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Mandats confiés aux chefs dissidents de Kanesatake - Des résolutions illégales, dit Gabriel

Fabien Deglise   21 janvier 2004 
Nul et non avenu. Les résolutions adoptées lundi soir par les résidants de Kanesatake lors d'une réunion spéciale organisée par les chefs dissidents de la réserve sont illégales. Elles mettent aussi en péril la santé démocratique de la communauté, a commenté par voie de communiqué hier le grand chef du conseil de bande, James Gabriel, qui appelle ses opposants à la raison «pour éviter de pénibles et coûteuses batailles juridiques.»

Le grand chef, en exil depuis l'incendie criminel de sa maison la semaine dernière et la prise en otage des forces policières de la réserve par un groupe de dissidents, est catégorique. Les résolutions «adoptées pour changer le code électoral du Conseil Mohawk et pour devancer la date des élections générales du conseil de bande [...] n'ont pas été communiquées aux Conseil des chefs, n'ont pas été approuvées par le Conseil et ne seront pas mises en application car elles sont illégales», explique-t-il. Ce mandat de réviser le processus électoral a été confié aux trois chefs dissidents, Steven et John Bonspille ainsi que John Harding, par les 150 résidants de Kanesatake rassemblés dans un gymnase lundi soir.

Un nombre insuffisant, estime M. Gabriel, surtout sur une question aussi cruciale que celle-ci. «Quand le futur de notre communauté est en question, tous les Mohawks de Kanesatake doivent avoir le droit d'exprimer leur point de vue», dit-il, tout en accusant ses opposants «d'essayer à nouveau de contraindre le processus démocratique de manière à influencer le résultat des élections.»

Ce constat a été au menu de la rencontre qu'a eu le grand chef à Montréal hier avec un autre chef... celui de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont. Un entretien d'une heure trente organisé à la demande du politicien lui même, «pour mieux comprendre le dossier», a-t-il expliqué lors d'un bref point de presse tenu à ses bureaux dans les minutes suivant la rencontre.

Avec en tête une chronologie clarifiée et commentée des événements, M. Dumont s'est montré hautement critique à l'égard du ministre de la Sécurité publique du Québec, Jacques Chagnon, que le premier ministre «devrait écarter du dossier» en raison de la manière «désolante» avec laquelle il a gérer la crise, a dit M. Dumont. «[Il] est devenu un obstacle autant au rétablissement de l'autorité du chef Gabriel qu'à toute initiative sérieuse par rapport à la lutte au crime à Kanesatake. [Son départ] est donc une étape préliminaire pour revenir à une situation normale [sur la réserve]», a lancé le chef de l'ADQ.
 
 
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