Lettres: Loin du monde
Pierrette Laperle - Saint-Hubert, le 9 décembre 2003
16 décembre 2003
Lettre à Philippe Couillard
Depuis votre arrivée au poste de ministre de la Santé et des services sociaux, vous m'avez fait espérer un vent de fraîcheur, d'espoir. Moi qui vis à domicile, citoyenne active en dépit d'incapacités lourdes, je me suis dit: enfin! Hélas! depuis quelque temps, je me sens menacée par cette réorganisation axée sur l'hospitalo-médicocentrisme.
Comme je vous sens loin du monde, le monde ordinaire à domicile pour qui le milieu hospitalier n'est pas un milieu de vie mais un moment dans la vie qui est accidentel, occasionnel. Je n'arrive pas à comprendre comment moi qui reçois 23 heures d'aide à domicile par semaine, je vais continuer à recevoir ces services sans risquer des réductions de services sous le prétexte d'une réforme à saveur de restrictions budgétaires.
Expliquez-moi... je me sens perdue, noyée dans ces superstructures. Expliquez-moi comment vous allez faire plus avec moins, comment je me sentirai davantage au coeur de ce changement, que les services à domicile que je reçois (par le chèque-emploi-service) seront bonifiés quant aux conditions de travail de mes préposées (payées au salaire minimum). Je me sens au contraire vulnérable et exclue.
Je vous entends parler de système, de structures. Mais que deviendront les services de première ligne, la représentation des citoyens-usagers, et les CLSC qui risquent de s'affaiblir, voire disparaître, ce parent pauvre floué dans son développement aux dépens des personnes en besoin d'aide à domicile, qu'elles soient en perte ou en maintien d'autonomie.
Quant à votre prétention que toute cette réforme a pour but d'abolir le travail en silo, vous devriez venir en Montérégie sur le terrain. Il y a certes lieu d'améliorer mais au prix de tout chambouler, non, Monsieur le ministre. Ce n'est pas entre deux chaises que je risque de me retrouver, mais sans chaise, «parkée» dans mon fauteuil roulant...
Depuis votre arrivée au poste de ministre de la Santé et des services sociaux, vous m'avez fait espérer un vent de fraîcheur, d'espoir. Moi qui vis à domicile, citoyenne active en dépit d'incapacités lourdes, je me suis dit: enfin! Hélas! depuis quelque temps, je me sens menacée par cette réorganisation axée sur l'hospitalo-médicocentrisme.
Comme je vous sens loin du monde, le monde ordinaire à domicile pour qui le milieu hospitalier n'est pas un milieu de vie mais un moment dans la vie qui est accidentel, occasionnel. Je n'arrive pas à comprendre comment moi qui reçois 23 heures d'aide à domicile par semaine, je vais continuer à recevoir ces services sans risquer des réductions de services sous le prétexte d'une réforme à saveur de restrictions budgétaires.
Expliquez-moi... je me sens perdue, noyée dans ces superstructures. Expliquez-moi comment vous allez faire plus avec moins, comment je me sentirai davantage au coeur de ce changement, que les services à domicile que je reçois (par le chèque-emploi-service) seront bonifiés quant aux conditions de travail de mes préposées (payées au salaire minimum). Je me sens au contraire vulnérable et exclue.
Je vous entends parler de système, de structures. Mais que deviendront les services de première ligne, la représentation des citoyens-usagers, et les CLSC qui risquent de s'affaiblir, voire disparaître, ce parent pauvre floué dans son développement aux dépens des personnes en besoin d'aide à domicile, qu'elles soient en perte ou en maintien d'autonomie.
Quant à votre prétention que toute cette réforme a pour but d'abolir le travail en silo, vous devriez venir en Montérégie sur le terrain. Il y a certes lieu d'améliorer mais au prix de tout chambouler, non, Monsieur le ministre. Ce n'est pas entre deux chaises que je risque de me retrouver, mais sans chaise, «parkée» dans mon fauteuil roulant...
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