Québec refuse de débloquer cinq millions pour un registre des récidivistes dangereux
Plus de trois ans après le meurtre du jeune Alexandre Livernoche par un récidiviste qui s'était retrouvé en liberté provisoire en raison d'un imbroglio au sein des services correctionnels, Québec n'a toujours pas débloqué un sou pour éviter la répétition de pareils drames.
Lors de l'étude des crédits, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, a confirmé jeudi soir que son ministère ne disposait pas des cinq millions de dollars nécessaires pour implanter la réforme découlant de cette triste affaire. Les libéraux ont cependant trouvé 59 millions de dollars supplémentaires pour la Sûreté du Québec (SQ).
Alexandre Livernoche, 13 ans, a été assassiné en août 2000 par Mario Bastien, un récidiviste qui bénéficiait d'une absence temporaire de la prison de Sorel, même si la Commission québécoise des libérations conditionnelles (CQLC) avait refusé de le libérer, en attente d'informations complémentaires. La mort de l'adolescent avait donné lieu à une vaste enquête et à l'adoption unanime à l'Assemblée nationale d'une loi visant à resserrer l'admissibilité des détenus aux libérations conditionnelles et aux mesures d'absence provisoire.
La loi prévoit entre autres que toutes les demandes de libération adressées par des détenus purgeant des peines de plus de six mois devront être entendues par la CQLC. Elle impose aussi la création d'un dossier informatique unique renfermant les ordonnances rendues par un tribunal, les antécédents judiciaires, les rapports préalables à la sentence et les expertises psychologiques, psychiatriques et sexologiques du détenu. La réforme devrait coûter, à terme, 15 millions par année. Mais cinq millions suffiraient pour implanter les premiers changements.
M. Chagnon a reconnu jeudi qu'il existait un écart entre ses souhaits et la réalité à court terme. Il n'a pas l'intention d'abandonner cette réforme qui battait déjà de l'aile sous le gouvernement péquiste. Mais ce ne sera pas pour 2003. «Le ministre est toujours d'accord avec le principe de la loi. Le seul problème, c'est de trouver de l'argent. Disons que la situation budgétaire rend la chose un peu plus complexe», a reconnu hier l'attaché de presse du ministre, Daniel Thibault.
Le critique du Parti québécois en matière de sécurité publique, Jean-Pierre Charbonneau, s'étonne que le gouvernement Charest puisse trouver 59 millions de plus pour la SQ et «qu'on n'a pas une cenne pour mettre en oeuvre une réforme que nous avons adoptée unanimement à l'Assemblée».
L'affaire Bastien avait secoué le Québec en août 2000. Le ministre de la Sécurité publique de l'époque, Serge Ménard, avait même affirmé que l'assassinat du jeune Livernoche par Mario Bastien l'empêchait de dormir la nuit. La prison de Sorel, qui avait pris la décision d'accorder une absence temporaire à Mario Bastien, ignorait son profil de pédophile et la teneur d'une expertise psychiatrique troublante.
Un expert mandaté par le gouvernement, Claude Corbo, dénonçait dans son rapport les notions d'absence temporaire fourre-tout donnant trop de lattitude aux directeurs de prison et l'utilisation de cette mesure comme un mécanisme occulte de régulation de la surpopulation chronique dans les prisons.
Lors de l'étude des crédits, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, a confirmé jeudi soir que son ministère ne disposait pas des cinq millions de dollars nécessaires pour implanter la réforme découlant de cette triste affaire. Les libéraux ont cependant trouvé 59 millions de dollars supplémentaires pour la Sûreté du Québec (SQ).
Alexandre Livernoche, 13 ans, a été assassiné en août 2000 par Mario Bastien, un récidiviste qui bénéficiait d'une absence temporaire de la prison de Sorel, même si la Commission québécoise des libérations conditionnelles (CQLC) avait refusé de le libérer, en attente d'informations complémentaires. La mort de l'adolescent avait donné lieu à une vaste enquête et à l'adoption unanime à l'Assemblée nationale d'une loi visant à resserrer l'admissibilité des détenus aux libérations conditionnelles et aux mesures d'absence provisoire.
La loi prévoit entre autres que toutes les demandes de libération adressées par des détenus purgeant des peines de plus de six mois devront être entendues par la CQLC. Elle impose aussi la création d'un dossier informatique unique renfermant les ordonnances rendues par un tribunal, les antécédents judiciaires, les rapports préalables à la sentence et les expertises psychologiques, psychiatriques et sexologiques du détenu. La réforme devrait coûter, à terme, 15 millions par année. Mais cinq millions suffiraient pour implanter les premiers changements.
M. Chagnon a reconnu jeudi qu'il existait un écart entre ses souhaits et la réalité à court terme. Il n'a pas l'intention d'abandonner cette réforme qui battait déjà de l'aile sous le gouvernement péquiste. Mais ce ne sera pas pour 2003. «Le ministre est toujours d'accord avec le principe de la loi. Le seul problème, c'est de trouver de l'argent. Disons que la situation budgétaire rend la chose un peu plus complexe», a reconnu hier l'attaché de presse du ministre, Daniel Thibault.
Le critique du Parti québécois en matière de sécurité publique, Jean-Pierre Charbonneau, s'étonne que le gouvernement Charest puisse trouver 59 millions de plus pour la SQ et «qu'on n'a pas une cenne pour mettre en oeuvre une réforme que nous avons adoptée unanimement à l'Assemblée».
L'affaire Bastien avait secoué le Québec en août 2000. Le ministre de la Sécurité publique de l'époque, Serge Ménard, avait même affirmé que l'assassinat du jeune Livernoche par Mario Bastien l'empêchait de dormir la nuit. La prison de Sorel, qui avait pris la décision d'accorder une absence temporaire à Mario Bastien, ignorait son profil de pédophile et la teneur d'une expertise psychiatrique troublante.
Un expert mandaté par le gouvernement, Claude Corbo, dénonçait dans son rapport les notions d'absence temporaire fourre-tout donnant trop de lattitude aux directeurs de prison et l'utilisation de cette mesure comme un mécanisme occulte de régulation de la surpopulation chronique dans les prisons.
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