Quand le meilleur côtoie le pire
Le 36e Salon de l'automobile, qui ouvre ses portes aujourd'hui au Palais des congrès de Montréal, traduit à sa façon les tâtonnements d'une industrie qui se cherche et se développe de plus en plus en fonction de «niches» aux exigences contradictoires, faute d'orientations claires sur le plan politique et social.
Ainsi, l'augmentation de la puissance et de la taille est toujours à l'honneur chez la plupart des constructeurs automobiles de luxe et chez tous les constructeurs nord-américains, dont plusieurs modèles ont des allures de monstres meurtriers quand on les voit apparaître dans le rétroviseur. Mais en même temps, les voitures hybrides hyperefficaces sur le plan énergétique — dont le moteur à pistons est secondé par un ou plusieurs moteurs électriques pour un surcroît de douceur et de puissance — se multiplient chez les japonais Toyota et Honda, qui mènent le bal dans ce domaine. Et en même temps qu'on voit les utilitaires sport prendre du poids et se multiplier en nouveaux modèles, on voit apparaître des voitures de plus en plus rationnelles, qui combinent capacité de chargement, nervosité et économie relative, ce qui explique le retour en force des familiales dans la gamme de luxe, presque aussi logeables mais d'une sécurité dynamique plus élevée que les fourgonnettes.
Sous cet aspect, le Salon de Montréal reflète assez mal la percée technologique révélée la semaine dernière au Salon de Detroit, où Honda a présenté sa nouvelle Accord hybride et Lexus son nouveau Rx 400h, un utilitaire sport hybride assez semblable à son Rx 300, un 4X4 traditionnel plutôt énergivore et destructeur de la planète, comme tous les utilitaires sport. Malheureusement, ni Honda ni Toyota n'ont jugé bon de présenter à Montréal une version de ces deux véhicules «tendance», ce qui aurait constitué une première canadienne intéressante. Les porte-parole des deux sociétés n'ont pas voulu dire s'ils réservaient la primeur de ces deux hybrides de grande série au Salon de Toronto, qui doit ouvrir ses portes dans un mois...
Mais selon les porte-parole de Lexus, un constructeur affilié à Toyota, la Rx 400h ne sera pas disponible au Canada avant la fin 2004, tous les véhicules disponibles étant réservés au marché américain, où la société veut consolider son offensive de vente. Et, ajoutent-ils, la version hybride du Highlander, un 4X4 encore plus gros, ne sera disponible au Canada qu'à la fin 2005! Honda dit la même chose au sujet de son Accord hybride, qui devrait faire un malheur en raison de la popularité du modèle et de la technologie dont il est doté.
L'intérêt des consommateurs canadiens et québécois pour ces véhicules hybrides est pourtant plus grand, en principe, que celui des consommateurs américains et canadiens, qui regardent beaucoup moins à la dépense en matière d'achat d'essence et qui, de ce fait, achètent en général des véhicules plus gros, plus gourmands qu'au Québec. Un utilitaire sport comme le Rx 400h devrait rapidement se tailler une part de marché enviable ici si on tient compte du fait que sa consommation d'essence pourrait se comparer à celle d'une Corolla ou d'une Echo, affirmait hier un représentant de la marque.
Pour l'instant, les consommateurs québécois qui veulent participer à la réduction des gaz à effet de serre par l'achat d'une hybride peuvent se rabattre sur la Prius de Toyota, plus spacieuse — elle est devenue une compacte en 2004! —, plus puissante avec ses deux moteurs (mécanique et électrique) et sa transmission électrique à démultiplication continue, une merveille de souplesse. Fait à noter, c'est probablement la seule voiture dont la consommation urbaine est inférieure (quatre litres aux 100 km) à celle sur la grande route (4,2 litres aux 100 km). Cela tient au fait que les moteurs électriques fournissent plus d'aide au moteur mécanique... à basse vitesse. L'efficacité énergétique de la Prius a d'ailleurs été mise à profit à Montréal par les Messageries Angus, une coop qui distribue du courrier à travers la ville, dirigée par une équipe de jeunes pour lesquels l'environnement est une priorité. La Prius vient d'ailleurs d'être choisie voiture nord-américaine de l'année par un groupe de journalistes et d'experts.
En attendant que Honda se décide à importer son Accord hybride au Canada, les consommateurs peuvent cependant s'intéresser à son Insight ou à sa Civic en version hybride, qui bat elle aussi des records d'économie d'essence.
Mazda, Suzuki et Nissan ainsi que les constructeurs européens et américains n'arrivent décidément pas à suivre Honda et Toyota dans le développement des hybrides, un marché pourtant en pleine progression aux États-Unis en raison de la politique avouée de l'administration Bush de réduire la dépendance envers le pétrole du Moyen-Orient, ce qui a sérieusement lancé la course à la propulsion à l'hydrogène et, à court terme, le recours à la technologie plus facilement accessible de la propulsion hybride.
L'efficacité énergétique n'intéresse pas tout le monde, en effet. Des constructeurs ignorent jusqu'aux préoccupations du public qui s'informe, ici plus qu'ailleurs, sur la performance énergétique des voitures. Ainsi, au Salon de l'automobile de Montréal, Volvo, Ford, Mercedes, Jaguar et Rover ont délibérément décidé de ne pas afficher la cote de consommation d'essence de leurs véhicules. Une décision qu'aucun de ces constructeurs n'a vraiment justifiée, mais tous se sont défendus de vouloir cacher de mauvaises cotes au public... Cette indifférence envers les consommateurs d'ici n'a d'égale que celle de certains constructeurs pour la langue française. En effet, certaines entreprises, comme Chrysler et Mitsubishi, ont fait hier des présentations unilingues en anglais!
La vogue des voitures de luxe a continué de prendre de l'ampleur chez les constructeurs en même temps que l'élite de cette industrie s'affaire à multiplier les modèles de 4X4, qui représentent désormais la moitié des ventes de tous les véhicules au Canada. Et personne ne saurait dire qui aura le courage politique de contrecarrer cette tendance qui va à rebours de tous les efforts de la communauté internationale et du Canada pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto. Mais il est intéressant de noter que les constructeurs européens font un retour vers la familiale, plus fonctionnelle mais d'allure et de caractère plus sportifs, comme ces nouveaux modèles présentés par Mercedes et même, nouveauté remarquable, chez Jaguar, qui ose concurrencer les Volvo avec une intégrale, disponible en manuelle ou en automatique, plus luxueuse et à meilleur prix...
Volkswagen offre aussi à compter de cette année une Passat diesel à prix raisonnable qui rivalisera d'économies et d'émissions atmosphériques avec ses Jetta et Beatle, des championnes de l'économie de carburant.
Ainsi, l'augmentation de la puissance et de la taille est toujours à l'honneur chez la plupart des constructeurs automobiles de luxe et chez tous les constructeurs nord-américains, dont plusieurs modèles ont des allures de monstres meurtriers quand on les voit apparaître dans le rétroviseur. Mais en même temps, les voitures hybrides hyperefficaces sur le plan énergétique — dont le moteur à pistons est secondé par un ou plusieurs moteurs électriques pour un surcroît de douceur et de puissance — se multiplient chez les japonais Toyota et Honda, qui mènent le bal dans ce domaine. Et en même temps qu'on voit les utilitaires sport prendre du poids et se multiplier en nouveaux modèles, on voit apparaître des voitures de plus en plus rationnelles, qui combinent capacité de chargement, nervosité et économie relative, ce qui explique le retour en force des familiales dans la gamme de luxe, presque aussi logeables mais d'une sécurité dynamique plus élevée que les fourgonnettes.
Sous cet aspect, le Salon de Montréal reflète assez mal la percée technologique révélée la semaine dernière au Salon de Detroit, où Honda a présenté sa nouvelle Accord hybride et Lexus son nouveau Rx 400h, un utilitaire sport hybride assez semblable à son Rx 300, un 4X4 traditionnel plutôt énergivore et destructeur de la planète, comme tous les utilitaires sport. Malheureusement, ni Honda ni Toyota n'ont jugé bon de présenter à Montréal une version de ces deux véhicules «tendance», ce qui aurait constitué une première canadienne intéressante. Les porte-parole des deux sociétés n'ont pas voulu dire s'ils réservaient la primeur de ces deux hybrides de grande série au Salon de Toronto, qui doit ouvrir ses portes dans un mois...
Mais selon les porte-parole de Lexus, un constructeur affilié à Toyota, la Rx 400h ne sera pas disponible au Canada avant la fin 2004, tous les véhicules disponibles étant réservés au marché américain, où la société veut consolider son offensive de vente. Et, ajoutent-ils, la version hybride du Highlander, un 4X4 encore plus gros, ne sera disponible au Canada qu'à la fin 2005! Honda dit la même chose au sujet de son Accord hybride, qui devrait faire un malheur en raison de la popularité du modèle et de la technologie dont il est doté.
L'intérêt des consommateurs canadiens et québécois pour ces véhicules hybrides est pourtant plus grand, en principe, que celui des consommateurs américains et canadiens, qui regardent beaucoup moins à la dépense en matière d'achat d'essence et qui, de ce fait, achètent en général des véhicules plus gros, plus gourmands qu'au Québec. Un utilitaire sport comme le Rx 400h devrait rapidement se tailler une part de marché enviable ici si on tient compte du fait que sa consommation d'essence pourrait se comparer à celle d'une Corolla ou d'une Echo, affirmait hier un représentant de la marque.
Pour l'instant, les consommateurs québécois qui veulent participer à la réduction des gaz à effet de serre par l'achat d'une hybride peuvent se rabattre sur la Prius de Toyota, plus spacieuse — elle est devenue une compacte en 2004! —, plus puissante avec ses deux moteurs (mécanique et électrique) et sa transmission électrique à démultiplication continue, une merveille de souplesse. Fait à noter, c'est probablement la seule voiture dont la consommation urbaine est inférieure (quatre litres aux 100 km) à celle sur la grande route (4,2 litres aux 100 km). Cela tient au fait que les moteurs électriques fournissent plus d'aide au moteur mécanique... à basse vitesse. L'efficacité énergétique de la Prius a d'ailleurs été mise à profit à Montréal par les Messageries Angus, une coop qui distribue du courrier à travers la ville, dirigée par une équipe de jeunes pour lesquels l'environnement est une priorité. La Prius vient d'ailleurs d'être choisie voiture nord-américaine de l'année par un groupe de journalistes et d'experts.
En attendant que Honda se décide à importer son Accord hybride au Canada, les consommateurs peuvent cependant s'intéresser à son Insight ou à sa Civic en version hybride, qui bat elle aussi des records d'économie d'essence.
Mazda, Suzuki et Nissan ainsi que les constructeurs européens et américains n'arrivent décidément pas à suivre Honda et Toyota dans le développement des hybrides, un marché pourtant en pleine progression aux États-Unis en raison de la politique avouée de l'administration Bush de réduire la dépendance envers le pétrole du Moyen-Orient, ce qui a sérieusement lancé la course à la propulsion à l'hydrogène et, à court terme, le recours à la technologie plus facilement accessible de la propulsion hybride.
L'efficacité énergétique n'intéresse pas tout le monde, en effet. Des constructeurs ignorent jusqu'aux préoccupations du public qui s'informe, ici plus qu'ailleurs, sur la performance énergétique des voitures. Ainsi, au Salon de l'automobile de Montréal, Volvo, Ford, Mercedes, Jaguar et Rover ont délibérément décidé de ne pas afficher la cote de consommation d'essence de leurs véhicules. Une décision qu'aucun de ces constructeurs n'a vraiment justifiée, mais tous se sont défendus de vouloir cacher de mauvaises cotes au public... Cette indifférence envers les consommateurs d'ici n'a d'égale que celle de certains constructeurs pour la langue française. En effet, certaines entreprises, comme Chrysler et Mitsubishi, ont fait hier des présentations unilingues en anglais!
La vogue des voitures de luxe a continué de prendre de l'ampleur chez les constructeurs en même temps que l'élite de cette industrie s'affaire à multiplier les modèles de 4X4, qui représentent désormais la moitié des ventes de tous les véhicules au Canada. Et personne ne saurait dire qui aura le courage politique de contrecarrer cette tendance qui va à rebours de tous les efforts de la communauté internationale et du Canada pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto. Mais il est intéressant de noter que les constructeurs européens font un retour vers la familiale, plus fonctionnelle mais d'allure et de caractère plus sportifs, comme ces nouveaux modèles présentés par Mercedes et même, nouveauté remarquable, chez Jaguar, qui ose concurrencer les Volvo avec une intégrale, disponible en manuelle ou en automatique, plus luxueuse et à meilleur prix...
Volkswagen offre aussi à compter de cette année une Passat diesel à prix raisonnable qui rivalisera d'économies et d'émissions atmosphériques avec ses Jetta et Beatle, des championnes de l'économie de carburant.
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