Quand le privé propose et récolte
Les firmes privées qui conseilleront le gouvernement pourront aussi soumissionner quand viendra le temps de passer à l'action
Kathleen Lévesque
22 novembre 2003
Les treize firmes privées que le Conseil du trésor vient de choisir pour le conseiller à propos de l'orientation à donner à la «réingénierie» de l'État pourront soumissionner quand viendra le temps de procéder à la privatisation, au partenariat public-privé, à l'impartition ou à la sous-traitance d'une activité ou d'un service du gouvernement.
Selon les principes gouvernementaux d'octroi de contrats, rien n'exclut la banque de consultants de la réalisation concrète d'un projet, a confirmé le Conseil du trésor au Devoir hier. On explique que les firmes-conseils n'auront pas à fixer les balises des diverses formes de partenariat avec le privé mais qu'elles devront plutôt éclairer la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, sur l'utilité d'emprunter cette voie.
«Les firmes ne seront pas là pour nous aider à rédiger un appel d'offres pour construire, par exemple, un CHSLD. Elles vont plutôt nous conseiller pour savoir si ce sera opportun de faire des appels d'offres dans ce domaine-là. Un autre exemple, en génie: si je veux des conseils sur l'opportunité de faire une autoroute entre Québec et Chicoutimi, je vais aller en appel d'offres. Toutes les firmes qui auraient travaillé sur l'aspect conseil pourraient soumissionner pour la réalisation du projet. Si je demandais à des firmes de me dire quel tracé devrait emprunter cette autoroute, ce que l'on appelle une étude préliminaire (équipement, orientation technologique, par exemple), ces firmes n'auraient pas accès à la réalisation du projet», a précisé Jacques Lafrance, secrétaire associé aux marchés publics au Conseil du trésor. M. Lafrance est responsable de la diffusion de la politique d'octroi de contrats auprès des gestionnaires du gouvernement pour s'assurer que le processus est équitable et transparent.
Au début octobre, Le Devoir révélait que le Conseil du trésor lançait un appel d'offres public pour se faire accompagner dans cette vaste opération de recentrage du rôle de l'État qu'est la «réingénierie». Quarante-quatre entreprises ont démontré leur intérêt, 34 ont déposé une soumission et, finalement, 13 d'entre elles ont été retenues.
Certaines de ces firmes ont toujours été proches des officines du pouvoir politique. C'est le cas de Secor-conseil, dont le patron, Alain Cousineau, a récemment été nommé par le gouvernement libéral à la tête de Loto-Québec. L'un des principaux associés de Secor, Marcel Côté, est un stratège libéral de longue date. Lors du dernier conseil général du PLQ, à Laval, M. Côté fraternisait avec ses amis.
On retrouve également des firmes comptables très intéressées par les diverses formes de partenariat. C'est notamment le cas de Raymond Chabot Grant Thornton, dont le président, Serge Saucier, a fait partie d'un comité-conseil auprès de l'ancien maire de Montréal, Pierre Bourque, lorsque ce dernier avait décidé, en 1996, qu'il fallait se départir de larges pans des services publics. Ainsi M. Saucier voyait-il dans le dossier de la privatisation de l'eau une «deuxième Baie-James».
D'autres comptables deviennent aussi consultants auprès de la présidente du Conseil du trésor, comme PricewaterhouseCoopers, Samson Bélair Deloitte & Touche ainsi que Erst & Young. Cette dernière a également été sélectionnée dans le consortium Cap Gemini Erst & Young.
La tentaculaire firme KPMG, avec des représentants à travers tout le Canada et des bureaux, au Québec, tant en région que dans les grands centres, fait également partie de cette liste. La firme ontarienne P3 experts-conseils, l'entreprise de gestion de la région de Québec Société-conseil Lambda et le Groupe-conseil CFC, spécialisé dans le management et les ressources humaines, s'y ajoutent.
Dans le domaine des techniques de l'information et de l'informatique, on retrouve IBM Canada, AGTI services-conseils et CGI. Dans le cas de cette dernière, il s'agit toutefois de sa filiale de gestion.
Monique Jérôme-Forget pourra s'adjoindre l'expertise de ces entreprises à divers moments du processus de «réingénierie» et les mandats pourront varier selon les besoins du Conseil du trésor. Une enveloppe maximale de un million est prévue.
Ces contrats, qui n'ont pas encore été octroyés, pourront être accordés de gré à gré s'ils sont d'une valeur de moins de 25 000 $. Au delà de cette somme, le Conseil du trésor procédera par invitation d'au moins trois firmes du groupe des treize. Mais il pourrait y avoir des exceptions. «Quand le mandat n'est pas définissable, il est loisible au secrétariat du Conseil du trésor de choisir une des firmes de gré à gré. C'est le cas si on a besoin de conseils sur des choses à développer ensemble pour l'avenir», a expliqué Jacques Lafrance.
Les treize firmes ont été choisies, comme le précisait le document d'appel d'offres, pour leur «expertise de pointe, fondée sur une connaissance des meilleures pratiques et une expérience concrète de réingénierie acquise auprès de gouvernements nationaux, provinciaux ou territoriaux ou d'entreprises privées ou publiques d'envergure, et ce, dans différents domaines dont notamment la perspective stratégique, la gestion du changement au sein des organisations, le développement de partenariats privé-public et la gestion de la performance».
Selon les principes gouvernementaux d'octroi de contrats, rien n'exclut la banque de consultants de la réalisation concrète d'un projet, a confirmé le Conseil du trésor au Devoir hier. On explique que les firmes-conseils n'auront pas à fixer les balises des diverses formes de partenariat avec le privé mais qu'elles devront plutôt éclairer la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, sur l'utilité d'emprunter cette voie.
«Les firmes ne seront pas là pour nous aider à rédiger un appel d'offres pour construire, par exemple, un CHSLD. Elles vont plutôt nous conseiller pour savoir si ce sera opportun de faire des appels d'offres dans ce domaine-là. Un autre exemple, en génie: si je veux des conseils sur l'opportunité de faire une autoroute entre Québec et Chicoutimi, je vais aller en appel d'offres. Toutes les firmes qui auraient travaillé sur l'aspect conseil pourraient soumissionner pour la réalisation du projet. Si je demandais à des firmes de me dire quel tracé devrait emprunter cette autoroute, ce que l'on appelle une étude préliminaire (équipement, orientation technologique, par exemple), ces firmes n'auraient pas accès à la réalisation du projet», a précisé Jacques Lafrance, secrétaire associé aux marchés publics au Conseil du trésor. M. Lafrance est responsable de la diffusion de la politique d'octroi de contrats auprès des gestionnaires du gouvernement pour s'assurer que le processus est équitable et transparent.
Au début octobre, Le Devoir révélait que le Conseil du trésor lançait un appel d'offres public pour se faire accompagner dans cette vaste opération de recentrage du rôle de l'État qu'est la «réingénierie». Quarante-quatre entreprises ont démontré leur intérêt, 34 ont déposé une soumission et, finalement, 13 d'entre elles ont été retenues.
Certaines de ces firmes ont toujours été proches des officines du pouvoir politique. C'est le cas de Secor-conseil, dont le patron, Alain Cousineau, a récemment été nommé par le gouvernement libéral à la tête de Loto-Québec. L'un des principaux associés de Secor, Marcel Côté, est un stratège libéral de longue date. Lors du dernier conseil général du PLQ, à Laval, M. Côté fraternisait avec ses amis.
On retrouve également des firmes comptables très intéressées par les diverses formes de partenariat. C'est notamment le cas de Raymond Chabot Grant Thornton, dont le président, Serge Saucier, a fait partie d'un comité-conseil auprès de l'ancien maire de Montréal, Pierre Bourque, lorsque ce dernier avait décidé, en 1996, qu'il fallait se départir de larges pans des services publics. Ainsi M. Saucier voyait-il dans le dossier de la privatisation de l'eau une «deuxième Baie-James».
D'autres comptables deviennent aussi consultants auprès de la présidente du Conseil du trésor, comme PricewaterhouseCoopers, Samson Bélair Deloitte & Touche ainsi que Erst & Young. Cette dernière a également été sélectionnée dans le consortium Cap Gemini Erst & Young.
La tentaculaire firme KPMG, avec des représentants à travers tout le Canada et des bureaux, au Québec, tant en région que dans les grands centres, fait également partie de cette liste. La firme ontarienne P3 experts-conseils, l'entreprise de gestion de la région de Québec Société-conseil Lambda et le Groupe-conseil CFC, spécialisé dans le management et les ressources humaines, s'y ajoutent.
Dans le domaine des techniques de l'information et de l'informatique, on retrouve IBM Canada, AGTI services-conseils et CGI. Dans le cas de cette dernière, il s'agit toutefois de sa filiale de gestion.
Monique Jérôme-Forget pourra s'adjoindre l'expertise de ces entreprises à divers moments du processus de «réingénierie» et les mandats pourront varier selon les besoins du Conseil du trésor. Une enveloppe maximale de un million est prévue.
Ces contrats, qui n'ont pas encore été octroyés, pourront être accordés de gré à gré s'ils sont d'une valeur de moins de 25 000 $. Au delà de cette somme, le Conseil du trésor procédera par invitation d'au moins trois firmes du groupe des treize. Mais il pourrait y avoir des exceptions. «Quand le mandat n'est pas définissable, il est loisible au secrétariat du Conseil du trésor de choisir une des firmes de gré à gré. C'est le cas si on a besoin de conseils sur des choses à développer ensemble pour l'avenir», a expliqué Jacques Lafrance.
Les treize firmes ont été choisies, comme le précisait le document d'appel d'offres, pour leur «expertise de pointe, fondée sur une connaissance des meilleures pratiques et une expérience concrète de réingénierie acquise auprès de gouvernements nationaux, provinciaux ou territoriaux ou d'entreprises privées ou publiques d'envergure, et ce, dans différents domaines dont notamment la perspective stratégique, la gestion du changement au sein des organisations, le développement de partenariats privé-public et la gestion de la performance».
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