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Réduction des émissions de gaz à effet de serre - Le Québec atteint le tiers de sa cible

Louis-Gilles Francoeur   3 décembre 2003 
Entre 2000 et 2001, le Québec a réduit de 3 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES), soit un peu plus du tiers du volume requis pour atteindre le niveau de réduction convenu à Kyoto par le Canada.

À Kyoto, le Canada s'est en effet engagé à réduire ses émissions de 6 % en bas du niveau historique de 1990. Il n'est cependant pas acquis que le Québec se verra assigner un objectif aussi limité que 6 % dans le cadre de la politique fédérale de réduction des GES au pays.

Selon un bilan déposé la semaine dernière par le ministère de l'Environnement du Québec (MENV) aux audiences publiques sur le projet de centrale thermique au gaz à Bécancour, les émissions globales du Québec sont passées de 88,34 millions de tonnes (mégatonnes ou Mt) en l'an 2000 à 85,68 Mt en 2001. Cette réduction de 2,66 Mt équivaut à 36 % des 7,27 mégatonnes que le Québec doit soustraire à ses émissions de l'an 2000 pour atteindre en une décennie l'objectif canadien de 6 % sous la barre de 1990.

Une réduction de cette ampleur surprend Steven Guilbeault, le porte-parole de Greenpeace dans le dossier des changements climatiques. De Milan où il assiste à la 9e Conférence des parties au protocole de Kyoto, Steven Guilbeault déclare spontanément: «C'est pour le moins surprenant. Êtes-vous sûr des chiffres? Je n'arrive pas à voir vraiment ce qui a changé de façon aussi importante au Québec cette année-là. Et si les chiffres sont exacts, il faut aussi se demander s'ils sont l'effet d'un phénomène conjoncturel qui risque de disparaître l'année suivante.»

Les chiffres soumis par le ministère de l'Environnement indiquent qu'une réduction de 0,7 % a été enregistrée dans le secteur des transports où le choc du 11 septembre 2001 a imposé un ralentissement du trafic aérien. Les réductions les plus importantes au Québec ont été notées dans le secteur industriel avec 2,12 Mt d'émissions en moins, soit une baisse de 7,4 %, et dans le secteur résidentiel (-5,8 %). Selon Michel Goulet, un spécialiste du groupe qui suit au MENV le dossier des changements climatiques, la précision accrue des inventaires d'émissions dans le secteur des alumineries ainsi que les réductions volontaires convenues avec ce segment industriel expliquent probablement une bonne partie de la réduction substantielle enregistrée de ce côté. Et, ajoute-t-il, l'utilisation de plus en plus répandue de la biomasse comme combustible dans le secteur des papetières et des scieries ajoute à cette performance car, comme ces matières organiques seraient de toute façon biodégradées dans la nature, les règles de Kyoto autorisent de ne pas les comptabiliser. Tout comme les émissions de biodiesel dans les autobus de Montréal.
 
 
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