dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Hydro a raison de miser sur la filière thermique

Jacques Marquis - Président-directeur général de l'Association de l'industrie électrique du Québec  26 novembre 2003 
Exposé au déficit énergétique à cause de la croissance de la demande plus forte que prévu et du manque d'investissements dans de nouveaux projets hydroélectriques, le Québec doit dès maintenant réagir pour minimiser les conséquences d'une production hydroélectrique qui se révèle de plus en plus insuffisante.

Si on se base sur les dernières prévisions de la demande interne révisées tout récemment, Hydro-Québec Production atteindra dès cette année les limites du bloc patrimonial de 165 TWh alors que ces limites ne devaient être atteintes qu'en 2005-06 selon les prévisions précédentes. Au delà du contrat patrimonial de 165 TWh, les pertes normales sur les lignes de transport, les contrats à long terme hors Québec et d'autres obligations d'Hydro-Québec Production totalisent environ 21 TWh, pour des engagements totaux qui atteindront près de 186 TWh cette année. Or la capacité de production actuelle d'Hydro-Québec Production totalise 188 TWh.

Depuis deux ans, la croissance réelle des besoins en électricité au Québec se situe au delà de tout ce qu'on avait pu prévoir comme scénario moyen. Il est d'ailleurs assez étonnant d'entendre dire que la croissance de nos besoins en électricité est surestimée. Alors que les prévisions indiquaient une augmentation de la demande intérieure d'environ 1,5 % d'ici 2011, Hydro-Québec a enregistré une hausse réelle de ses ventes de 3,9 % en 2002, et cette hausse pourrait être d'environ 5 % au cours de l'année en cours.

Encore cette année, Hydro-Québec Production a annoncé qu'elle aura livré sur le marché québécois de cinq à six TWh de plus que ce qui était prévu. Cela correspond à deux fois la centrale de Toulnustouc actuellement en construction sur la Côte-Nord.

Le plan B

Il faut d'abord donner un coup d'accélérateur aux projets hydroélectriques et éoliens car ce sont des sources d'énergie renouvelable qui respectent nos engagements vis-à-vis le protocole de Kyoto et qui génèrent une rente qui contribue à l'enrichissement collectif des Québécois.

Il existe actuellement un consensus social entre le gouvernement du Québec, Hydro-Québec, les communautés autochtones, les collectivités locales et l'industrie électrique du Québec. On doit impérativement en profiter pour raccourcir les délais d'autorisation en rationalisant et en coordonnant le plus possible les processus d'évaluation environnementale des projets hydroélectriques.

Dans l'immédiat, la nécessité de recourir à un plan B, soit la filière thermique, ne fait plus aucun doute. L'hiver dernier, la pointe de consommation au Québec a atteint 35 009 MW, soit la limite de notre propre capacité de production. Cette pointe n'était prévue qu'en 2008, selon le plan révisé. L'hiver est de nouveau à nos portes et la demande a poursuivi sa course vers le haut. Nous en sommes maintenant rendus à prévoir des achats d'électricité pour répondre à nos propres besoins. Cela s'est rarement vu au Québec. Et qui dit «acheter» de l'électricité des réseaux voisins signifie que nous la paierons à un prix supérieur, soit celui du marché.

Pour assurer l'équilibre offre-demande entre les années 2006 et 2010, nous n'avons donc plus le choix de mettre en service des centrales thermiques au gaz naturel comme celles de Bécancour ou du Suroît car leur approbation et leur construction ne nécessitent qu'environ cinq ans. Bien que notre premier choix demeure toujours l'hydroélectricité, il faut, en matière d'énergie, faire preuve de réalisme. Nous n'avons donc plus le choix d'examiner le plus rapidement possible les options de production thermique tout en essayant de tenir compte le plus possible du défi que posent les gaz à effet de serre (GES) produits par cette filière.

Une expertise en jeu

L'hydroélectricité n'a pas que contribué à la richesse collective des Québécois, elle a aussi été d'une importance capitale pour la formation de l'expertise énergétique du Québec. Cette expertise s'est bâtie autour de projets hydroélectriques et s'est appuyée sur une politique d'achat porteuse. Aujourd'hui, un projet hydroélectrique voit en moyenne 92 % de ses retombées économiques se réaliser au Québec.

Dans les années 90, l'ensemble de l'industrie a perdu de 15 à 20 % de ses effectifs à cause du ralentissement des projets. Grâce à beaucoup d'efforts de rationalisation et à des trésors d'imagination de la part des dirigeants et des employés, elle a survécu. On a réussi à maintenir son niveau d'expertise et son savoir-faire. Elle a su faire face à la concurrence sur d'autres marchés.

Selon nos plus récentes études, l'industrie regroupe aujourd'hui 16 000 personnes-année à la grandeur du Québec. Ces personnes sont fières de contribuer à de grandes réalisations québécoises, ici et ailleurs dans le monde. Mais elles veulent continuer à contribuer aux projets qui s'en viennent. L'expertise de ces hommes et de ces femmes fait aussi partie des retombées des projets hydroélectriques.

Bien que la mégapanne du 14 août dernier ait épargné le Québec, il ne faut pas croire que nous sommes à l'abri. Les causes précises ne sont pas encore complètement élucidées, mais on sait déjà une chose: l'événement a trouvé sa source dans un manque chronique d'investissements dans le réseau alors que la demande ne cesse de croître.

Le potentiel hydroélectrique du Québec représente un levier formidable de développement économique dans un environnement nord-américain qui a désespérément besoin d'assurer sa sécurité énergétique. Que ce soit pour nous-mêmes ou pour les générations futures, nous aurions tort de manquer de vision pour un véritable développement durable.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012