117 magasins en péril
Photo : Jacques Nadeau
L’esprit des Fêtes n’habitait guère le coeur d’Elizabeth Gelerman, vendeuse au magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville de Montréal. En matinée hier, le Groupe San Francisco, propriétaire de ce haut lieu de la consommation, a annoncé sa r
À une semaine de Noël, probablement la plus importante de toute l'année pour le volume de ventes, Les Boutiques San Francisco n'ont pas d'autre choix que de se mettre sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Mais les 117 magasins du réseau, y compris celui des Ailes de la Mode au centre-ville de Montréal, qui est la cause principale de ce gouffre financier, demeurent ouverts.
Dans un communiqué émis hier matin, Sylvain Toutan, président et chef de la direction, faisait la déclaration suivante: «Malgré les efforts de restructuration importants déployés par le groupe en 2003, avant mon arrivée en poste à la mi-septembre, il m'est apparu évident que ces mesures ne sont pas suffisantes, principalement en raison des résultats décevants du magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville de Montréal. Après un examen approfondi de la situation, j'en suis venu à la conclusion que ce magasin ne pourra pas devenir rentable dans un avenir prévisible sous sa forme actuelle car il continue de drainer une partie importante du capital humain et financier du groupe dans son ensemble. Dans ce contexte, des discussions sont déjà amorcées avec le propriétaire immobilier, Ivanhoé Cambridge, visant à réduire la superficie de ce magasin du centre-ville dans le but d'en assurer la viabilité.»
Alors que les médias clamaient déjà que c'était la faillite, un porte-parole s'évertuait à préciser qu'il s'agissait plutôt d'une mesure préventive en vue d'éviter la faillite. L'urgence d'agir est évidente. D'une part, les ressources financières touchent le fond du baril et, d'autre part, le Groupe San Francisco doit présenter mardi les résultats financiers du troisième trimestre ayant pris fin le 1er novembre. «La société prévoit qu'elle pourrait devoir inscrire une radiation importante de la valeur de son investissement dans le magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville de Montréal», ajoute-t-on dans le communiqué émis hier matin.
Dans la requête déposée en Cour supérieure du Québec, San Francisco propose que le contrôleur nommé par la cour pour cette démarche de restructuration soit Ritcher et associés, une firme d'experts-comptables et de conseillers commerciaux. «Bien qu'il ne s'agisse pas d'une décision facile, celle-ci est essentielle pour nous permettre de procéder aux changements qui assureront la viabilité à long terme de l'entreprise. Ce faisant, nous allons agir dans le meilleur intérêt de nos 2500 employés, de nos clients fidèles depuis 25 ans ainsi que dans celui des autres parties en cause», mentionne M. Toutan.
Ces autres parties en cause sont évidemment les créanciers, dont on ignore pour l'instant le nombre et les sommes d'argent qui leur sont dues. Comme le suggère M. Toutan, le plus important de ces créanciers est sans doute, pour l'instant, le propriétaire de l'immeuble du centre-ville où loge ce luxueux magasin destiné à une clientèle non moins luxueuse qui, malheureusement, ne s'est jamais présentée. Chez Ivanhoé Cambridge, qui a investi 200 millions pour la restauration de cet immeuble qui a longtemps appartenu à Eaton, on n'a pas voulu faire de commentaire avant d'avoir reçu confirmation que la Cour supérieure acceptait cette requête.
En somme, cet appel à la protection de la Loi sur les arrangements financiers n'étonne personne. «Ce magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville est un désastre absolu. Il n'y avait pas d'autre option», a déclaré Bert Lafford, président du National Apparel Bureau de Montréal. Il a cependant ajouté qu'il était optimiste en ce qui concerne la restructuration du groupe fondé et encore dirigé par Paul Delage Roberge. Pendant 25 ans, celui-ci a connu de grands succès avec ses diverses enseignes (San Francisco, Les Ailes de la Mode, Bikini Village, etc.) jusqu'à ce grand projet d'un gigantesque et très coûteux concept de magasin au centre-ville de Montréal. Le groupe y a englouti 40 millions. M. Delage soutenait que ce magasin serait rentable dès son ouverture. En fait, dès ce moment, la situation n'a jamais cessé de se détériorer.
L'année 2003 a été particulièrement pénible. Dès le 16 janvier dernier, le groupe supprimait 60 postes à son siège social et annonçait un grand ménage de ses enseignes. Le 5 février, il annonçait vouloir se retirer de West Coast, dans lequel il détenait une participation de 51 %, afin de conserver ses liquidités financières. Cependant, trois semaines plus tard, il devait mettre les 23 magasins portant cette enseigne sous le couvert de la Loi de la protection contre la faillite. Il venait à peine de vendre son enseigne L'Officiel à Tristan & Iseult. En février toujours, il fermait son magasin Les Ailes de la Mode à Ottawa.
Fin mars, les résultats financiers pour l'exercice 2002 montraient une perte de 36,5 millions. Néanmoins, deux semaines plus tard, M. Roberge déclarait devant la Chambre de commerce de Montréal que son groupe allait renouer avec la rentabilité au cours des deux prochaines années. À la fin du premier trimestre 2003, la perte s'élevait à 2,5 millions. Et le 12 septembre, M. Toutan prenait la relève de M. Roberge à la direction, qui avait lui-même remplacé Guy Charron à l'exploitation. Plus récemment, le groupe a obtenu les services d'un as du marketing, Gaétan Frigon, mais il était trop tard pour obtenir le redressement souhaité.
Dans un communiqué émis hier matin, Sylvain Toutan, président et chef de la direction, faisait la déclaration suivante: «Malgré les efforts de restructuration importants déployés par le groupe en 2003, avant mon arrivée en poste à la mi-septembre, il m'est apparu évident que ces mesures ne sont pas suffisantes, principalement en raison des résultats décevants du magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville de Montréal. Après un examen approfondi de la situation, j'en suis venu à la conclusion que ce magasin ne pourra pas devenir rentable dans un avenir prévisible sous sa forme actuelle car il continue de drainer une partie importante du capital humain et financier du groupe dans son ensemble. Dans ce contexte, des discussions sont déjà amorcées avec le propriétaire immobilier, Ivanhoé Cambridge, visant à réduire la superficie de ce magasin du centre-ville dans le but d'en assurer la viabilité.»
Alors que les médias clamaient déjà que c'était la faillite, un porte-parole s'évertuait à préciser qu'il s'agissait plutôt d'une mesure préventive en vue d'éviter la faillite. L'urgence d'agir est évidente. D'une part, les ressources financières touchent le fond du baril et, d'autre part, le Groupe San Francisco doit présenter mardi les résultats financiers du troisième trimestre ayant pris fin le 1er novembre. «La société prévoit qu'elle pourrait devoir inscrire une radiation importante de la valeur de son investissement dans le magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville de Montréal», ajoute-t-on dans le communiqué émis hier matin.
Dans la requête déposée en Cour supérieure du Québec, San Francisco propose que le contrôleur nommé par la cour pour cette démarche de restructuration soit Ritcher et associés, une firme d'experts-comptables et de conseillers commerciaux. «Bien qu'il ne s'agisse pas d'une décision facile, celle-ci est essentielle pour nous permettre de procéder aux changements qui assureront la viabilité à long terme de l'entreprise. Ce faisant, nous allons agir dans le meilleur intérêt de nos 2500 employés, de nos clients fidèles depuis 25 ans ainsi que dans celui des autres parties en cause», mentionne M. Toutan.
Ces autres parties en cause sont évidemment les créanciers, dont on ignore pour l'instant le nombre et les sommes d'argent qui leur sont dues. Comme le suggère M. Toutan, le plus important de ces créanciers est sans doute, pour l'instant, le propriétaire de l'immeuble du centre-ville où loge ce luxueux magasin destiné à une clientèle non moins luxueuse qui, malheureusement, ne s'est jamais présentée. Chez Ivanhoé Cambridge, qui a investi 200 millions pour la restauration de cet immeuble qui a longtemps appartenu à Eaton, on n'a pas voulu faire de commentaire avant d'avoir reçu confirmation que la Cour supérieure acceptait cette requête.
En somme, cet appel à la protection de la Loi sur les arrangements financiers n'étonne personne. «Ce magasin Les Ailes de la Mode du centre-ville est un désastre absolu. Il n'y avait pas d'autre option», a déclaré Bert Lafford, président du National Apparel Bureau de Montréal. Il a cependant ajouté qu'il était optimiste en ce qui concerne la restructuration du groupe fondé et encore dirigé par Paul Delage Roberge. Pendant 25 ans, celui-ci a connu de grands succès avec ses diverses enseignes (San Francisco, Les Ailes de la Mode, Bikini Village, etc.) jusqu'à ce grand projet d'un gigantesque et très coûteux concept de magasin au centre-ville de Montréal. Le groupe y a englouti 40 millions. M. Delage soutenait que ce magasin serait rentable dès son ouverture. En fait, dès ce moment, la situation n'a jamais cessé de se détériorer.
L'année 2003 a été particulièrement pénible. Dès le 16 janvier dernier, le groupe supprimait 60 postes à son siège social et annonçait un grand ménage de ses enseignes. Le 5 février, il annonçait vouloir se retirer de West Coast, dans lequel il détenait une participation de 51 %, afin de conserver ses liquidités financières. Cependant, trois semaines plus tard, il devait mettre les 23 magasins portant cette enseigne sous le couvert de la Loi de la protection contre la faillite. Il venait à peine de vendre son enseigne L'Officiel à Tristan & Iseult. En février toujours, il fermait son magasin Les Ailes de la Mode à Ottawa.
Fin mars, les résultats financiers pour l'exercice 2002 montraient une perte de 36,5 millions. Néanmoins, deux semaines plus tard, M. Roberge déclarait devant la Chambre de commerce de Montréal que son groupe allait renouer avec la rentabilité au cours des deux prochaines années. À la fin du premier trimestre 2003, la perte s'élevait à 2,5 millions. Et le 12 septembre, M. Toutan prenait la relève de M. Roberge à la direction, qui avait lui-même remplacé Guy Charron à l'exploitation. Plus récemment, le groupe a obtenu les services d'un as du marketing, Gaétan Frigon, mais il était trop tard pour obtenir le redressement souhaité.
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