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    Nuit des sans-abri

    De l’art de la conversation

    Le couple d’artistes Annie Roy et Pierre Allard
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le couple d’artistes Annie Roy et Pierre Allard

    Ça fait des années que, jour après jour, on traverse le même espace sans se parler, pire encore, sans se voir. Et voilà qu’un événement de Montréal nous permet de nous rencontrer.

     

    Portée depuis son avènement par le couple d’artistes d’Annie Roy et Pierre Allard, l’Action terroriste socialement acceptable (ATSA) innove cette année en proposant aux citoyens de se rencontrer, de se parler, le temps d’une soupe. Le tout se déroule place Émilie-Gamelin, du 15 au 18 octobre.

     

    En entrevue, Annie Roy insiste sur la dimension artistique de l’oeuvre. « Ce sont des oeuvres d’art. C’est un champ de l’art qui demeure méconnu, c’est de l’art relationnel. On construit des mécaniques de rencontres et on esthétise la rencontre », dit-elle.

     

    Cette année, elle et son conjoint et partenaire Pierre Allard ont sélectionné 20 paires de sièges, de différents styles et de différentes couleurs, qu’ils ont montés sur une scène : des tabourets, de vieilles chaises, de gros fauteuils, des chaises de bureau, des chaises d’école.

     

    Duos spontanés

     

    À partir de 16 h jeudi, un maître d’hôtel invitera des gens de la foule qui ne se connaissent pas à venir s’asseoir en duo sur cette terrasse pour y tenir une conversation « d’un certain niveau ». On attend 1500 de ces duos durant tout l’événement, et les 3000 soupes prévues pour l’occasion sont fournies gratuitement par le restaurant Soupesoup.

     

    « C’est la première fois qu’on travaille une dimension de l’intime », dit Annie Roy. Depuis 1998 déjà, l’Action terroriste socialement acceptable se fait connaître par ses actions publiques originales pour la défense des droits de l’Homme et de la paix. Cette année, elle s’associe à la Nuit des sans-abri, qui se déroule le 16 octobre, pour se pencher sur le phénomène de l’itinérance et son cortège de préjugés et de cercles vicieux.

     

    Les duos qui se seront formés spontanément le temps d’une soupe seront donc invités, s’ils le souhaitent, à échanger sur ce phénomène.

     

    Parmi la liste des sujets de conversation proposés, on retrouve les thèmes de l’éducation, du logement, du revenu ou de la police.

     

    « Mais les gens peuvent parler de ce qu’ils veulent, les conversations ne sont pas enregistrées », poursuit Annie Roy.

     

    Tout au plus suggérera-t-on aux participants d’évoquer en quelques mots leur rencontre, et de se faire prendre en photo à la fin de leur entretien. « Cela fera une sorte de haïku japonais. » Les rencontres sont prévues pour durer de 10 à 15 minutes. Ou plus si intérêt…

     

    « On incite les gens à entrer dans cette bulle si précieuse du face à face. »

     

    Le tout sera supervisé non seulement par un maître d’hôtel, mais aussi par des médiateurs culturels et sociaux qui s’assureront de la bonne marche des événements.

     

    « Je ne demande pas aux gens de discuter de choses comme s’ils étaient des spécialistes », dit Annie Roy. Elle souhaite par-dessus tout briser les préjugés, et inviter les gens à avoir confiance en leur savoir et en leur intelligence.

     

    Parallèlement à cette activité, toute une gamme de spectacles, de projections de films et d’expositions se déclinera sous le chapiteau de l’ATSA pour précisément emmener sur les lieux des gens de différents milieux, de différents âges et de différentes classes sociales. On y attend entre autres Philippe Brach, Catherine Major, Fanny Bloom, Pascale Picard, Les voix ferrées, et des ateliers de cirque social pour toute la famille durant la fin de semaine.

     

    Tous les participants à ces festivités, et bien d’autres, dont le maire de Montréal, Denis Coderre, et la ministre déléguée aux Services sociaux, Lucie Charlebois, sont invités à échanger le temps d’une soupe.













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