Provinces: Martin amorce le rapprochement attendu
Ottawa — Paul Martin a fait un premier pas hier vers l'établissement d'un meilleur climat de travail entre Ottawa et les provinces, mais le véritable test aura lieu au début de 2004, lors d'une conférence, en bonne et due forme, des premiers ministres portant essentiellement sur la santé.
M. Martin a en effet accepté la demande des provinces en ce sens, lors de sa rencontre avec les premiers ministres provinciaux tenue en marge de la finale de la coupe Grey, à Regina. Il a aussi confirmé par la même occasion qu'il tiendrait une conférence annuelle des premiers ministres dont l'ordre du jour serait établi d'un commun accord.
«Si vous êtes pour établir des priorités et des objectifs nationaux, vous les établirez conjointement. Et c'est exactement ce que j'envisage», a-t-il dit à sa sortie de la réunion.
La date précise de leur première rencontre formelle ne pourra pas être arrêtée avant que Paul Martin ne sache quand il deviendra premier ministre.
Il devrait être fixé demain, puisque le premier ministre Jean Chrétien et lui doivent se rencontrer pour discuter de la passation des pouvoirs. Le fait que M. Martin ne soit pas encore à la tête du gouvernement ajoutait d'ailleurs au caractère exceptionnel de la réunion d'hier.
L'empressement du nouveau chef libéral à rencontrer ses futurs homologues n'a pas échappé à ces derniers. «Nous accueillons très bien l'initiative de M. Martin. Avant même d'être assermenté premier ministre, il nous demande de nous asseoir avec lui pour discuter des enjeux importants pour les Canadiens et des questions à long terme pour le pays, pour établir aussi où nous voulons aller et comment. [...] Le fait que nous nous rencontrions régulièrement, chaque année, avec un ordre du jour commun, nous aidera vraiment à y parvenir», a dit le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Pat Binns, qui parlait au nom de ses collègues à titre de président de la conférence des premiers ministres provinciaux.
Au début de la rencontre, plusieurs d'entre eux disaient espérer eux aussi une amélioration des relations avec Ottawa, eux qui ont dû, sous Jean Chrétien, se contenter de rencontres occasionnelles et toujours convoquées à la dernière minute pour régler une crise soudaine. «C'est notre chance à tous de relancer les relations fédérales-provinciales sur de nouvelles bases. C'est ce que M. Martin a promis, et nous serons heureux de faire la même chose», a indiqué le premier ministre québécois, Jean Charest.
La rencontre, qui devait être strictement informelle, a duré deux heures et avait pris ces derniers jours plus d'importance que prévu, chaque camp montant la barre. M. Martin disait samedi s'attendre à des discussions substantielles et comptait rassurer les provinces sur son projet de partenariat avec les villes. Les premiers ministres provinciaux, de leur côté, s'étaient entendus à Québec, en octobre, sur un ordre du jour et un message centré sur la santé. Aucun ne s'attendait toutefois à de nouveaux engagements financiers hier, d'autant plus que M. Martin a déjà dit qu'il était d'accord avec la décision récente d'Ottawa de verser tous les surplus de cette année, jusqu'à concurrence de deux milliards, aux provinces pour la santé. Le futur premier ministre fédéral a réitéré sa position, mais a aussi averti qu'il n'était pas question qu'Ottawa affiche un déficit pour ce faire.
Il s'agissait de la première activité non partisane de M. Martin depuis son élection à la tête du PLC vendredi, un choix qu'il a présenté en conférence de presse, samedi, comme la preuve de sa volonté d'amorcer une «nouvelle ère».
Cette conférence de presse, tenue à la fin du congrès libéral, a d'ailleurs été l'occasion pour M. Martin de secouer quelques épaisseurs de l'emballage très épais qui l'enrobe depuis des mois. Il a pu montrer combien il était différent de Jean Chrétien. Par la longueur et le contenu de ses réponses, bien qu'il reste encore vague sur bien des points. Il hésitait toutefois moins à plonger.
Selon un de ses conseillers, M. Martin se sent effectivement libéré depuis son élection officielle à la tête du parti, vendredi. «Il a maintenant le droit de dire ce qu'il veut sans risquer de provoquer de nouvelles tensions, se faire accuser de déloyauté ou de jouer le chef officieux de l'opposition. La dernière année a été difficile pour lui, parce qu'il était toujours sur la corde raide. L'équilibre n'était pas toujours facile à trouver.» Il soutient qu'on en saura davantage maintenant sur les intentions du nouveau chef libéral.
Paul Martin reste tout de même un chef à la performance calculée. Rien n'est laissé au hasard, en particulier lorsqu'il est question de l'impact télévisuel de ses gestes. Une anecdote autour de son discours de vendredi est particulièrement révélatrice. Dans le texte remis aux journalistes en début de soirée, les remerciements de M. Martin à son prédécesseur Jean Chrétien se limitaient à une phrase assez laconique. Ce fait a été inévitablement mentionné par les médias qui, à cause de leur heure de tombée, devaient alimenter un texte avant que M. Martin ne s'exprime.
Quand il a enfin fait son discours, il a ajouté un commentaire disant qu'il n'aurait jamais pu éliminer le déficit sans l'appui du premier ministre. Tous les journalistes ont relevé, en se fiant au texte qu'on leur avait remis, que M. Martin improvisait. L'impression d'un geste spontané était donnée, tant en direct que dans les journaux du lendemain, mais il n'en était rien. Le commentaire avait été répété durant la générale de l'après-midi, selon un journaliste qui a surpris cette répétition. Il figurait aussi sur la version du discours remise aux traducteurs et dont Le Devoir a obtenu copie.
Avec la Presse canadienne
M. Martin a en effet accepté la demande des provinces en ce sens, lors de sa rencontre avec les premiers ministres provinciaux tenue en marge de la finale de la coupe Grey, à Regina. Il a aussi confirmé par la même occasion qu'il tiendrait une conférence annuelle des premiers ministres dont l'ordre du jour serait établi d'un commun accord.
«Si vous êtes pour établir des priorités et des objectifs nationaux, vous les établirez conjointement. Et c'est exactement ce que j'envisage», a-t-il dit à sa sortie de la réunion.
La date précise de leur première rencontre formelle ne pourra pas être arrêtée avant que Paul Martin ne sache quand il deviendra premier ministre.
Il devrait être fixé demain, puisque le premier ministre Jean Chrétien et lui doivent se rencontrer pour discuter de la passation des pouvoirs. Le fait que M. Martin ne soit pas encore à la tête du gouvernement ajoutait d'ailleurs au caractère exceptionnel de la réunion d'hier.
L'empressement du nouveau chef libéral à rencontrer ses futurs homologues n'a pas échappé à ces derniers. «Nous accueillons très bien l'initiative de M. Martin. Avant même d'être assermenté premier ministre, il nous demande de nous asseoir avec lui pour discuter des enjeux importants pour les Canadiens et des questions à long terme pour le pays, pour établir aussi où nous voulons aller et comment. [...] Le fait que nous nous rencontrions régulièrement, chaque année, avec un ordre du jour commun, nous aidera vraiment à y parvenir», a dit le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Pat Binns, qui parlait au nom de ses collègues à titre de président de la conférence des premiers ministres provinciaux.
Au début de la rencontre, plusieurs d'entre eux disaient espérer eux aussi une amélioration des relations avec Ottawa, eux qui ont dû, sous Jean Chrétien, se contenter de rencontres occasionnelles et toujours convoquées à la dernière minute pour régler une crise soudaine. «C'est notre chance à tous de relancer les relations fédérales-provinciales sur de nouvelles bases. C'est ce que M. Martin a promis, et nous serons heureux de faire la même chose», a indiqué le premier ministre québécois, Jean Charest.
La rencontre, qui devait être strictement informelle, a duré deux heures et avait pris ces derniers jours plus d'importance que prévu, chaque camp montant la barre. M. Martin disait samedi s'attendre à des discussions substantielles et comptait rassurer les provinces sur son projet de partenariat avec les villes. Les premiers ministres provinciaux, de leur côté, s'étaient entendus à Québec, en octobre, sur un ordre du jour et un message centré sur la santé. Aucun ne s'attendait toutefois à de nouveaux engagements financiers hier, d'autant plus que M. Martin a déjà dit qu'il était d'accord avec la décision récente d'Ottawa de verser tous les surplus de cette année, jusqu'à concurrence de deux milliards, aux provinces pour la santé. Le futur premier ministre fédéral a réitéré sa position, mais a aussi averti qu'il n'était pas question qu'Ottawa affiche un déficit pour ce faire.
Il s'agissait de la première activité non partisane de M. Martin depuis son élection à la tête du PLC vendredi, un choix qu'il a présenté en conférence de presse, samedi, comme la preuve de sa volonté d'amorcer une «nouvelle ère».
Cette conférence de presse, tenue à la fin du congrès libéral, a d'ailleurs été l'occasion pour M. Martin de secouer quelques épaisseurs de l'emballage très épais qui l'enrobe depuis des mois. Il a pu montrer combien il était différent de Jean Chrétien. Par la longueur et le contenu de ses réponses, bien qu'il reste encore vague sur bien des points. Il hésitait toutefois moins à plonger.
Selon un de ses conseillers, M. Martin se sent effectivement libéré depuis son élection officielle à la tête du parti, vendredi. «Il a maintenant le droit de dire ce qu'il veut sans risquer de provoquer de nouvelles tensions, se faire accuser de déloyauté ou de jouer le chef officieux de l'opposition. La dernière année a été difficile pour lui, parce qu'il était toujours sur la corde raide. L'équilibre n'était pas toujours facile à trouver.» Il soutient qu'on en saura davantage maintenant sur les intentions du nouveau chef libéral.
Paul Martin reste tout de même un chef à la performance calculée. Rien n'est laissé au hasard, en particulier lorsqu'il est question de l'impact télévisuel de ses gestes. Une anecdote autour de son discours de vendredi est particulièrement révélatrice. Dans le texte remis aux journalistes en début de soirée, les remerciements de M. Martin à son prédécesseur Jean Chrétien se limitaient à une phrase assez laconique. Ce fait a été inévitablement mentionné par les médias qui, à cause de leur heure de tombée, devaient alimenter un texte avant que M. Martin ne s'exprime.
Quand il a enfin fait son discours, il a ajouté un commentaire disant qu'il n'aurait jamais pu éliminer le déficit sans l'appui du premier ministre. Tous les journalistes ont relevé, en se fiant au texte qu'on leur avait remis, que M. Martin improvisait. L'impression d'un geste spontané était donnée, tant en direct que dans les journaux du lendemain, mais il n'en était rien. Le commentaire avait été répété durant la générale de l'après-midi, selon un journaliste qui a surpris cette répétition. Il figurait aussi sur la version du discours remise aux traducteurs et dont Le Devoir a obtenu copie.
Avec la Presse canadienne
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