Projet de loi 25 - Le démantèlement des CLSC, une approche alternative qui disparaît
La fin de la mission actuelle des CLSC, c'est ce que nous prépare le nouveau projet de loi 25. Je suis un médecin qui pratique dans un CLSC depuis 27 ans. Ce qui m'a attiré à travailler dans ce milieu, c'était son approche différente, une approche alternative à celle préconisée par les hôpitaux et les polycliniques.
La mission des hôpitaux et des polycliniques est de faire de la médecine curative, ce qui, évidemment, est fondamental. Pour leur part, les CLSC, en réponse au développement des cliniques populaires à l'époque, mettaient en avant la promotion de la santé et du bien-être psychosocial des usagers de leurs services. C'est une approche à la fois préventive et curative, une approche facilitée par le mode de paiement offert aux médecins, soit à salaire ou à honoraires fixes. Ceci nous permet de passer plus de temps avec nos patients, de nous impliquer dans les programmes de prévention, de rencontrer les autres intervenants en équipe ou de façon informelle, soit, en gros, une approche plus globale qui tient compte de l'ensemble des facteurs qui déterminent la santé d'une personne.
Le projet de loi donne à chacune des agences (qui remplacent les régies régionales) la mission de mettre en place sur un territoire (celui couvert par un hôpital) une instance locale. Cette instance locale sera formée de la fusion de trois types d'établissements publics présents sur le territoire: le centre hospitalier, les centres d'hébergement et de soins de longue durée (les centres d'accueil) et les CLSC. Cette instance locale devient un établissement avec un conseil d'administration composé de 15 personnes nommées par le gouvernement (vive la démocratie!).
Dans un mariage des inégaux, où le pouvoir politique et économique est à l'hôpital, celui-ci dominera les orientations de cette nouvelle instance locale avec, comme résultat, que le CLSC ne pourra plus fonctionner comme avant. Ce n'est pas pour dire que les CLSC remplissaient entièrement leur mandat pour répondre à l'ensemble des attentes des communautés desservies. Cependant, il y avait au moins la possibilité de le faire si la volonté politique avait été là.
Les médecins à salaire n'ont jamais été les enfants favoris ni de la FMOQ (Fédération des médecins omnipraticiens du Québec) ni du gouvernement. Dans ce mariage et dans le contexte de pénurie des services et de compressions budgétaires dans les hôpitaux, les CLSC deviendront, à mon avis, des cliniques de relance ou externes des hôpitaux.
Les GMF (groupes de médecine familiale) remplaceront-ils les CLSC? Qu'on promette à chacun d'avoir un médecin de famille et des services 24 heures sur 24, sept jours sur sept, ne peut être mal vu. Mais fondamentalement, les GMF ne sont que des polycliniques qui engagent une infirmière clinicienne et qui, par la suite, s'associent à un CLSC au moyen d'ententes afin de remplir leur mission.
Pourquoi créer une nouvelle structure quand les CLSC pouvaient développer tous les services en tant qu'établissements, avec la mission d'offrir des services préventifs et curatifs? Pourquoi promouvoir à la place les polycliniques, reconnues seulement pour leurs services curatifs?
J'ai commencé ma carrière comme médecin dans un CLSC avec l'espoir de pratiquer une médecine globale jusqu'à ma retraite. Je ferai tout mon possible, y compris expliquer à mes patients les enjeux des dernières politiques du gouvernement, afin d'atteindre cet objectif.
La mission des hôpitaux et des polycliniques est de faire de la médecine curative, ce qui, évidemment, est fondamental. Pour leur part, les CLSC, en réponse au développement des cliniques populaires à l'époque, mettaient en avant la promotion de la santé et du bien-être psychosocial des usagers de leurs services. C'est une approche à la fois préventive et curative, une approche facilitée par le mode de paiement offert aux médecins, soit à salaire ou à honoraires fixes. Ceci nous permet de passer plus de temps avec nos patients, de nous impliquer dans les programmes de prévention, de rencontrer les autres intervenants en équipe ou de façon informelle, soit, en gros, une approche plus globale qui tient compte de l'ensemble des facteurs qui déterminent la santé d'une personne.
Le projet de loi donne à chacune des agences (qui remplacent les régies régionales) la mission de mettre en place sur un territoire (celui couvert par un hôpital) une instance locale. Cette instance locale sera formée de la fusion de trois types d'établissements publics présents sur le territoire: le centre hospitalier, les centres d'hébergement et de soins de longue durée (les centres d'accueil) et les CLSC. Cette instance locale devient un établissement avec un conseil d'administration composé de 15 personnes nommées par le gouvernement (vive la démocratie!).
Dans un mariage des inégaux, où le pouvoir politique et économique est à l'hôpital, celui-ci dominera les orientations de cette nouvelle instance locale avec, comme résultat, que le CLSC ne pourra plus fonctionner comme avant. Ce n'est pas pour dire que les CLSC remplissaient entièrement leur mandat pour répondre à l'ensemble des attentes des communautés desservies. Cependant, il y avait au moins la possibilité de le faire si la volonté politique avait été là.
Les médecins à salaire n'ont jamais été les enfants favoris ni de la FMOQ (Fédération des médecins omnipraticiens du Québec) ni du gouvernement. Dans ce mariage et dans le contexte de pénurie des services et de compressions budgétaires dans les hôpitaux, les CLSC deviendront, à mon avis, des cliniques de relance ou externes des hôpitaux.
Les GMF (groupes de médecine familiale) remplaceront-ils les CLSC? Qu'on promette à chacun d'avoir un médecin de famille et des services 24 heures sur 24, sept jours sur sept, ne peut être mal vu. Mais fondamentalement, les GMF ne sont que des polycliniques qui engagent une infirmière clinicienne et qui, par la suite, s'associent à un CLSC au moyen d'ententes afin de remplir leur mission.
Pourquoi créer une nouvelle structure quand les CLSC pouvaient développer tous les services en tant qu'établissements, avec la mission d'offrir des services préventifs et curatifs? Pourquoi promouvoir à la place les polycliniques, reconnues seulement pour leurs services curatifs?
J'ai commencé ma carrière comme médecin dans un CLSC avec l'espoir de pratiquer une médecine globale jusqu'à ma retraite. Je ferai tout mon possible, y compris expliquer à mes patients les enjeux des dernières politiques du gouvernement, afin d'atteindre cet objectif.
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