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    «Stoppez Bu$h»

    Les antiguerre n'en étaient qu'aux hors-d'oeuvre en Grande-Bretagne

    20 novembre 2003 |Guy Taillefer
    Une vingtaine d’arrestations ont été effectuées hier à Londres pour des délits mineurs et une escarmouche s’est produite en fin d’après-midi entre pro- et anti-Bush devant le palais de Buckingham, où se trouvait le président américain, inv
    Photo: Agence France-Presse (photo) Une vingtaine d’arrestations ont été effectuées hier à Londres pour des délits mineurs et une escarmouche s’est produite en fin d’après-midi entre pro- et anti-Bush devant le palais de Buckingham, où se trouvait le président américain, inv
    «Les seules personnes réellement ravies sont les manifestants anti-Bush», ironisait hier le commentateur britannique vedette Andrew Marr, reflétant les critiques et le peu d'enthousiasme que suscite parmi la grande majorité des observateurs la visite d'État de l'impopulaire président américain en Grande-Bretagne.

    Ravis, les antiguerre donnent en effet l'impression de l'être cette semaine, alors qu'ils amorçaient hier une série de manifestations dans les rues de Londres à l'initiative de la coalition Stop the War, de la Campagne pour le désarment nucléaire et de l'Association musulmane de Grande-Bretagne contre celui qu'on avait surnommé, lors de sa précédente visite de juillet 2001 à Londres, le «Texan toxique». Des manifestations qui ne sont pas tournées contre les Américains, mais contre un homme et sa politique étrangère, insistent les organisateurs. Un millier de manifestants, certains déguisés en inspecteurs en armements des Nations unies, munis de pancartes sur lesquelles on peut lire «Stop Bu$h», ont défilé hier dans le centre-ville jusqu'au Trafalgar Square avec un «char d'assaut d'amour» rose et un faux carrosse royal semblable à celui qu'aurait dû emprunter M. Bush si les circonstances avaient été plus paisibles. Une vingtaine d'arrestations ont été effectuées pour des délits mineurs et une escarmouche s'est produite en fin d'après-midi entre pro- et anti-Bush devant le palais de Buckingham où se trouvait le président américain, invité de la reine Elizabeth II.


    Pour les opposants à l'intervention militaire en Irak, la présence de M. Bush constitue une occasion de donner un nouveau souffle à un mouvement qui, après avoir mobilisé un million de personnes dans les rues de Londres en février dernier, a eu tendance à s'essouffler. Une «marche virtuelle», initiative de l'organisation Our World Our Say, a même été mise sur pied afin que les déçus de la politique anglo-américaine puissent participer aux manifestations «depuis le confort de leur bureau ou de leur maison». Cette marche virtuelle doit prendre la forme, aujourd'hui, d'une livraison massive de courriels, de fax, de cartes postales et de coups de téléphone à l'ambassade des États-Unis à Londres.

    Les Britanniques ne sont pas tellement moins sceptiques par rapport à la guerre d'Irak qu'ils ne l'étaient l'hiver dernier, quoique leur opposition pourrait être en train de s'effilocher. Le président Bush demeure très impopulaire en Grande-Bretagne et une majorité de Britanniques estiment que la «relation spéciale» entre le premier ministre Tony Blair et le président américain nuit à leur pays. Un récent sondage publié par le Times indiquait que

    60 % des Britanniques désapprouvent la politique irakienne de M. Bush. Selon une autre enquête, publiée dimanche par le Sunday Times, 37 % des Britanniques trouvent le président américain «stupide» contre 10 % «intelligent».

    Hésitations

    Le quotidien de gauche The Guardian, hostile à l'actuelle administration américaine, est l'un de ceux à ne pas s'être gênés pour critiquer la visite: «Elle est aussi appropriée, écrivait-il, que l'apparition d'un nudiste au milieu d'une cérémonie de mariage.»

    Avant-hier, le quotidien publiait toutefois un sondage qui vient faire mentir cette impression que, huit mois presque jour pour jour après le déclenchement des hostilités, les Britanniques sont toujours aussi antiguerre et anti-Bush. Le sondage réalisé le week-end dernier met en évidence un bond des appuis à la guerre d'Irak au cours des deux derniers mois, un bond que The Guardian attribue en partie à la multiplication des attentats contre les forces coalisées. Ainsi, selon ce sondage, l'opposition à la guerre a chuté à 41 % au sein de l'opinion publique, en baisse de 12 points depuis septembre. Simultanément, la proportion de ceux qui considèrent la guerre justifiée est passée à 47 %, en hausse de neuf points.

    Ces résultats font écho à une certaine résignation relevée par le sondage devant le fait accompli de la guerre: les deux tiers des électeurs estiment maintenant que les troupes britanniques et américaines auraient tort de quitter l'Irak tant que la situation n'y sera pas «plus stable». Même le malmené Tony Blair, dont certains prophétisaient la chute politique l'été dernier, y trouverait son compte: vrai qu'il est toujours impopulaire auprès d'une majorité de répondants, mais sa cote aurait tendance à remonter.

    Avec l'Agence France-Presse




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