Le mouton noir
Bernard Descôteaux
26 novembre 2003
Choqué de ne pas avoir été invité à faire partie du gouvernement Charest, Pierre Paradis aura mis sept mois avant de se faire à l'idée de ne pas être ministre. Hier, le mouton noir est rentré dans le rang, du moins apparemment.
Il est difficile de croire en effet que le député de Brome-Missisquoi a tout pardonné à son premier ministre. Beau joueur, il oublie le passé et lui tend la main, mais en politicien retors, il lui renvoie la balle. À Jean Charest d'avoir maintenant la grâce d'accepter la main tendue ou l'odieux de lui dire non lors du prochain remaniement ministériel car, bien sûr, ce que M. Paradis attend est un siège au conseil des ministres.
Le pari que fait le député est risqué. On imagine mal le premier ministre revenir sur sa décision. Au-delà de la punition qu'il imposait à un collègue dont la loyauté n'avait pas été absolue par le passé, M. Charest voulait surtout éviter d'avoir à ses côtés un ministre qui lui soit ce que Paul Martin fut à Jean Chrétien pendant des années. Accueillir le député de Brome-Missisquoi au cabinet serait admettre que les choses vont à ce point mal qu'il doive l'appeler à la rescousse.
Un long purgatoire attend Pierre Paradis. S'il veut être ministre, il devra se montrer solidaire du gouvernement. Sa loyauté devra être sans faille. Finies les critiques qu'il s'est permises ces derniers mois à l'endroit des politiques libérales. Ce sera un exercice difficile pour un homme habitué à parler librement.
Le droit à la dissidence n'existe pas dans le système parlementaire québécois. Que l'on soit député ministériel ou d'opposition, on est tenu à une stricte ligne de parti. Même réfléchir librement à voix haute est mal vu, ce que pourtant on accepte et même encourage ailleurs. S'il ne le sait, Pierre Paradis l'apprendra vite. S'il trouve la situation intenable, il pourra toujours tenter de changer les règles et importer à Québec la réforme parlementaire que Paul Martin s'apprête à effectuer à Ottawa en permettant la tenue de votes libres. Ses collègues députés d'arrière-banc de l'Assemblée nationale souhaiteraient avoir un peu d'oxygène. C'est le genre de bataille qui conviendrait bien à un mouton noir réformé.
bdescoteaux@ledevoir.ca
Il est difficile de croire en effet que le député de Brome-Missisquoi a tout pardonné à son premier ministre. Beau joueur, il oublie le passé et lui tend la main, mais en politicien retors, il lui renvoie la balle. À Jean Charest d'avoir maintenant la grâce d'accepter la main tendue ou l'odieux de lui dire non lors du prochain remaniement ministériel car, bien sûr, ce que M. Paradis attend est un siège au conseil des ministres.
Le pari que fait le député est risqué. On imagine mal le premier ministre revenir sur sa décision. Au-delà de la punition qu'il imposait à un collègue dont la loyauté n'avait pas été absolue par le passé, M. Charest voulait surtout éviter d'avoir à ses côtés un ministre qui lui soit ce que Paul Martin fut à Jean Chrétien pendant des années. Accueillir le député de Brome-Missisquoi au cabinet serait admettre que les choses vont à ce point mal qu'il doive l'appeler à la rescousse.
Un long purgatoire attend Pierre Paradis. S'il veut être ministre, il devra se montrer solidaire du gouvernement. Sa loyauté devra être sans faille. Finies les critiques qu'il s'est permises ces derniers mois à l'endroit des politiques libérales. Ce sera un exercice difficile pour un homme habitué à parler librement.
Le droit à la dissidence n'existe pas dans le système parlementaire québécois. Que l'on soit député ministériel ou d'opposition, on est tenu à une stricte ligne de parti. Même réfléchir librement à voix haute est mal vu, ce que pourtant on accepte et même encourage ailleurs. S'il ne le sait, Pierre Paradis l'apprendra vite. S'il trouve la situation intenable, il pourra toujours tenter de changer les règles et importer à Québec la réforme parlementaire que Paul Martin s'apprête à effectuer à Ottawa en permettant la tenue de votes libres. Ses collègues députés d'arrière-banc de l'Assemblée nationale souhaiteraient avoir un peu d'oxygène. C'est le genre de bataille qui conviendrait bien à un mouton noir réformé.
bdescoteaux@ledevoir.ca
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

