Lettres: Déficit démocratique ou politique?
Félix Grenier - Québec, le 14 novembre 2003
19 novembre 2003
Il est devenu commun de dire de la politique qu'on ne s'y intéresse pas, de la fuir et même de la ridiculiser. Cette attitude peut être attribuable à un système représentatif minimal qui reste éloigné de la masse citoyenne. C'est le déficit démocratique traditionnel attribué à notre régime.
Selon certains critiques, la télé-réalité serait un signe avant-coureur d'un nouveau type de déficit démocratique. Par la confusion entre réalité et fiction et l'aspect spectacle qu'elle donne à la vie, elle pourrait affecter la compétence citoyenne et politique à faire des choix de société justes et éclairés.
La télé-réalité aurait aussi suivi un inquiétant courant politique aux États-Unis. Le Devoir du 8 et 9 novembre nous parlait ainsi de K Street, une émission qui mêle la fiction politique à la réalité et laisse volontairement confuse la limite entre les deux. Ainsi, la gouverne de la société ferait partie de la même branche du divertissement car, comme l'affirmait une professeure de communication à l'American University lors d'un entretien avec Le Devoir, «la politique est un spectacle. C'est un spectacle avant toute chose, un sport plus passionnant que le football». La récente élection d'Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de la Californie ne peut qu'appuyer cette évolution.
C'est donc un nouveau type de déficit, démocratique ou politique, que l'on voit apparaître, davantage lié à des aspects sociaux et culturels de nos sociétés. Mais la démocratie a toujours soulevé des doutes; déjà, des philosophes antiques la qualifiaient de tyrannie du peuple. Espérons toujours que des réformes des modes de scrutin et du rôle des parlementaires pourront améliorer la situation.
Selon certains critiques, la télé-réalité serait un signe avant-coureur d'un nouveau type de déficit démocratique. Par la confusion entre réalité et fiction et l'aspect spectacle qu'elle donne à la vie, elle pourrait affecter la compétence citoyenne et politique à faire des choix de société justes et éclairés.
La télé-réalité aurait aussi suivi un inquiétant courant politique aux États-Unis. Le Devoir du 8 et 9 novembre nous parlait ainsi de K Street, une émission qui mêle la fiction politique à la réalité et laisse volontairement confuse la limite entre les deux. Ainsi, la gouverne de la société ferait partie de la même branche du divertissement car, comme l'affirmait une professeure de communication à l'American University lors d'un entretien avec Le Devoir, «la politique est un spectacle. C'est un spectacle avant toute chose, un sport plus passionnant que le football». La récente élection d'Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de la Californie ne peut qu'appuyer cette évolution.
C'est donc un nouveau type de déficit, démocratique ou politique, que l'on voit apparaître, davantage lié à des aspects sociaux et culturels de nos sociétés. Mais la démocratie a toujours soulevé des doutes; déjà, des philosophes antiques la qualifiaient de tyrannie du peuple. Espérons toujours que des réformes des modes de scrutin et du rôle des parlementaires pourront améliorer la situation.
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