Place aux éoliennes
Hydro doit saisir l'occasion de miser sur des énergies renouvelables
Jean-Louis Chaumel - Groupe éolien, Université du Québec à Rimouski
26 novembre 2003
Comme surprise par un contexte qu'elle n'attendait pas, voilà qu'Hydro-Québec cherche des kWh partout où c'est possible. Il faut dire que la grande panne d'électricité chez nos voisins, l'augmentation importante des besoins et des tarifs mais aussi des demandes croissantes au Québec, par exemple de nouvelles capacités pour l'agrandissement des alumineries de la Côte-Nord, tout ceci force la société d'État à lancer des projets de nouvelles centrales.
Il est évident que la construction de centrales hydroélectriques, petites ou grandes, par le privé ou par Hydro elle-même ne pourra aboutir que dans huit à 12 ans. C'est beaucoup trop long. Hydro doit absolument trouver des solutions plus rapides, mais les choix sont limités. Et la technologie immédiatement disponible et la plus simple, c'est un bon gros moteur. En effet, une centrale thermique se «magasine» dans n'importe quel catalogue industriel. Vous aurez rapidement un prix et une date de livraison. Le jour venu, on tourne la clé de contact, et c'est parti: voilà 1000 MW de plus sur le réseau, beau temps, mauvais temps!
Le problème, c'est Kyoto et la méfiance des groupes environnementaux à l'endroit d'Hydro. En effet, de telles centrales sont les pires technologies en matière d'émissions polluantes. Alors, Hydro-Québec doit au moins obtenir l'approbation de ses initiatives par le gouvernement, et celui-ci n'ose pas lui dire non devant l'impasse énergétique vers laquelle le Québec se dirige.
Les centrales au gaz naturel sont sans doute la technologie thermique qui crée le moins de gaz à effet de serre, mais elles demeurent une source très préoccupante d'émissions. Le projet du Suroît est donc lui-même en difficulté, attaqué de toute part. Il va sans doute survivre, mais au prix de sérieuses modifications pour réduire davantage son impact environnemental.
Au fond, Hydro-Québec cherche désespérément des kWh supplémentaires, et ce, le plus vite possible. Elle prendrait n'importe quoi. Vraisemblablement la solution thermique ne pourra être évitée. Mais la société d'État doit aussi saisir l'occasion des énergies renouvelables et maximiser immédiatement cette filière au lieu de se lancer massivement dans un programme thermique complètement illogique face aux engagements des accords de Kyoto. La diversification des sources est une tendance mondiale, Hydro-Québec n'y échappera pas.
Les parcs d'éoliennes
Et cet outil est à sa portée. En effet, Hydro a elle-même sollicité des projets du secteur privé pour implanter des parcs d'éoliennes, surtout en Gaspésie. Cet appel d'offres porte sur 1000 MW, ce qui représente environ 800 grandes éoliennes, parsemées de Mont-Joli à Gaspé. C'est peu, trop peu pour les besoins mêmes de la société d'État. Dans ce contexte de besoins urgents de production de kW, l'énergie éolienne est intéressante car on peut la mettre en place beaucoup plus rapidement que des barrages. En outre, il est tout à fait clair que, pour les Gaspésiens comme pour le gouvernement du Québec, le déploiement de l'éolien est un outil de développement économique et de redynamisation industrielle d'une région qui a l'un des taux de chômage les plus élevés au Canada.
C'est donc en toute logique et sans avoir à modifier quoi que ce soit des décrets et dispositifs d'appels d'offres qu'Hydro-Québec devrait modérer ses projets thermiques et plutôt accepter un net accroissement des projets éoliens, que l'on devrait doubler. Il est inconcevable que la société d'État n'ait pas mentionné cette option jusqu'ici tant elle répond à la fois à ses besoins d'énergie supplémentaire mais aussi aux nécessités du développement socioéconomique dans l'est du Québec.
Bien sûr, même en portant à 2000 MW les parcs éoliens, on est encore loin de combler les attentes d'Hydro, mais au moins, on ferait un pas dans une direction plus sensée que la multiplication de centrales thermiques, la solution la plus polluante que l'on puisse trouver.
Il est évident que la construction de centrales hydroélectriques, petites ou grandes, par le privé ou par Hydro elle-même ne pourra aboutir que dans huit à 12 ans. C'est beaucoup trop long. Hydro doit absolument trouver des solutions plus rapides, mais les choix sont limités. Et la technologie immédiatement disponible et la plus simple, c'est un bon gros moteur. En effet, une centrale thermique se «magasine» dans n'importe quel catalogue industriel. Vous aurez rapidement un prix et une date de livraison. Le jour venu, on tourne la clé de contact, et c'est parti: voilà 1000 MW de plus sur le réseau, beau temps, mauvais temps!
Le problème, c'est Kyoto et la méfiance des groupes environnementaux à l'endroit d'Hydro. En effet, de telles centrales sont les pires technologies en matière d'émissions polluantes. Alors, Hydro-Québec doit au moins obtenir l'approbation de ses initiatives par le gouvernement, et celui-ci n'ose pas lui dire non devant l'impasse énergétique vers laquelle le Québec se dirige.
Les centrales au gaz naturel sont sans doute la technologie thermique qui crée le moins de gaz à effet de serre, mais elles demeurent une source très préoccupante d'émissions. Le projet du Suroît est donc lui-même en difficulté, attaqué de toute part. Il va sans doute survivre, mais au prix de sérieuses modifications pour réduire davantage son impact environnemental.
Au fond, Hydro-Québec cherche désespérément des kWh supplémentaires, et ce, le plus vite possible. Elle prendrait n'importe quoi. Vraisemblablement la solution thermique ne pourra être évitée. Mais la société d'État doit aussi saisir l'occasion des énergies renouvelables et maximiser immédiatement cette filière au lieu de se lancer massivement dans un programme thermique complètement illogique face aux engagements des accords de Kyoto. La diversification des sources est une tendance mondiale, Hydro-Québec n'y échappera pas.
Les parcs d'éoliennes
Et cet outil est à sa portée. En effet, Hydro a elle-même sollicité des projets du secteur privé pour implanter des parcs d'éoliennes, surtout en Gaspésie. Cet appel d'offres porte sur 1000 MW, ce qui représente environ 800 grandes éoliennes, parsemées de Mont-Joli à Gaspé. C'est peu, trop peu pour les besoins mêmes de la société d'État. Dans ce contexte de besoins urgents de production de kW, l'énergie éolienne est intéressante car on peut la mettre en place beaucoup plus rapidement que des barrages. En outre, il est tout à fait clair que, pour les Gaspésiens comme pour le gouvernement du Québec, le déploiement de l'éolien est un outil de développement économique et de redynamisation industrielle d'une région qui a l'un des taux de chômage les plus élevés au Canada.
C'est donc en toute logique et sans avoir à modifier quoi que ce soit des décrets et dispositifs d'appels d'offres qu'Hydro-Québec devrait modérer ses projets thermiques et plutôt accepter un net accroissement des projets éoliens, que l'on devrait doubler. Il est inconcevable que la société d'État n'ait pas mentionné cette option jusqu'ici tant elle répond à la fois à ses besoins d'énergie supplémentaire mais aussi aux nécessités du développement socioéconomique dans l'est du Québec.
Bien sûr, même en portant à 2000 MW les parcs éoliens, on est encore loin de combler les attentes d'Hydro, mais au moins, on ferait un pas dans une direction plus sensée que la multiplication de centrales thermiques, la solution la plus polluante que l'on puisse trouver.
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