La prouesse de Bush
Serge Truffaut
19 novembre 2003
Avant même que le président Bush n'ait posé le pied à Londres, où il entame aujourd'hui une série de pourparlers avec le premier ministre Tony Blair, il a provoqué l'ire du ghota médiatique américain. Le locataire de la Maison-Blanche a accordé une entrevue exclusive au quotidien britannique The Sun, réputé être le chef de file de la presse de caniveau. On rétorquera qu'il n'y a pas lieu de s'offusquer en avançant, comme l'a d'ailleurs fait le porte-parole de la Maison-Blanche, que le tirage (trois millions d'exemplaires par jour) étant énorme, les propos du président auront un écho beaucoup plus marqué. Il est vrai que cet argument a sa logique, sauf que...
Sauf que, de s'étonner et de souligner le Washington Post, ce président a refusé cette année d'accorder des entrevues en solo à ce journal ainsi qu'au New York Times et au Wall Street Journal, qui à ce que l'on sache est au diapason de bien de ses politiques, et aux hebdomadaires Time et Newsweek. Qui plus est, depuis son installation à la Maison-Blanche, Bush a opposé un niet à toutes les requêtes d'entretien formulées par le Los Angeles Time, le Chicago Tribune, le Boston Globe ainsi que par des douzaines, avance le Washington Post, de publications importantes.
L'enseignement que l'on peut tirer de cette fable médiatique est limpide, clair comme de l'eau de roche qui coule sur les flancs des montagnes de la Suisse, pays qui, comme on sait, lave plus blanc. Car de l'argent il est évidemment question dans cette histoire. On y reviendra pour mieux retenir à l'instant que l'enseignement en question est le suivant: Bush tient l'information en otage. Pire, son souci démocratique a l'épaisseur d'un papier à cigarettes, soit trois fois rien. Reste l'argent.
Le quotidien The Sun, équivalent british du National Enquirer, fait partie de la galaxie News Corporation dont Rupert Murdoch est propriétaire. Financièrement, les affaires de ce dernier ne sont pas aussi florissantes qu'elles ne l'étaient il y a une dizaine d'années. Pour redorer son capital, il a vendu l'équipe des Dodgers de Los Angeles et mis en vente le Manchester United, la formation sportive réputée être la plus chère au monde. Il liquide le bon pour colmater les brèches après que le Congrès américain eut rejeté le plan de consolidation médiatique confectionné par le fils de Colin Powell et cautionné par le président Bush afin de venir en aide aux médias amis et surtout au réseau Fox qui appartient à... Murdoch! Fox est cette chaîne de télé qui tout au long de l'affaire irakienne a soutenu le plus servilement qui soit la politique de Bush.
La république du copinage, telle que la conçoit Bush, a eu un effet réconfortant: pour les Britanniques, il est le plus impopulaire des présidents américains depuis la Deuxième Guerre mondiale. Faire pire que le Nixon du Vietnam et du Watergate relève de la prouesse sportive digne de mention dans les médias de M. Murdoch.
Sauf que, de s'étonner et de souligner le Washington Post, ce président a refusé cette année d'accorder des entrevues en solo à ce journal ainsi qu'au New York Times et au Wall Street Journal, qui à ce que l'on sache est au diapason de bien de ses politiques, et aux hebdomadaires Time et Newsweek. Qui plus est, depuis son installation à la Maison-Blanche, Bush a opposé un niet à toutes les requêtes d'entretien formulées par le Los Angeles Time, le Chicago Tribune, le Boston Globe ainsi que par des douzaines, avance le Washington Post, de publications importantes.
L'enseignement que l'on peut tirer de cette fable médiatique est limpide, clair comme de l'eau de roche qui coule sur les flancs des montagnes de la Suisse, pays qui, comme on sait, lave plus blanc. Car de l'argent il est évidemment question dans cette histoire. On y reviendra pour mieux retenir à l'instant que l'enseignement en question est le suivant: Bush tient l'information en otage. Pire, son souci démocratique a l'épaisseur d'un papier à cigarettes, soit trois fois rien. Reste l'argent.
Le quotidien The Sun, équivalent british du National Enquirer, fait partie de la galaxie News Corporation dont Rupert Murdoch est propriétaire. Financièrement, les affaires de ce dernier ne sont pas aussi florissantes qu'elles ne l'étaient il y a une dizaine d'années. Pour redorer son capital, il a vendu l'équipe des Dodgers de Los Angeles et mis en vente le Manchester United, la formation sportive réputée être la plus chère au monde. Il liquide le bon pour colmater les brèches après que le Congrès américain eut rejeté le plan de consolidation médiatique confectionné par le fils de Colin Powell et cautionné par le président Bush afin de venir en aide aux médias amis et surtout au réseau Fox qui appartient à... Murdoch! Fox est cette chaîne de télé qui tout au long de l'affaire irakienne a soutenu le plus servilement qui soit la politique de Bush.
La république du copinage, telle que la conçoit Bush, a eu un effet réconfortant: pour les Britanniques, il est le plus impopulaire des présidents américains depuis la Deuxième Guerre mondiale. Faire pire que le Nixon du Vietnam et du Watergate relève de la prouesse sportive digne de mention dans les médias de M. Murdoch.
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