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    La radicalisation ne mène pas nécessairement au terrorisme

    La 12e École d’été de l’Institut du Nouveau Monde déboulonnera certains mythes en présence de représentants de tous les partis politiques, à l’exception du Parti conservateur

    Dans un contexte d’élections fédérales teintées par la lutte contre la radicalisation et le terrorisme, les organisateurs de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde (INM) souhaitent que les jeunes se fassent une idée sur ces enjeux à l’aide de discussions avec des experts et des politiciens. Seul le Parti conservateur du Canada, instigateur de la loi antiterroriste, n’a pas pu envoyer de représentant à l’événement qui débutera mercredi.

     

    « Quand vous n’êtes pas radical à 18 ans, vous faites des adultes de 50 ans un peu plates ! », dédramatise Janine Krieber, experte en relations internationales et terrorisme, qui souhaite redonner son véritable sens au terme « radicalisation » durant son atelier-conversation. « On a tous été radicaux dans notre vie ; anarchistes, marxistes-léninistes, etc. C’est naturel », poursuit-elle.


    « Les radicalisations — il n’y a pas que celle de l’État islamique — existent depuis très longtemps, précise Ghayda Hassan, professeure de psychologie à l’UQAM et spécialiste des questions de violence qui animera elle aussi un atelier. Un des plus grands exemples de l’ère moderne est le nazisme. Il y a aussi les suprémacistes blancs, les homophobes, qui existent depuis longtemps en Amérique du Nord. »

     

    Radical et non terroriste

     

    Être radical n’est pas un indicateur de terrorisme, précise Mme Krieber, qui trouve dangereux que « le discours ambiant » fasse un « rapport direct » entre ces deux termes. « Le radicalisme est une posture intellectuelle. Ce n’est pas parce qu’on est radical qu’on fait du vandalisme dans la rue. »

     

    Mme Hassan estime qu’« il faut à tout prix lutter contre un discours qui prône le “nous les gentils” contre “eux les méchants” », carles « polarisations nourrissent les conflits intercommunautaires et ostracisent des communautés ».

     

    Surveiller la radicalisation « ne nous dit rien sur le terrorisme », nuance Mme Krieber. Le contrôle du terrorisme passe plutôt par le renseignement, affirme-t-elle. « Infiltrer les organisations, savoir qui projette des coups, faire des écoutes électroniques… Ça a toujours été ça. Au XIXe siècle, avec les groupes anarchistes, on faisait de l’infiltration. »

     

    Elle juge la loi antiterroriste « à peu près inutile », les services policiers et de renseignement étant déjà prêts à faire face à la menace visée par les lois actuelles.

     

    Une meilleure surveillance des services de renseignement serait bénéfique, croit l’experte. « Quand [les services de renseignement] ne sont pas surveillés, ils font des gaffes. On a plusieurs exemples dans notre histoire. » Dans son rapport de 2012, l’inspectrice générale du Service canadien du renseignement de sécurité constatait notamment des erreurs dans la transmission de renseignements.

     

    La lutte contre la radicalisation, quant à elle, passe par le dialogue et le compromis, croit Mme Hassan. « Il faut faire des lois non pas pour augmenter la surveillance des citoyens ou pour limiter leurs libertés, mais plutôt pour contrer les injustices sociales. Il faut lutter contre les déqualifications professionnelles, les discriminations, les marginalisations et les divisions sociales, qui augmentent les radicalisations. »

     

    Les participants de l’École d’été — qui se déroulera du 12 au 15 août au Collège Montmorency — seront invités à travailler ensemble sur des plans de réaction à la radicalisation.

     

    Les conservateurs boudent l’événement

     

    Le jeunes seront aussi invités à discuter de l’avenir énergétique du Québec, du système judiciaire, de science, de prospérité et austérité, de changements climatiques, de l’avenir des régions, des stéréotypes liés au genre et de leurs impacts sur les femmes, de désinformation, de design et de consultations citoyennes.

     

    Le grand thème «#NousSommes » explore les traits qui rassemblent les citoyens, au-delà des appartenances culturelles, religieuses, politiques et de genre.

     

    Deux chefs de partis seront présents, soit Pierre Karl Péladeau, du Parti québécois, et Gilles Duceppe, du Bloc québécois. La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, le chef adjoint du Parti vert du Canada, Daniel Green, le candidat du Nouveau Parti démocratique du Canada Hans Marotte, le député libéral Marc Garneau et le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, prendront eux aussi part aux discussions.

     

    « Un sujet très fort sera la tenue des élections fédérales, assure le directeur général Michel Venne. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé de représentant du Parti conservateur disponible. Tous les autres partis ont trouvé une façon de libérer un candidat pour venir discuter de l’avenir du pays avec les 400 jeunes qui seront là. »













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