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CHUM : Saint-Luc, choix no 2

Isabelle Paré   3 décembre 2003 
Si le site du 6000 Saint-Denis ciblé pour ériger l'hôpital universitaire de l'Université de Montréal ne trouve pas grâce aux yeux du gouvernement Charest, les autorités du CHUM étudient comme solution de rechange la construction d'un hôpital unique sur le site de l'hôpital Saint-Luc, boulevard René-Lévesque.

Cette nouvelle proposition, appelée scénario B, fait en effet partie des hypothèses de travail qui ont été présentées au conseil d'administration du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) à la mi-novembre. Ces hypothèses sont le fruit du comité de travail interne chargé de préparer la proposition finale qui doit être acheminée le 15 décembre prochain à la Commission d'analyse des projets d'implantation du CHUM et du CUSM, co-présidée par l'ex-premier ministre du Québec, Daniel Johnson, et l'ex-premier ministre du Canada, Brian Mulroney.

Selon un document obtenu par Le Devoir, le scénario alternatif au 6000 Saint-Denis, envisagé moins d'un mois avant la date limite pour la remise d'une proposition finale au gouvernement, consiste à concentrer sur le site de l'hôpital Saint-Luc toutes les activités du futur hôpital universitaire de l'Université de Montréal.

Ce nouveau site, qu'on rebaptise d'ailleurs le «1000 Saint-Denis», en opposition au «6000 Saint-Denis» jusqu'ici pressenti, supposerait la démolition ou la rénovation de la majeure partie des bâtisses actuelles de l'hôpital Saint-Luc, ainsi que de nouvelles constructions en hauteur sur des terrains résiduels. Dans ce scénario B, l'hôpital Notre-Dame obtiendrait le rôle d'hôpital complémentaire de soins généraux au centre-ville.

Si le gouvernement Charest devait toutefois donner le feu vert au premier scénario privilégié par le CHUM — le scénario A qui consiste en la construction d'un hôpital neuf sur le site du 6000 Saint-Denis —, le comité de travail estime que c'est l'hôpital Saint-Luc qui seul devrait survivre au centre-ville à titre d'hôpital complémentaire.

On se souviendra que la présentation d'un scénario alternatif fait partie des nouvelles exigences qu'a récemment posées le gouvernement libéral aux deux grands hôpitaux de l'Université de Montréal et de l'université McGill, tous deux conviés à reformuler leurs imposants projets de construction d'ici le 15 décembre.

Au début novembre, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, avait en sus plafonné à 800 millions la contribution maximale du gouvernement à chacun de ces projets. Une somme qui comprenait les montants nécessaires au maintien d'un hôpital de soins généraux au centre-ville pour chacun des deux grands centres universitaires.

Chose certaine, les hypothèses A et B caressées par le CHUM attribuent un statut sans précédent à l'hôpital Saint-Luc qui, peu importe le scénario retenu par Québec, voit sa survie assurée. Des travaux, réalisés par la défunte société d'implantation du CHUM, avaient eux aussi réservé à l'hôpital Saint-Luc le rôle d'hôpital complémentaire au centre-ville.

Si Québec opte pour le scénario A, l'hôpital Notre-Dame serait appelé à disparaître pour devenir un centre d'hébergement pour personnes âgées. Seul le scénario B réserve à l'hôpital de la rue Sherbrooke le rôle d'hôpital complémentaire. L'Hôtel-Dieu n'est pour sa part mentionné dans aucun des deux scénarios.

Selon nos informations, ce nouveau scénario B suscite beaucoup de réactions à l'intérieur du CHUM. Plusieurs s'interrogent sur la décision de cibler l'hôpital Saint-Luc comme seule solution de rechange au 6000 Saint-Denis, compte tenu de la vétusté de plusieurs de ses bâtiments et de la petitesse de ses terrains. Certains y voient une solution coûteuse, qui exigerait la démolition de la quasi-totalité des bâtiments actuels, et probablement l'acquisition de terrains appartenant à des corporations privées.

Pour les besoins du futur CHUM, le scénario du 1000 Saint-Denis prévoit en effet l'agrandissement de l'hôpital Saint-Luc vers le sud, notamment sur des terrains qui surplombent l'autoroute Ville-Marie.

D'autres observateurs critiquent quant à eux la décision du comité de travail de réserver un rôle inexistant ou secondaire à l'hôpital Notre-Dame, compte tenu des sommes considérables qui y ont été récemment injectées, notamment pour moderniser l'hôpital et le doter d'installations de radio-oncologie à la fine pointe de la technologie.

Chose certaine, les dés ne sont pas encore jetés. Le conseil d'administration du CHUM doit à nouveau se pencher sur ces hypothèses, lors de prochaines séances de travail. Les membres devront parvenir à s'entendre et à voter, le 15 décembre prochain, sur la proposition finale qui sera communiquée à la commission Johnson- Mulroney.






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