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Encore les urgences

Jean-Robert Sansfaçon   22 janvier 2004 
Pas moins de 11,6 % des patients qui ont séjourné sur une civière à l'urgence d'un hôpital montréalais l'an dernier ont dû attendre plus de 48 heures avant d'avoir accès à une chambre aux étages. Pour l'ensemble du Québec, ce pourcentage a atteint les 7 %. Le constat est décevant puisque ces pourcentages sont presque trois fois supérieurs à la réalité observée huit ans plus tôt, en pleine période de compressions budgétaires.

Au dire de certains responsables au ministère de la Santé, la situation est en voie de s'améliorer, mais avouons que ce n'est pas la première fois qu'on nous tient ce discours.

Les causes de ces séjours de plus de 48 heures à l'urgence sont multiples. Il y a la pénurie de chambres dans les centres d'hébergement de longue durée, qui oblige les hôpitaux à garder des malades chroniques dans des lits de soins de courte durée, l'augmentation du nombre de patients transportés par ambulance, le manque de lits et de personnel infirmier aux étages, l'incapacité des directions d'hôpital de libérer des lits réservés par les médecins spécialistes pour leurs propres patients, etc.

Ces causes sont connues depuis longtemps, comme le prouvent les nombreux plans d'action, études et autres politiques gouvernementales adoptés pour endiguer le problème depuis 1995. Or aucun gouvernement, aucun ministre de la Santé n'a encore réussi à en venir à bout de façon déterminante.

Cela étant, certains hôpitaux font beaucoup mieux que d'autres. À Québec et à Laval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans Chaudière-Appalaches, en Estrie et en Mauricie notamment, on est parvenu à réduire le pourcentage de ceux qui attendent plus de 48 heures sur une civière à moins de 3 %. L'une des raisons qui expliquent un tel retour à des proportions presque normales est la disponibilité de places dans les centres d'hébergement dans ces régions, un problème encore sérieux à Montréal.

Il y a quelques années, le ministre de la Santé avait créé un centre de coordination nationale sur les urgences, auquel il avait confié la tâche de conseiller les hôpitaux au sujet des moyens à prendre pour améliorer la situation. L'initiative a porté fruit... mais pas partout. L'automne dernier encore, le ministre Couillard faisait parvenir des lettres de réprimande à quatre grands hôpitaux de la région métropolitaine jugés trop peu performants. Ces lettres, dit-on, avaient d'abord pour but d'appuyer les directions locales dans leurs démarches auprès du personnel médical pour obtenir sa collaboration. L'histoire ne dit pas quel a été le résultat...

D'ici quelques mois, toutes les agences régionales de santé qui ont remplacé les régies présenteront leur plan de fusion des hôpitaux avec les CLSC et les centres d'hébergement pour créer des réseaux intégrés de services. Selon le ministre, cela devrait aussi contribuer à désengorger les urgences. Tant mieux si ça fonctionne! Mais avec des données comme celles qui faisaient la manchette du Devoir hier, difficile de ne pas succomber chaque jour un peu plus au scepticisme!

jrsansfacon@ledevoir.ca
 
 
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  • Raymond Vaillancourt
    Abonné
    jeudi 22 janvier 2004 08h18
    Une orientation clientèle plutôt qu'une orientation ressource !
    Tant et aussi longtemps que les centres hospitaliers ne seront pas orientés clientèle, mais orientés ressources, il est évident que la solution sera toujours dans la cours du voisin (les lits d'hébegement, les services et soins à domiciles, etc...). Mais il y a une résistance très forte à reconnaître cette réalité. Pourtant, il exite des moyens de ce faire; encore faut=il sortir des ornières que les habitudes ont creusées et dans lesquelles les nombreux rapports retombent toujours.

    http://marcaurele.tripod.com

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