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Lettres: Des citoyens de deuxième catégorie ?

Maria Mourani - Présidente de la Commission de la citoyenneté du Bloc québécois - Montréal, le 6 novembre 2003  21 novembre 2003 
Depuis le 11 septembre 2001, ce qui nous semblait être des cas atypiques est devenu un phénomène presque pandémique. Les citoyens canadiens issus de l'immigration, plus particulièrement ceux du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, sont devenus des «terroristes» en puissance, des citoyens de seconde classe. Le gouvernement actuel et ses prétendus experts en matière de sécurité, à savoir la GRC et le SCRS, procèdent systématiquement à un profilage racial envers les citoyens originaires de certaines régions du monde.

Avec l'implantation de la loi antiterroriste, les autorités se donnent tous les pouvoirs pour détruire des familles, des réputations et, pire encore, la foi que peuvent avoir les gens d'ici en la crédibilité de leur pays à travers le monde. Aucun acte, aussi terrible soit-il, ne vaut qu'on retire la présomption d'innocence à une personne et qu'on soumette celle-ci aux abominations qu'on attribuait jadis aux nazis. Les gouvernements canadien et états-unien se disent les porteurs de la démocratie et de la liberté. En fait, ils pratiquent la dictature de la démocratie, où on aveugle la population à coups de clichés médiatiques pour défendre des idéaux qu'on n'hésite pas à violer à la première occasion.

La Commission de la citoyenneté du Bloc québécois prend position contre les agissements du gouvernement canadien qui, en concertation avec les États-Unis, s'adonne à des pratiques discriminatoires envers sa population issue de l'immigration. Nous demandons une enquête publique dans le cas de Maher Arar mais aussi en ce qui concerne le décès de Zahra Kazemi.

Nous dénonçons et réclamons aussi que toute la lumière soit faite sur les conditions et les motifs de détention des citoyens canadiens suivants: M. al-Malki et Arwad al-Bouchi, tous deux en Syrie; Ahmad Abou-Elmaati en Égypte; Fawzi Ayub en Israël; Omar Rahman Khadr et Abdul Rahman Khadr à Guantánamo; Mohamad Jabarah aux États-Unis. Comme vous pouvez le constater, Maher Arar n'est pas un cas atypique, comme le prétendent certaines personnes.

Nous voulons que le gouvernement canadien nous réponde: les citoyens issus de l'immigration sont-ils des citoyens à part entière ou des citoyens entièrement à part? Allez-vous bientôt, avec vos cartes biométriques, les identifier avec des croissants de lune, symbole de l'islam, ou peut-être comme au Moyen Âge, en les marquant au fer rouge? Doivent-ils avoir peur de voyager au risque de se retrouver dans une prison américaine à Guantánamo ou encore dans un pays qu'ils auraient fui comme réfugiés politiques? [...]
 
 
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