la plupart des titres des indices de référence, et son rendement se comportera similairement. Enfin, en ayant trop de fonds, on dilue l'apport des gestionnaires: les rendements positifs d'un gestionnaire n'auront que peu d'impact étant donné le faible poids de sa pondération.
Pour le bénéfice de la grande majorité des investisseurs, considérons un portefeuille présent dans les deux marchés: canadien et étranger. Chacune de ces catégories géographiques doit contenir deux fonds d'actions de style valeur et croissance. De plus, tant la partie canadienne qu'étrangère doivent être composées des deux grandes catégories d'actifs que forment les actions et les obligations. Étant donné la plus forte présence de contenu canadien à l'intérieur de notre portefeuille et du grand choix au niveau des fonds canadiens, nous pourrions envisager la possibilité d'avoir des fonds d'actions canadiennes avec des capitalisations différentes
Résumons. La partie canadienne: deux fonds équilibrés pour, entre autres, leur contenu en obligations, et deux fonds d'actions de grandes capitalisations, l'un avec une approche croissance et l'autre, géré selon l'approche valeur. Ajoutons un fonds de moyenne capitalisation et un complémentaire en petite capitalisation. Total de notre partie canadienne: six. Rajoutons deux fonds d'actions internationales, l'un de style valeur et l'autre avec l'approche croissance, puis un fonds équilibré international pour couvrir le secteur obligataire international. Nous en sommes donc à neuf fonds. Prenez soin de bien choisir vos fonds pour couvrir l'ensemble des secteurs qui composent notre indice de référence et vérifiez la corrélation entre ceux-ci.
Michel Marcoux est président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement, et il est l'auteur de l'ouvrage Les 100 meilleurs fonds 2002.
Ces questions sont pertinentes. Dans l'univers des fonds communs de placement canadiens, l'investisseur a accès à plus de 4000 fonds, et ce nombre tend à croître à chaque mois. De plus, les promoteurs de fonds tentent ardemment de convaincre les investisseurs du bien-fondé de la détention de leurs produits financiers. En fait, si on suivait à la lettre leurs recommandations, un portefeuille contiendrait une vingtaine de catégories de fondsÉ, et chaque catégorie serait représentée par deux à trois fonds: vous auriez déjà de 40 à 60 fonds dans votre portefeuille! Ce nombre, vous en conviendrez, est démesurément élevé. En réalité, une véritable diversification peut être aisément établie avec moins de dix fonds.
Il faut d'abord considérer les deux grandes catégories d'actif: les fonds d'actions et les fonds d'obligations. Pour les fonds d'actions, le choix s'exerce selon les paramètres suivants: les styles (croissance, valeur, mixte-neutre), les capitalisations (petites, moyennes, grandes) et les secteurs géographiques. Pour les fonds d'obligations, l'attention doit porter sur les émetteurs (gouvernements locaux ou étrangers, corporations) ainsi que sur la durée des échéances (courtes, moyennes, longues).
La diversification n'implique pas nécessairement la sélection de toutes ces catégories de fonds, mais plutôt le choix de quelques fonds aux caractéristiques différentes. Évitons à tout prix la duplication des catégories de fonds. Il ne sert à rien, par exemple, de détenir deux fonds canadiens de grandes capitalisations de même style ou deux fonds d'obligations corporatives. Si on examine le contenu de deux fonds valeur de grandes capitalisations canadiennes, on remarque, plus souvent qu'autrement, que les titres contenus tendent souvent à se ressembler. Cette redondance provient en partie du nombre limité d'entreprises de ce secteur.
Il semble y avoir unanimité des analystes sur le fait qu'un portefeuille de placement ne devrait pas contenir plus d'une dizaine de fonds. Comme un fonds contient généralement entre 30 et 250 titres, il n'est donc pas nécessaire d'aller chercher un grand nombre de fonds pour atteindre une diversification efficace. Ce nombre peut toutefois être appelé à varier lorsque l'actif du portefeuille augmente. En effet, plus un portefeuille prend de l'ampleur, plus la marge de manoeuvre créée permet d'ajouter d'autres catégories de fonds à celles qui s'y trouvent déjà.
Le problème des portefeuilles aux trop nombreux fonds est qu'ils recréent, en quelque sorte, un indice boursier. Ainsi, un portefeuille composé d'une vingtaine de fonds contiendra la plupart des titres des indices de référence, et son rendement se comportera similairement. Enfin, en ayant trop de fonds, on dilue l'apport des gestionnaires: les rendements positifs d'un gestionnaire n'auront que peu d'impact étant donné le faible poids de sa pondération.
Pour le bénéfice de la grande majorité des investisseurs, considérons un portefeuille présent dans les deux marchés: canadien et étranger. Chacune de ces catégories géographiques doit contenir deux fonds d'actions de style valeur et croissance. De plus, tant la partie canadienne qu'étrangère doivent être composées des deux grandes catégories d'actifs que forment les actions et les obligations. Étant donné la plus forte présence de contenu canadien à l'intérieur de notre portefeuille et du grand choix au niveau des fonds canadiens, nous pourrions envisager la possibilité d'avoir des fonds d'actions canadiennes avec des capitalisations différentes
Résumons. La partie canadienne: deux fonds équilibrés pour, entre autres, leur contenu en obligations, et deux fonds d'actions de grandes capitalisations, l'un avec une approche croissance et l'autre, géré selon l'approche valeur. Ajoutons un fonds de moyenne capitalisation et un complémentaire en petite capitalisation. Total de notre partie canadienne: six. Rajoutons deux fonds d'actions internationales, l'un de style valeur et l'autre avec l'approche croissance, puis un fonds équilibré international pour couvrir le secteur obligataire international. Nous en sommes donc à neuf fonds. Prenez soin de bien choisir vos fonds pour couvrir l'ensemble des secteurs qui composent notre indice de référence et vérifiez la corrélation entre ceux-ci.
Michel Marcoux est président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement, et il est l'auteur de l'ouvrage Les 100 meilleurs fonds 2002.
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