Québec solidaire veut démontrer sa crédibilité économique

La co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David

Conscient de ses faiblesses, Québec solidaire (QS) souhaite démontrer sa crédibilité économique grâce à une vaste tournée des régions, qui démarrera cet automne.

 

« En vue de la prochaine élection générale, [on veut] avoir des plans de développement économique pour toutes les régions du Québec qui vont s’appuyer sur ce que les acteurs et actrices vont nous avoir dit dans les régions et, bien sûr, sur les convictions de Québec solidaire, par exemple les énergies vertes et une économie plus sociale et solidaire », a précisé au Devoir Françoise David, co-porte-parole de Québec solidaire.

 

« On veut aller écouter les gens, aussi bien les chambres de commerce que les entreprises d’économie sociale, les organismes communautaires et culturels, ajoute Mme David. On veut savoir comment les gens dans l’ensemble des régions du Québec veulent développer leur région. Quel plan de développement économique ils veulent faire ou sont en train de faire. On veut vraiment que ce soit un échange. »

 

En caucus toute la fin de semaine, le parti s’est penché sur cette tournée qui se prépare depuis un an. « On est en train de se donner un plan de travail », indique la co-porte-parole.

 

Cette visite régionale s’étalera sur deux saisons et s’arrêtera d’abord en Abitibi-Témiscamingue, en Estrie et dans le Bas-Saint-Laurent, loin de la métropole où QS a l’habitude de faire élire des candidats. Les pourcentages des voix obtenus dans les circonscriptions de ces trois régions, lors des élections de 2014, varient entre 2 et 16 %.

 

Mme David ne cache pas que QS souhaite s’éloigner de l’étiquette de parti « montréalais ». « Nous voulons nous positionner à la prochaine élection générale comme un parti pour l’ensemble du Québec et un parti qui a une véritable crédibilité économique, martèle la co-porte-parole. On sait que, là-dessus, les gens ne sont pas encore tout à fait convaincus. On pense que, d’ici trois ans, on a amplement le temps de convaincre monsieur et madame Tout-le-Monde, et les acteurs socio-économiques, que QS a toute la crédibilité nécessaire pour gouverner. »

 

La tournée donnera aussi une tape dans le dos aux associations régionales qui peinent à acquérir des votes pour leurs candidats depuis des années. « [Cela] va donner une chance à nos associations dans toutes les régions de se faire mieux connaître sur le terrain », indique Mme David.

 

Actuellement à 13 % dans les intentions de vote, Mme David dit avoir bon espoir d’obtenir de nouveaux sièges. « C’est la première fois qu’à la fin de l’été on ne vit pas de baisse. On est convaincus qu’on va faire des pas en avant très importants. »

 

Les trois députés solidaires — Manon Massé, Amir Khadir et Françoise David — seront très actifs et visibles à l’Assemblée nationale cet automne, souligne également la co-porte-parole, qui espère réussir à faire adopter un premier projet de loi de QS, qui porte sur la protection des locataires aînés. « C’est la première fois qu’on réussit à amener un projet de loi jusqu’à une commission parlementaire. »

 

Sauver l’école publique

 

Des appels aux membres de QS ont par ailleurs été lancés pour qu’ils participent aux chaînes humaines devant les écoles publiques mardi pour dénoncer les « coupes massives dans l’éducation » faites par le gouvernement du Québec. Le parti a également des projets de site Web pour parler de l’école publique et a prévu des rencontres avec les acteurs de ce milieu.

 

« On veut faire savoir aux parents, mais aussi aux enseignantes et enseignants, qu’on est du côté des défenseurs de l’école publique. Je crois que les gens vont se rendre compte que les meilleurs défenseurs d’une éducation pour tous et pour toutes, c’est vraiment QS. On va la défendre tant à l’Assemblée nationale que sur le terrain », lance avec conviction Mme David.

 

« Si ces [restrictions budgétaires] continuent, le message que le gouvernement va envoyer aux gens c’est : “si vous voulez des bons services, vous êtes bien mieux d’aller à l’école privée” », regrette la députée.

 

« Nous croyons dans nos écoles publiques, réplique Julie White, attachée de presse du ministre de l’Éducation, François Blais. C’est pourquoi nous posons des gestes pour les protéger, notamment en travaillant à l’amélioration de la gouvernance du réseau scolaire et en optimisant ses moyens. »

 

Mme White précise que les « efforts » demandés aux commissions scolaires « représentent environ 1 % des budgets » qui leur sont alloués, « dans un contexte où les commissions scolaires ont accumulé des surplus d’environ 800 millions de dollars au cours des dernières années ».

Nous voulons nous positionner à la prochaine élection générale comme un parti pour l’ensemble du Québec et un parti qui a une véritable crédibilité économique. On sait que, là-dessus, les gens ne sont pas encore tout à fait convaincus. On pense que, d’ici trois ans, on a amplement le temps de convaincre monsieur et madame Tout-le-Monde, et les acteurs socio-économiques, que QS a toute la crédibilité nécessaire pour gouverner.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 31 août 2015 06 h 13

    vaste tournée des régions

    Tiens !?! Quelle idée originale.

    Attendez...
    N'ais-je pas déjà entendu quelque chose de semblable la semaine passée ? Par qui déjà ??? Attendez que ça me revienne... Un grand bonhomme-là, fraichement marié à une jolie fille connue, qui aime faire du vélo, (shut, il parait qu'il a des sous), il veut faire quelque chose comme un pays. Non, ça ne me reviens pas. Ah, les trous de mémoire, c'est l'enfer. Bof, ça ne devait pas être important finalement.

    PL

  • Jean Lapointe - Abonné 31 août 2015 07 h 50

    Vont-ils tout nous dire?

    «Conscient de ses faiblesses, Québec solidaire (QS) souhaite démontrer sa crédibilité économique grâce à une vaste tournée des régions, qui démarrera cet automne.»

    Bonne idée. Mais espérons qu'ils vont tout nous dire.

    Je ne sais pas très bien pourquoi mais j'ai toujours l'impression que Québec solidaire a toujours des plans derrière la tête qu' ils préfèrent taire.

    Je me demande bien d`où elle vient cette impression?

    Est-ce que je me ferais des idées par hasard? Ou bien y aurait-il vraiment anguille sous roche?

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 31 août 2015 11 h 02

      Quelle crédibilité économique ? Quand tout ce qu'ils veulent est de mettre tous les patrons dehors comme des parias, vider les banques, fermer les entreprises et distribuer le reste à travers la population ? Ma question devient : Une fois le bahut vidé, qui le remplira à nouveau ? Ce système de nivellement total vers la base n'a pas fonctionné là d'où il vient, pourquoi fonctionnerait-il ici ? «Anguille sous roche ?» vous dites ? C'est un nid d’aspics myopes. Éliminer les disparités en enlevant tout à tout le monde n’est pas vraiment «La» solution.
      «Tout le monde sur la paille» n’est pas vraiment un projet attrayant pour moi.
      Je prédis qu'ils vont de faire fermer quelques portes au nez.

      PL

  • François Dugal - Inscrit 31 août 2015 07 h 58

    "Coupes massive"

    S'il y a eu des "coupes massives" en éducation, c'est que le gouvernement libéral a été élu.
    Si le gouvernement libéral a été élu, c'est QS a divisé le vote de la gauche.
    Merci.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 31 août 2015 11 h 04

      «S'il y a eu des "coupes massives" en éducation, c'est que le gouvernement libéral a été élu. Si le gouvernement libéral a été élu, c'est QS a divisé le vote de la gauche.» - François Dugal

      1- Le PQ, c'est «aussi» de la droite néolibérale pro-entreprises et pro-austérité. Le PQ est même l'instigrateur du dogme du déficit zéro au Québec bien avant les libéraux.


      2 - Le PQ n'a jamais eu besoin de personne pour perdre les élections. 2003 le PQ a perdu le pouvoir et QS n'exitait même pas.

      3 - Avec une drop historique de «319 583» votes (le pire score du PQ depuis 1970!), ce n'est pas Québec Solidaire qui a remis les libéraux au pouvoir, c'est le PQ.

      4- Et pour cause, que ce sont les péquistes eux-mêmes qui ne sont même pas donné la peine de voter pour leur propre parti!

      Tenter de jeter le blâme de la déblâche historique du PQ sur QS est totalement abusif; de plus, comme si tous les autres partis ne divisaientt pas les votes!

      Et comme disait Richard Desjardins: «Si les péquistes trouvent qu'on divise le vote indépendantiste, y'ont rien qu'à voter pour nous autres!»

      Référence :

      « Analyse des résultats électoraux : les péquistes à la maison, les fédéralistes motivés » - L'Actualité, 17 avr. 2014, Alec Castonguay

    • Raymond Labelle - Abonné 2 septembre 2015 12 h 45

      Un sondage Léger tenu en mars 2014 avait posé la question: "Si vous ne pouviez pas voter pour (premier choix du répondant), lequel serait votre deuxième choix parmi les répondants suivants?"

      Le PLQ était le deuxième choix de 45% des électeurs caquistes.

      Le PQ était le deuxième choix de 40% des électeurs de QS.

      (Voir: http://www.ledevoir.com/documents/pdf/sondage_devo

      Aux élections d’avril 2014, la CAQ a obtenu 23% des votes, et QS, 7,6% des votes. Voir: http://www.electionsquebec.qc.ca/francais/provinci

      Donc, si on enlevait la CAQ, le PLQ aurait eu 45% de 23% de votes en plus, soit, environ 10% de voix en plus.

      Si on enlève QS, le PQ a 40% de 7,6% de votes de plus, soit environ 3% de votes de plus.

      On voit que la CAQ a beaucoup plus nui au PLQ que QS n'a nui au PQ.

      Le PLQ avait eu à peu près 42% des votes, et le PQ, 25%. Une différence de 17%.
      Sans la CAQ et QS, le PLQ aurait eu 52% du vote et le PQ 28%. Une différence de 24%.

      On pourrait raisonnablement envisager que, sans la CAQ, aux élections précédentes, c'est le PLQ qui aurait été élu, et non le PQ. Ou, vu d’une autre manière, la CAQ a plus aidé le PQ que QS ne lui a nui.

  • Simon Pelchat - Abonné 31 août 2015 08 h 43

    Bienvenu

    Vous êtes les bienvenus. Tout le Québec a besoin d'une lecture variée des valeurs dominantes et des aspirations des québécois et des québécoises vivant sur le territoire du Québec.

  • Claude Gélinas - Abonné 31 août 2015 10 h 02

    Crédibilité économique sans oublier la crédibilité souverainiste !

    Reconnu comme le parti de la gratuité sans égard à la réalité économique QS a bien du chemin à parcourir avant de retrouver une crédibilité économique. En revanche, son refus d'appuyer le BQ soulève un questionnement normal sur le sérieux de sa foi souverainiste.

    • Patrick Boulanger - Abonné 31 août 2015 11 h 02

      M. Gélinas, est-ce que vous vous vous questionnez également sur le sérieux de la foi souverainiste de M. Péladeau quand celui-ci évoque que le BQ ne «ne sert strictement à rien»?

      Voir: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/424217/le

    • Christian Montmarquette - Inscrit 31 août 2015 11 h 45

      «Crédibilité économique sans oublier la crédibilité souverainiste !» -Claude Gélinas


      C'est le PQ qui n'a pas de crédibilité souverainiste sans référendum au programme depuis plus de 20 ans!

      De plus, tous les engagements de QS ont tojours été chiffrés dans un budget équilibré.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      «Cadre budgétaire de Québec Solidaire :