Politique familiale: un gouvernement irresponsable qui ne cesse d'improviser
Pauline Marois - Députée de Taillon et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation
15 décembre 2003
En 1997, le gouvernement du Québec déposait un livre blanc sur la Politique familiale intitulé Les enfants au coeur de nos choix. Cette politique se voulait une réponse globale aux transformations de la structure familiale, à la réorganisation du marché du travail et aux enjeux sociaux de cette fin de siècle. Du côté du noyau familial, les familles monoparentales, les familles recomposées et l'adoption n'étaient que quelques-uns des éléments démontrant l'éclatement du modèle traditionnel. Du côté du marché du travail, la confirmation de la place des femmes en emploi, l'instabilité financière et la prolifération des emplois atypiques démontraient que le marché de l'emploi s'était transformé. La pauvreté des familles et des enfants, le décrochage scolaire et la démographie interpellaient de plus en plus l'État québécois.
Proposer aux familles du Québec une allocation unifiée, des services éducatifs et des services de garde à la petite enfance et un régime d'assurance parentale n'était qu'une solution logique. Nous voulions transformer l'offre de services publics offerts aux familles ; nous avons changé le Québec en entier. Par cette action courageuse, le Québec s'est doté d'une des politiques familiales les plus ambitieuses et généreuses de tous les pays occidentaux. [...]
Nous voulions que les enfants aient une place où recevoir une éducation de qualité dès leur plus jeune âge afin de les préparer adéquatement pour l'école. Les experts s'entendaient pour dire que le dépistage des problèmes précoces vécus par les enfants en difficulté, en très bas âge, et que l'implantation de programmes de développement et de stimulation des enfants par l'entremise des services de garde dans les centres de la petite enfance repoussaient les probabilités de décrochage scolaire. [...]
Nous voulions que les parents, en plus de pouvoir concilier famille et travail, demeurent les premiers responsables du développement de leurs enfants et du service de garde à qui ils confient leurs enfants. Le gouvernement du Parti québécois a donc fait confiance aux parents, lesquels dirigent actuellement les centres de la petite enfance. Ce n'est ni l'État ni un propriétaire d'établissement qui gère et offre les services de garde en CPE, mais bien les parents. Ce sont aussi eux qui reçoivent les contributions servant à assumer le coût des services offerts à nos enfants dans les centres de la petite enfance. Nous avons fait le choix de confier ces sommes aux parents pour qu'ils déterminent eux-mêmes les services à nos enfants. Faire confiance aux parents et leur donner une emprise sur les services offerts en CPE constitue l'une des clés d'une véritable politique familiale.
De plus, en combinant l'offre des garderies privées, des centres de la petite enfance, avec leur volet en installation et leur volet en milieu familial, avec le crédit d'impôt remboursable pour les autres frais de garde, l'État québécois a eu le souci de respecter le choix des parents et de les accompagner dans ces mêmes choix.
Nous pouvons donc affirmer que les centres de la petite enfance font aujourd'hui partie de nos vies bien qu'ils soient encore jeunes. Plus encore, ils constituent une belle réussite et un élément de fierté pour une société qui a à coeur sa plus belle richesse: ses enfants. Malheureusement, un des volets fondamentaux de la politique familiale, le congé parental, s'est heurté à une fin de non-recevoir d'un gouvernement fédéral arrogant et centralisateur. Dans ces circonstances, nous avons été contraints de mettre en place des mesures qui auraient permis aux travailleuses et travailleurs autonomes, actuellement exclus du congé fédéral, de bénéficier d'un congé parental bonifié. Ces mesures étaient peut-être imparfaites, mais elles avaient le mérite de régler en partie une situation injuste pour bon nombre de Québécoises et de Québécois.
Depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir, la politique familiale se déconstruit pièce par pièce. L'individualisme et le désengagement de l'État prend plusieurs formes: l'augmentation des tarifs pour les parents, les compressions de subventions des CPE, la mainmise sur les surplus des CPE et les budgets du fédéral pour la famille détournés pour d'autres fins sans que le gouvernement ne lève le petit doigt ne sont que quelques exemples qui illustrent bien que la famille n'est pas une priorité pour le gouvernement Charest.
Et si la famille n'est pas une priorité, qu'en est-il de la pauvreté? du décrochage scolaire? de la démographie? Penser famille ce n'est pas simplement penser places en garderie pour nos enfants, c'est aussi réfléchir à des solutions structurantes qui répondent aux enjeux de demain. Avec le gouvernement libéral, les décisions en matière de famille se prennent à la hâte, dans l'improvisation et l'amateurisme. On déconstruit la politique familiale existante en promettant qu'il y en aura peut-être une autre... plus tard. Agir de la sorte est irresponsable.
Ce qui est encore plus grave, c'est le laisser-aller dont fait preuve le gouvernement libéral, c'est sa remise en question de l'importance, pour toute la société, d'un investissement collectif dans les familles du Québec. Cette attitude constitue une déresponsabilisation de l'État face à l'avenir du Québec. Pourtant, chacun d'entre nous contribue à doter le Québec d'un système d'éducation et de santé publics, accessibles et universels car nous comprenons que l'enseignement et la santé coûtent moins cher que l'ignorance et la maladie. Pourquoi le gouvernement libéral refuse-t-il d'appliquer cette logique à la famille? [...]
Alors que nous savons que chaque dollar investi en petite enfance en fait économiser six au gouvernement et que plus d'un milliard de dollars ont été économisés par le gouvernement fédéral depuis la mise en place des garderies à 5 $; la destruction de notre politique familiale au nom d'impératifs financiers est plus que regrettable. [...]
Les parents du Québec tentent de faire entendre raison à un gouvernement qui renie ses engagements en matière de famille. Une ultime fois, avant l'adoption du projet de loi 32 qui met fin à la belle aventure des garderies à 5 $, les intervenants des CPE tentent de faire reculer un gouvernement qui n'écoute plus personne. Au nom de qui ce gouvernement peut-il prétendre agir dans ce dossier? M. Charest, écoutez les 70 000 parents qui vous le disent: «Vous n'avez pas été élu pour ça!»
Proposer aux familles du Québec une allocation unifiée, des services éducatifs et des services de garde à la petite enfance et un régime d'assurance parentale n'était qu'une solution logique. Nous voulions transformer l'offre de services publics offerts aux familles ; nous avons changé le Québec en entier. Par cette action courageuse, le Québec s'est doté d'une des politiques familiales les plus ambitieuses et généreuses de tous les pays occidentaux. [...]
Nous voulions que les enfants aient une place où recevoir une éducation de qualité dès leur plus jeune âge afin de les préparer adéquatement pour l'école. Les experts s'entendaient pour dire que le dépistage des problèmes précoces vécus par les enfants en difficulté, en très bas âge, et que l'implantation de programmes de développement et de stimulation des enfants par l'entremise des services de garde dans les centres de la petite enfance repoussaient les probabilités de décrochage scolaire. [...]
Nous voulions que les parents, en plus de pouvoir concilier famille et travail, demeurent les premiers responsables du développement de leurs enfants et du service de garde à qui ils confient leurs enfants. Le gouvernement du Parti québécois a donc fait confiance aux parents, lesquels dirigent actuellement les centres de la petite enfance. Ce n'est ni l'État ni un propriétaire d'établissement qui gère et offre les services de garde en CPE, mais bien les parents. Ce sont aussi eux qui reçoivent les contributions servant à assumer le coût des services offerts à nos enfants dans les centres de la petite enfance. Nous avons fait le choix de confier ces sommes aux parents pour qu'ils déterminent eux-mêmes les services à nos enfants. Faire confiance aux parents et leur donner une emprise sur les services offerts en CPE constitue l'une des clés d'une véritable politique familiale.
De plus, en combinant l'offre des garderies privées, des centres de la petite enfance, avec leur volet en installation et leur volet en milieu familial, avec le crédit d'impôt remboursable pour les autres frais de garde, l'État québécois a eu le souci de respecter le choix des parents et de les accompagner dans ces mêmes choix.
Nous pouvons donc affirmer que les centres de la petite enfance font aujourd'hui partie de nos vies bien qu'ils soient encore jeunes. Plus encore, ils constituent une belle réussite et un élément de fierté pour une société qui a à coeur sa plus belle richesse: ses enfants. Malheureusement, un des volets fondamentaux de la politique familiale, le congé parental, s'est heurté à une fin de non-recevoir d'un gouvernement fédéral arrogant et centralisateur. Dans ces circonstances, nous avons été contraints de mettre en place des mesures qui auraient permis aux travailleuses et travailleurs autonomes, actuellement exclus du congé fédéral, de bénéficier d'un congé parental bonifié. Ces mesures étaient peut-être imparfaites, mais elles avaient le mérite de régler en partie une situation injuste pour bon nombre de Québécoises et de Québécois.
Depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir, la politique familiale se déconstruit pièce par pièce. L'individualisme et le désengagement de l'État prend plusieurs formes: l'augmentation des tarifs pour les parents, les compressions de subventions des CPE, la mainmise sur les surplus des CPE et les budgets du fédéral pour la famille détournés pour d'autres fins sans que le gouvernement ne lève le petit doigt ne sont que quelques exemples qui illustrent bien que la famille n'est pas une priorité pour le gouvernement Charest.
Et si la famille n'est pas une priorité, qu'en est-il de la pauvreté? du décrochage scolaire? de la démographie? Penser famille ce n'est pas simplement penser places en garderie pour nos enfants, c'est aussi réfléchir à des solutions structurantes qui répondent aux enjeux de demain. Avec le gouvernement libéral, les décisions en matière de famille se prennent à la hâte, dans l'improvisation et l'amateurisme. On déconstruit la politique familiale existante en promettant qu'il y en aura peut-être une autre... plus tard. Agir de la sorte est irresponsable.
Ce qui est encore plus grave, c'est le laisser-aller dont fait preuve le gouvernement libéral, c'est sa remise en question de l'importance, pour toute la société, d'un investissement collectif dans les familles du Québec. Cette attitude constitue une déresponsabilisation de l'État face à l'avenir du Québec. Pourtant, chacun d'entre nous contribue à doter le Québec d'un système d'éducation et de santé publics, accessibles et universels car nous comprenons que l'enseignement et la santé coûtent moins cher que l'ignorance et la maladie. Pourquoi le gouvernement libéral refuse-t-il d'appliquer cette logique à la famille? [...]
Alors que nous savons que chaque dollar investi en petite enfance en fait économiser six au gouvernement et que plus d'un milliard de dollars ont été économisés par le gouvernement fédéral depuis la mise en place des garderies à 5 $; la destruction de notre politique familiale au nom d'impératifs financiers est plus que regrettable. [...]
Les parents du Québec tentent de faire entendre raison à un gouvernement qui renie ses engagements en matière de famille. Une ultime fois, avant l'adoption du projet de loi 32 qui met fin à la belle aventure des garderies à 5 $, les intervenants des CPE tentent de faire reculer un gouvernement qui n'écoute plus personne. Au nom de qui ce gouvernement peut-il prétendre agir dans ce dossier? M. Charest, écoutez les 70 000 parents qui vous le disent: «Vous n'avez pas été élu pour ça!»
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