dimanche 12 février 2012 Dernière mise à jour 23h50
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Un million de syndiqués mobilisés

Alec Castonguay   11 décembre 2003 
Chaque jour depuis deux semaines, des employés du système de santé manifestent leur mécontentement à l’endroit du gouvernement et des réformes envisagées. Hier, en guise de prélude aux grands rassemblements prévus aujourd’hui, des syndiqués
Photo : Jacques Nadeau
Chaque jour depuis deux semaines, des employés du système de santé manifestent leur mécontentement à l’endroit du gouvernement et des réformes envisagées. Hier, en guise de prélude aux grands rassemblements prévus aujourd’hui, des syndiqués
Branle-bas de combat aujourd'hui à la grandeur du Québec. Les pancartes syndicales et les slogans de solidarité seront à l'honneur dans la province à l'occasion de la grande journée de perturbation organisée par toutes les centrales syndicales. Des dizaines de milliers de manifestants descendront dans les rues pour crier leur colère à l'endroit du gouvernement Charest et de ses politiques. Les services à la population ne devraient toutefois pas être touchés, selon les syndicats.

Dès 7h ce matin, les rassemblements se multiplieront dans plusieurs points stratégiques. Malgré un certain degré de concertation, les différents syndicats agiront chacun de leur côté. À moins d'un changement de dernière minute, aucun grand rassemblement en commun n'est à l'ordre du jour. En tout, les centrales qui mobiliseront leurs troupes représentent près de un million de syndiqués.

Le déroulement de plusieurs événements est tenu secret, la FTQ et la CSQ promettant «des activités-surprises» tout au long de la journée. D'après ce que Le Devoir a pu apprendre, la plupart des activités sont prévues en matinée.

À la FTQ, l'ambiance était survoltée hier, à quelques heures de la sortie dans les rues. «Soyez prêts, a lancé une source bien placée à l'intérieur du syndicat. On va sortir en grand et à la grandeur du Québec. C'est aussi la première fois que des syndiqués du secteur privé vont se joindre au mouvement. Ça va faire du bruit!»

Toujours selon cette personne qui a demandé à conserver l'anonymat, c'est «quelque chose qu'on n'aura pas vu depuis 20 ou 25 ans au Québec. Le gouvernement ne veut pas jeter du lest, alors il faut agir».

À la CSQ, pourtant reconnue pour tenir un discours modéré, le ton était enflammé hier. «On a manifesté aujourd'hui [hier], on sort jeudi et vendredi aussi, a expliqué au Devoir le président de la CSQ, Réjean Parent. Pour Charest, le premier obstacle à la privatisation du Québec, ce sont les syndicats. Il veut nous neutraliser, nous mettre au pas, nous domestiquer, mais il n'en est pas question! Nos membres sont pacifiques, mais là, certains voulaient même empêcher le Parlement de fonctionner! Le gouvernement n'agit pas de façon démocratique et ça heurte les gens.»

Selon Réjean Parent, les politiques du gouvernement font en sorte que l'appel au calme de Jean Charest «va tomber comme une roche au fond du lac». Le président de la CSQ affirme que les syndicats ont toujours été porteurs de changement social et que c'est le rôle qu'ils jouent actuellement.

Les manifestations les plus importantes sont prévues à Montréal et devant le parlement à Québec. Dans la Vieille Capitale, la CSQ a convoqué ses membres des services de garde devant l'Assemblée nationale sur l'heure du midi. Selon nos informations, d'autres syndicats devraient se joindre au groupe. Outre les actions-surprises réalisées de concert avec la FTQ, la CSQ manifestera devant l'hôpital Saint-Luc à Montréal vers midi.

Les cols bleus de Montréal, affiliés à la FTQ, seront aussi de la partie. D'après une note interne destinée aux syndiqués, des autobus quitteront le local de la rue Papineau dès 4h30. «La réussite de cette activité est primordiale pour bien faire comprendre au gouvernement qu'on est sérieux, déterminés et qu'on ne reculera pas. En fait, on est décidés à ne pas se laisser appauvrir sans se défendre avec ténacité et acharnement», peut-on lire dans le document. Les «cibles» ne sont pas précisées.

La CSN, de son côté, ne cache rien. Le grand rassemblement se tiendra dès 7h devant la Place des Arts, en face du Complexe Desjardins, à Montréal. À cette occasion, plusieurs leaders syndicaux prendront la parole. À 11h30, l'Association professionnelle du personnel administratif de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) organise la «souptraitance» devant l'école Garneau, dans la rue Papineau, pour dénoncer, comme toutes les centrales syndicales, la modification à l'article 45 qui faciliterait le recours à la sous-traitance.

Sur l'heure du midi, la «Marche du bâillon», organisée par les groupes communautaires du secteur, se mettra en branle à l'angle des rues Côte-Sainte-Catherine et Côte-des-Neiges et défilera en direction du bureau de comté du ministre des Finances, Yves Séguin. Le but de l'activité est de dénoncer le peu de consultations effectuées par le gouvernement pour mettre au point ses projets de lois.

Les centres de la petite enfance (CPE), dont plus de la moitié sur l'île de Montréal seront fermés pour l'occasion, se rassembleront au square Dominion vers 13h. Un cortège se dirigera ensuite vers la rue McGill College et les bureaux montréalais du premier ministre Jean Charest. D'autres syndicats pourraient aussi converger vers ce point de ralliement.

La Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) se joint aussi au mouvement avec ses

45 000 membres, alors que des manifestations auront lieu devant chacun des établissements de santé du Québec. La CSD sera aussi du nombre, mobilisant ses troupes dans plusieurs régions de la province.

Avec les rumeurs d'activités parfois musclées de certains groupes syndicaux, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sera «prêt à toutes éventualités». «On va s'ajuster et bloquer les rues au fur et à mesure», a expliqué Olivier Lapointe, porte-parole du SPVM. Mais peu importe le syndicat, le mot d'ordre consiste à ne pas perturber les services à la population. Les consignes sont à la démonstration, pas au débrayage. Dans les différentes instances, on estime que la participation sera forte. La météo ne sera par contre pas du côté des syndicats, alors que de bonnes précipitations de pluie, de pluie verglaçante et de neige sont attendues partout au Québec.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Christian Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 11 décembre 2003 14h19
    Réingénierie chez les syndicats !?
    Je dois avouer que le Québec était dû pour que quelque chose se passe au niveau social, que quelqu'un se lève, mais surtout qu'une certaine masse critique se mobilise. Parce qu'avec ce beau frisé (Jean Charest), le Québec s'embarque dans des réformes de type PAS (Programme d'Ajustement Structurel), tel qu'imposées aux pays pauvres. Sauf qu'encore une fois, on répond à l'arrogance par l'arrogance. Toujours cette bonne vieille recette de l'affrontement. Mais, ça règle quoi !?

    Les syndicats, dont je respecte les principes et salut la pertinence, est le meilleur outil de mobilisation dont les citoyens se soit dotés afin d'influencer les décisions de l'État. Toutefois, si on veut un État moderne un jour, il vas falloir commencer par les syndicats. Et, si on veut que les gouvernements arrêtent d'utiliser toujours les mêmes tactiques pour profiter des plus faibles, il va falloir qu'on adapte nos moyens de pressions.

    Les grèves, les manifs, les piquetages, c'est bien beau...mais, ça marche parce que ça fait mal. Sauf que c'est de l'argent gaspillé (...pire que le gaspillage de l'État) parce que ça aide personne...ÇA AIDE PERSONNE. Pourtant, y'a d'autres moyens de faire passer son point. Éducation Populaire, mise sur pied d'alternatives tel que: la démocratie participative, les entreprises autogérées (où sont passés les anarcho-syndicalistes ?).

    On dira que c'est ce qu'on a toujours fait...depuis les années 60. À cela, je répondrai qu'il ne faut plus se demander pourquoi ça fonctionne de moins en moins bien. Au moins à cette époque, dans les bonnes années du syndicalisme, les syndicats étaient associés avec les mouvements sociaux, communautaires et politique gauchisant. Maintenant qu'ils sont autosuffisants financièrement, ces mêmes syndicats ne sentent plus l'obligation d'inclure, dans leurs mobilisations, les autres acteurs sociaux et citoyens. Au contraire, ils les prennent en otage pour prouver leur point. Faut croire qu'à force de ne voir que le bras de fer qu'ils entretiennent avec les gouvernements, les syndicats en ont oublié les plus démunis (qui ne payent pas de cotisations.) et ont adopté la logique du pouvoir. Tentons de voir plus loin que sur un horizon de 4 ans et préparons un projet de société.

    Ne nous demandons plus ce que les syndicats peuvent faire pour nous sauver, mais comment ils peuvent nous aider à en construire un monde meilleur.

    Fini le syndicalisme de réaction, vive le syndicalisme de vision.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012