Lettres: La communication ne passe plus
Gilles Derome - Laval, le 18 décembre 2003
24 décembre 2003
L'information risque de tuer l'information. Les réalisateurs radio et télé se sont fait prendre. Un animateur radio nous lit les messages qu'il a reçus par courriel. Un animateur télé, pour ne pas être en reste, fait la même chose... Nous nageons en plein ridicule. Faut-il rappeler à l'animateur radio que la radio repose sur le son de la voix, des bruits ou de la musique qu'on y entend? Faut-il rappeler que la télévision repose sur l'image qu'on y voit et sur le son qui l'accompagne?
Faire entendre des courriels lus par l'animateur maison c'est, à la radio, faire entendre des paroles anonymes qui n'ont pas de propriétaires sonores; à la télévision, c'est faire entendre ces mêmes anonymes sans voix qui ont perdu leur image.
Dans les deux cas c'est, pour le diffuseur, abandonner sa raison d'être. C'est faire semblant d'être à la fine pointe. C'est malheureusement faire dans le non-identifiable. Et la radio et la télévision sont deux médias qui reposent tout entiers sur l'identification de la source. Charron ou Nadeau, avec la voix de personne, n'existent plus. Si, pour toutes sortes de raison, la voix de l'animateur est modifiée et s'il porte un masque, la radio et la télévision viennent de disparaître.
Je souhaite que nos «médiateurs» reprennent la place qui leur appartient. Imaginez une seconde s'il y avait, dans un cinéma près de chez vous, avant la projection du long métrage, quelques minutes de lecture de courriels... C'est impensable! Il faut que les réalisateurs retombent sur leurs pattes. La communication est depuis toujours la reconnaissance par un écoutant d'une émission sonore et visuelle. Si l'émetteur n'est pas identifiable, la communication ne passe pas. Qu'on se le dise de vive voix.
Faire entendre des courriels lus par l'animateur maison c'est, à la radio, faire entendre des paroles anonymes qui n'ont pas de propriétaires sonores; à la télévision, c'est faire entendre ces mêmes anonymes sans voix qui ont perdu leur image.
Dans les deux cas c'est, pour le diffuseur, abandonner sa raison d'être. C'est faire semblant d'être à la fine pointe. C'est malheureusement faire dans le non-identifiable. Et la radio et la télévision sont deux médias qui reposent tout entiers sur l'identification de la source. Charron ou Nadeau, avec la voix de personne, n'existent plus. Si, pour toutes sortes de raison, la voix de l'animateur est modifiée et s'il porte un masque, la radio et la télévision viennent de disparaître.
Je souhaite que nos «médiateurs» reprennent la place qui leur appartient. Imaginez une seconde s'il y avait, dans un cinéma près de chez vous, avant la projection du long métrage, quelques minutes de lecture de courriels... C'est impensable! Il faut que les réalisateurs retombent sur leurs pattes. La communication est depuis toujours la reconnaissance par un écoutant d'une émission sonore et visuelle. Si l'émetteur n'est pas identifiable, la communication ne passe pas. Qu'on se le dise de vive voix.
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