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Où va le milliard dédié aux élèves en difficulté?

Marie-Andrée Chouinard   22 janvier 2004 
Le milliard de dollars que Québec verse chaque année aux élèves en difficulté d'apprentissage fait actuellement l'objet d'une enquête de la vérificatrice générale, qui examine l'usage que les écoles font de cette enveloppe.

Le Devoir a aussi appris que parallèlement à cette démarche de la vérificatrice générale du Québec (VGQ), Doris Paradis, le ministère de l'Éducation lui-même ausculte ce dossier en évaluant notamment l'utilisation des ressources financières attribuées à ces élèves en plus de faire le tour des services offerts et de brosser un portrait de la situation réelle.

Sous l'appellation EHDAA (enfants handicapés et en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage), cette catégorie d'élèves que l'on dit sans cesse croissante représenterait 12 % de la clientèle scolaire et ferait chaque année l'objet du versement de un milliard de dollars sur un budget total qui en compte neuf au ministère de l'Éducation (MEQ).

«En vertu de la Loi sur le Vérificateur général, nous procédons cette année à la vérification de l'optimisation des ressources des services d'aide aux EHDAA. Cette vérification vise notamment à nous assurer que le ministère et les commissions scolaires gèrent au mieux les services visés», écrivait à la fin d'octobre dernier la représentante du bureau de la VGQ à un directeur de commission scolaire. Selon nos informations, cette lettre, dont Le Devoir a obtenu copie, a été envoyée à sept commissions scolaires: les commissions scolaires de Montréal (qui a confirmé hier avoir reçu une équipe du bureau de la VGQ en novembre dernier), de Laval, de la Capitale, des Hauts-Cantons, de la Région-de-Sherbrooke, du Pays-des-Bleuets et de Kamouraska-Rivière-du-Loup.

Dans son travail, le bureau de la vérificatrice s'est attardé au portrait des EHDAA pour l'année scolaire 2002-03, à l'organisation scolaire, à la prévention, au dépistage et à l'intervention précoce, au processus d'identification des élèves à risque, à l'élaboration des plans d'intervention et au suivi de ces plans, à la collaboration des parents, au financement du service des EHDAA et au soutien offert par la commission scolaire.

Au même moment, le MEQ a lui aussi plongé le nez dans ce dossier qui occupera l'avant-scène au cours des prochains mois puisque les enseignants entendent en faire l'objet principal de la prochaine négociation. Un comité composé à la fois de représentants du MEQ et des regroupements de commissions scolaires et de directeurs d'école s'active à faire la lumière sur le casse-tête financier lié aux EHDAA, a-t-on confirmé au ministère hier.

Depuis l'automne 2002, ce comité dresse un état de la situation des services offerts et de leur financement, a expliqué la porte-parole du ministère, Johanne Méthot. Le rapport de ce comité est attendu pour juin prochain.

Pour ajouter à cet examen d'ordre financier, le ministère a aussi confié en 2002 à un groupe de chercheurs de l'Université du Québec à Montréal le soin d'évaluer les retombées de l'ensemble de la politique d'adaptation scolaire, adoptée en janvier 2000. Le mandat de ce groupe, qui doit terminer ses travaux en 2007, consiste plutôt à vérifier la concordance entre l'énoncé de politique et les ressources, les pratiques et les retombées dans le réseau scolaire. Cette démarche de recherche vise 19 commissions scolaires et 62 écoles primaires et secondaires.

Rappelons qu'en 1999, le bureau de la VGQ avait déjà commencé un travail d'analyse du dossier des élèves en difficulté, travaux interrompus par l'arrivée d'une nouvelle politique en adaptation scolaire, au début de 2000.

Le rapport de la vérificatrice brossait à l'époque un tableau de la situation: en 1997-98, les crédits alloués par Québec à l'enseignement primaire et secondaire se chiffraient à neuf milliards de dollars. Cette année-là, 1 033 099 élèves étaient inscrits dans le réseau, dont 1,2 % étaient handicapés tandis que 11,2 % logeaient sous l'étiquette EHDAA. «C'est pour ces derniers que le ministère alloue aux commissions scolaires un montant qu'il estime à près de un milliard de dollars pour adapter leurs services éducatifs», lit-on dans le rapport déposé par la VGQ à l'Assemblée nationale sous la rubrique «Gestion des services visant l'adaptation scolaire des élèves en difficulté».

Malgré l'interruption des travaux et l'absence d'un rapport final, les conclusions préliminaires de la vérificatrice étaient plutôt sévères: «Nous avons constaté entre autres que le dépistage des EHDAA est tardif; le diagnostic n'est pas toujours juste; les plans d'intervention répondent plus à des normes administratives qu'aux besoins des élèves; les services et le personnel spécialisés sont insuffisants; les mécanismes de prévention et de collaboration avec les partenaires sont déficients, causant ainsi de la discontinuité dans les services.»

Dans le réseau des écoles, les EHDAA sont associés à un dossier brûlant. Combien sont-ils exactement? De quelle manière décide-t-on de l'allocation des ressources qui leur sont réservées? L'argent est-il utilisé entièrement? Lesquels d'entre eux bénéficient de plans d'intervention? Entre les enseignants qui crient au manque de ressources et les commissions scolaires qui affirment donner plus que ce que le ministère leur alloue, qui dit vrai?

L'avènement de la politique en adaptation scolaire a éliminé le principe d'étiquetage des enfants en fonction de leurs difficultés, principe qui consacrait l'attribution d'un «code» lié à une lacune à combler et le versement d'une allocation correspondante. Désormais, outre les enfants handicapés et ceux qui présentent des troubles graves de comportement, tous les élèves qui manifestent des lacunes d'ordre social et scolaire entrent dans la catégorie des élèves dits à risque, pour laquelle il n'existe plus de comptabilité formelle guidée par des codes.

L'examen enclenché par la VGQ tombe à point nommé, croit la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Johanne Fortier, qui s'apprête justement à entrer dans la ronde de négociations avec le gouvernement autour du dossier des enfants en difficulté. Si les enseignants croient que les ressources allouées à cette catégorie d'élèves sont insuffisantes et que leur répartition est auréolée d'un certain mystère, les commissions scolaires arguent plutôt qu'elles dépensent plus pour les EHDAA que ce que le ministère leur alloue.

«À la Fédération, nous avons cette prétention de dire que, comme réseau, nous mettons plus d'argent [pour les EHDAA] que ce que le ministère nous verse», réplique le directeur des communications de la FCSQ, Denis Pouliot, lorsqu'on l'interroge sur cet examen parallèle que mène le ministère. La Fédération des commissions scolaires siège d'ailleurs au comité composé par le MEQ pour fouiller ce dossier.






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  • Claude L'Heureux
    Abonné
    samedi 24 janvier 2004 00h32
    Il était temps
    « J'ai un fils qui avait des difficultés d'apprentissage et est passé dans le systhème EHDAA de la commission scolaire des Découvreurs dans les années 80.

    L'institution commençait alors le systhème de ''classes spéciales'' où mon fils a été soustrait de son école de cartier (alors que tout est fait pour garder les enfants sans difficultés dans leur école de cartier pour ne pas les déraciner de leur millieu...) et a été astreint à des méthodes de lectures différentes d'une année à l'autre...

    À la maternelle, voyant qu'il avait des difficultés nous avons payé les services d'un othopédagogue du privé qui s'est retrouvé plus tard du côté de la commission scolaire (et payé par elle) pour évaluer notre fils, pas pour lui donner des services!

    Comme membre EHDAA du comité de parents je demandais alors au dg si les budgets alloués à ces enfants n'allaient pas à ''l'éducation internationale'' et, bien entendu, nous n'avions pas de réponse.

    La vérificatrice serait bien avisé d'exiger des commissions scolaires qu'ils fassent connaître les sommes allouées à ces enfants et le coût des services qui leur sont prodigués avec le plan d'intervention requis. »

  • christiane chartier
    Inscrite
    samedi 7 février 2004 00h21
    Pour le bien de l'enfant? Où pour se donner bonne conscience?
    « J'ai un enfant qui a fréquenté la Commission Scolaire des Hauts-Cantons, qui a été classé en trouble de comportement, sans que la psychologue le rencontre, sans que nous soyons avisé comme parents et ça 14 jours après la première journée d'école. On nous a rencontrer par la suite pour un plan d'intervention sans nous expliquer de quoi il s'agit. J'ai appris qu'il était classé 1 an plus tard suite au dossier scolaire que j'ai fait la demande.

    Où va le milliard? La simple demande d'un orthopédagogue m'a été refusé, l'enfant n'a jamais reçu de service. Dans mon cas mon fils avait besoin d'aide car il avait subi un traumatisme à son entrée scolaire. Le classement et l'argent a servi a couvrir l'erreur que la direction avait commise sur notre fils. Le faire passer pour un agresseur quand il était une victime. Nous avons transféré notre enfant dans une école privée.

    Curieusement, il n'a aucun problème de comportement et en plus ses notes remonte de jour en jour, et a même le courage de faire l'effort de rattraper les trois années perdues à cette commission scolaire.

    C'est juste un cas, mais il y a de sérieuse question a se poser quand un système est assez défaillant pour permettre de briser un enfant à cause de certain dirigeant irresponsable dont la valeur de leur orgueil dépasse de le devoir d'éduquer et de prendre les décisions pour le bien de l'enfant.

    J'espère que cette enquête ne sera seulement un objet de bonne conscience, car parfois il n'a pas pire aveugle que ceux qui ne veulent pas voir. Et les cas comme nous qui sont rendus en Cour Supérieure sont cachés. Si nous en sommes là, je peux confirmer que toute les portes ont été cognés, aucun service nous ons été donner car le parent qui va trop loin subit la perte de sa réputation.

    Et on nous dit ensuite que les parents se désintéressent de l'éducation de leurs enfants. C'est faux, On nous as tromper comme parent, on nous a enlevé notre place dans l'éducation de nos enfants. Les services offerts aux parents en ce moment sont des services bidons car ils servent à la bonne conscience des commissions scolaires et du systèeme de l'éducation. »

  • Robert Villemure
    Inscrit
    mardi 14 juin 2005 17h28
    La politique revisée des EHDAA
    « Au printemps 1999, j'ai travaillé avec des commissaires ainsi que des dirigeants de la Commission scholaire des Milles Îles demandée par madame Pauline Marois ministre de l'Éducation de l'époque qui fut remplacée par M. Legault.

    Il est bien stipulé par le ministère de l'Éducation que des services soient offerts pour aider les jeunes qui ont des troubles de comportement à l'écoles.

    Ces services sont offerts entre autre par des écoles spécialisées offrant les services de professionnels: travailleurs sociaux, psychologues, titulaires formés pour gérer les enfants ayant des troubles de comportement.

    Le point principal à retenir est de tout faire afin de réintégrer l'enfant dans un milieu régulier.

    Cette précision de cette politique n'est pas suivi par tous les intervenants en milieu scolaire.

    La raison entre autre est que ces centres reçoivent un montant et demi pour tout enfant inclus dans leur centre comparativement au milieu régulier.

    J'ai été membre participant pour près de 6 ans au comité EHDAA de la Comission scolaire des Milles Îles à Laval.

    J'ai pu constater qu'à cet endroit aucun montant monétaire n'était attribué pour les enfants en troubles de comportement à l'exception de quelque scéance d'information très limitée.

    Le seul endroit où mon fils a pu être intégré dans un milieu régulier fut l'école Marcelle Guilbault à Chomedey qui eux avaient 4 classes pour enfants troubles de comportement parmi d'autres classes régulières.

    À cette école lorsque mon fils dérappait un éducateur spécialisé intervenait immédiatement et mon fils suite à cette intervention retournait dans sa classe régulière.

    En résumé afin de permettre un jeune ayant des troubles de comportement d'intégré le milieu régulier nous devons intervenir immédiatement et donner le support dont a besoin.

    Sans support un enfant qui essaie d'intégré un milieu régulier retourne en peu de temps dans le milieu spécialisé.

    Ce support que j'ai demandé à la Commission scolaire des Milles Îles m'a toujours été refusé.

    De plus, j'ai pu constaté que plus un parent s'impose dans ce milieu plus il est possible que l'enfant en subisse les conséquences.

    J'ai également pu constater que certains parents désabusé par ces personnes ont tout simplement abandonné.

    En mai ou juin 1999 lors de la rencontre à Québec de tous les comités de parents, M. Legault ministre de l'Éducation avait soulevé un point concernant les enfants ayant des troubles de comportements: Devons-nous changer ces enfants ou plutôt ajuster notre service d'éducation à leur besoins?

    Après plus de 5 ans, soit aujourd'hui il ne semble pas avoir trop de progrès à cet effet.

    Lors de mes requêtes afin d'obtenir un budget équilibré afin de venir en aide à ces jeunes, j'ai toujours identifié le fait que si nous ne réussisions pas à récuper ces jeunes qu'arriverait-il lorsqu'ils seront majeurs.

    Plus souvent qu'autrement, ces jeunes en ressortent meutris, mal préparés à faire face à la vie et sans trop d'éducation.

    Alors je vous laisse deviner où ils réussiront à se trouver des revenus.

    Je vis toujours dans l'espoir que ces jeunes, qui sont malheureusement nombreux, puissent un jour recevoir les services dont ils ont droit pour l'intérêt public de notre société.

    Robert »

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